Prions pour le respect de la vie jusqu’à son terme naturel

Prions pour que soit respectée la vie de chaque personne humaine jusqu’à son terme naturel, et que chaque personne souffrante ou en fin de vie puisse trouver à ses côtés une présence aimante et un appui.

« Le Seigneur est mon berger: je ne manque de rien… Si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi » (Ps 22 [23], 1. 4). Le vrai pasteur est Celui qui connaît aussi la voie qui passe par les ravins de la mort; Celui qui marche également avec moi sur la voie de la solitude ultime, où personne ne peut m’accompagner, me guidant pour la traverser: Il a parcouru lui-même cette voie, il est descendu dans le royaume de la mort, il l’a vaincu et il est maintenant revenu pour nous accompagner et pour nous donner la certitude qu’avec Lui on trouve un passage. La conscience qu’existe Celui qui m’accompagne aussi dans la mort et qui, « avec son bâton, me guide et me rassure», de sorte que « je ne crains aucun mal »» (Benoit XVI, Spe Salvi)

Parole de Dieu :

Psaume 22

 Le Seigneur est mon berger : je ne manque de rien. * Sur des prés d’herbe fraîche, il me fait reposer.
Il me mène vers les eaux tranquilles  et me fait revivre ; * il me conduit par le juste chemin pour l’honneur de son nom.
Si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal, * car tu es avec moi : ton bâton me guide et me rassure.
Tu prépares la table pour moi devant mes ennemis ; * tu répands le parfum sur ma tête, ma coupe est débordante.
Grâce et bonheur m’accompagnent tous les jours de ma vie ; * j’habiterai la maison du Seigneur pour la durée de mes jours.

Dizaine de chapelet

Prière pour la vie :

O Marie,
aurore du monde nouveau,
Mère des vivants,
nous te confions la cause de la vie :
regarde, ô Mère, le nombre immense
des enfants que l’on empêche de naître,
des pauvres pour qui la vie est rendue difficile,
des hommes et des femmes
victimes d’une violence inhumaine,
des vieillards et des malades tués
par l’indifférence
ou par une pitié fallacieuse.

Fais que ceux qui croient en ton Fils
sachent annoncer aux hommes de notre temps
avec fermeté et avec amour
l’Évangile de la vie.

Obtiens-leur la grâce de l’accueillir
comme un don toujours nouveau,
la joie de le célébrer avec reconnaissance
dans toute leur existence
et le courage d’en témoigner
avec une ténacité active, afin de construire,
avec tous les hommes de bonne volonté,
la civilisation de la vérité et de l’amour,
à la louange et à la gloire de Dieu
Créateur qui aime la vie.

Saint Jean-Paul II, Evangelium Vitae, n°105

Pour aller plus loin…

Le docteur Takashi Nagaï et la découverte de l’âme spirituelle

Aujourd’hui, bon nombre d’occidentaux ne reconnaissent plus de transcendance à la personne humaine : elle se réduirait à ses déterminismes biologiques et sa dimension spirituelle est niée, en même temps que l’existence de son âme. On assiste là à une réduction fatale, car qu’est ce qui peut alors différencier l’homme de l’animal ? La différence n’est elle que dans un certain degré de développement ? Ainsi, il est tout à fait légitime « d’achever » une bête qui agonise…mais pour l’homme ? Certes, on le dira avec plus de précaution, parlant de « sédation continue et prolongée… » mais où est la différence fondamentale entre ces deux pratiques pour l’homme athée ?

L’expression « mourir dans la dignité » est particulièrement violente sous ses aspects doucereux. Elle voudrait insinuer que l’homme qui souffre, qui agonise, qui n’a plus sa conscience et demeure ainsi dans un état végétatif ne vivrait plus dans la dignité….Seule la maîtrise de sa propre mort nous rendrait une dignité menacée, ou perdue. Cette conception tire son origine de l’assimilation de la dignité humaine à des facultés ou des propriétés de l’homme comme l’expression verbale explicite, l’autonomie…(EV19)

En effet, ses facultés perdues, la personne n’aurait plus guère d’utilité ou d’efficacité…Il n’y a plus de place pour elle. Se pose alors la question : qu’est ce qui constitue, fondamentalement la dignité de la personne ? cette dignité est elle inviolable, inamissible ? Un malade mental, un agonisant, un dément, ou même un assassin, toutes ses personnes ont-elles encore leur dignité ? Qu’est ce qui différencie l’homme d’un « animal évolué », d’un « ensemble de cellules»…

Déjà, une interrogation pourrait nous aiguiller : chez qui, la dignité humaine est-elle la plus obscurcie, la plus défigurée, ou la plus éteinte – chez l’assassin à froid, bien conscient de lui-même, puissant et intelligent, ou chez l’innocent souffrant, où la lumière de Dieu luit faiblement ou bien n’est même plus perceptible? Déjà, le bon sens nous incline à nous méfier d’une telle réduction de la dignité humaine à des facultés changeantes.

Pour réfléchir à cette question de l’essence de la dignité humaine, nous nous arrêterons sur quelques points : l’âme spirituelle, qui nous permet de connaître et d’aimer notre créateur, la ressemblance avec le Christ, et l’immortalité de l’âme

Paul Takashi Nagai in 1946L’expérience du docteur Takashi Nagaï peut nous aider à entrer dans notre réflexion sur le fondement de la dignité humaine : né en 1908, à Isumo près d’Hiroshima, dans une famille de religion shintoïste. En 1928, il entre à la faculté de médecine de Nagasaki. «Dès mes études secondaires, écrira-t-il, j’étais devenu prisonnier du matérialisme. À peine entré à la faculté de médecine, on me fit disséquer des cadavres… La merveilleuse structure de l’ensemble du corps, l’organisation minutieuse de ses moindres parties, tout cela causait mon admiration. Mais ce que je maniais ainsi, ce n’était jamais que pure matière. L’âme? un fantôme inventé par des imposteurs pour tromper les gens simples.»

Un jour de 1930, il apprend que sa mère mourante. Il s’assied à côté d’elle et lit dans son regard un dernier au revoir. Cette expérience de la mort change sa vie: «Par ce dernier regard pénétrant, ma mère démolit le cadre idéologique que j’avais construit. Cette femme, qui m’avait mis au monde et élevé, cette femme qui ne s’était jamais donné un moment de répit dans son amour pour moi, aux derniers instants de sa vie, me parla très clairement. Son regard me disait que l’esprit humain continue à vivre après la mort. Tout cela venait comme une intuition, une intuition qui avait la saveur de la vérité.»

Takashi commence alors la lecture des Pensées de Pascal, réfléchit sur la vie humaine et change progressivement. Il devient plus sensible. Ainsi, en sa 3e année de médecine, il est surpris par l’attitude rigide des professeurs lorsqu’ils se rendent au chevet des malades.

Ainsi, la découverte de T Nagaï tient en ce que l’homme possède en lui-même une étincelle du divin, un principe spirituel immortel, et cette découverte a transformée son approche de l’homme souffrant.

C’est bien ce que la Révélation nous enseigne : l’auteur inspiré de la Genèse nous dit que « Dieu créa l’homme et la femme » et qu’il les créa « à son image et à sa ressemblance ».  créons l’homme à notre image, comme notre ressemblance (Gen 1, 26).

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