Soyons dans la joie

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Homélie du 3e dimanche de l’Avent 2015

La Fête de Notre-Dame des Neiges est, depuis le 15 décembre 1946, jour de la bénédiction de la Statue de Notre-Dame des Neiges par Mgr Couderc, évêque de Viviers, liée au dimanche de « Gaudete », le dimanche de la joie. Cette année, exceptionnellement, ce ne sera pas le cas du fait de l’ouverture du Jubilé extraordinaire de la Miséricorde. La Grande Fête de Notre-Dame des Neiges a été décalée d’une semaine, mais nous n’oublions pas en ce dimanche de la joie de remercier Dieu pour toutes les grâces qui ont été données par Notre-Dame des Neiges, en ce petit village de Saint-Pierre-de-Colombier depuis 69 ans. Nous nous réjouissons également de ce que notre église ait été choisie comme lieu jubilaire en tant que Sanctuaire. Pour la première fois, en cette église, en notre village, nous avons ouvert la porte sainte du Jubilé. C’est une nouvelle étape dans le développement de l’œuvre que le Cœur de Jésus et Notre-Dame des Neiges ont inspirée à notre Père Fondateur et à Mère Marie-Augusta. Nous ne pouvons qu’en rendre grâce à Dieu et chanter un vibrant magnificat !

La prophétie de Sophonie, que nous avons entendue, ne concerne pas tout le Peuple de Dieu mais la Fille de Sion, la Fille de Jérusalem. Qui est cette Fille ? Dans l’esprit des Pères de l’Eglise on pourrait dire : cette fille, c’est l’Eglise, mais aussi la Vierge Marie. Cette prophétie nous concerne aujourd’hui. Ne craignons pas, le Seigneur n’est pas seulement avec nous, mais, par le Sacrement de l’Eucharistie, Il est vraiment en nous comme Il était en la Vierge Marie ! Donnons de la joie à Jésus comme la Vierge Marie lui a donné de la joie, qu’Il puisse trouver en nos cœurs une habitation digne de Lui. L’indulgence plénière que l’Eglise nous propose en cette année du Jubilé de la Miséricorde a pour but une grande purification de nos cœurs par l’accueil de la Miséricorde divine, un rajeunissement. N’ayons pas peur de franchir la Porte Sainte et d’obtenir la grâce du Jubilé que l’Eglise nous propose en ouvrant ses trésors de grâces. Développons nos cœurs à la ressemblance des Cœurs de Jésus et de Marie ! Nous connaîtrons alors la joie, la vraie joie, la joie des enfants de Dieu, la joie des saints !

Le Cantique d’Isaïe nous a servi de psaume responsorial. Ce prophète nous appelait aussi à la joie, comme Sophonie : jubilez, criez de joie, habitants de Sion, car Il est grand au milieu de toi, le Saint d’Israël ! L’apôtre Paul nous invitait également à la joie : soyez toujours dans la joie du Seigneur, je vous le répète : soyez dans la joie. Mettons en application les conseils de cet apôtre : ne soyez inquiets de rien, vous serez gardés dans la paix de Dieu. Les évènements du monde, c’est vrai, portent à la tristesse et à l’angoisse. Ayons confiance en l’Esprit Saint : Il a inspiré à Jean XXIII et aux Pères de Vatican II la mission de la joie et de l’espérance. En ce monde violent, les disciples de Jésus doivent être des artisans de paix. Jean XXIII était obsédé par la paix. Sa dernière Encyclique a été « Pacem in terris, paix sur la terre ». Mère Marie Augusta est décédée le jour où le Bon Pape Jean signait cette Encyclique. Elle a beaucoup souffert et offert en aimant pour aider Jésus à sauver les âmes, elle a donc contribué à l’obtention de la paix. Soyons à sa suite des instruments de paix et de justice dans l’amour, c’est ce qu’a été saint Jean-Baptiste qui nous est présenté en ce dimanche dans l’évangile. Suivons les conseils du Précurseur : ne rendons pas le mal pour le mal, contentons-nous de ce que nous avons, soyons justes envers tous. Imitons enfin l’humilité de Saint Jean Baptiste. Les gens croyaient qu’Il était le Messie. Il les détrompe : « Il vient Celui qui est plus puissant que moi, je ne suis pas digne de défaire la courroie de ses sandales ». Soyons pour les hommes de notre temps des précurseurs qui annoncent la venue de Jésus, non la fin du monde, mais sa venue dans les cœurs, la civilisation de l’amour. Soyons les apôtres et les messagers de la divine Miséricorde.

Demandons à Notre-Dame des Neiges, que nous allons solennellement fêter en ce prochain samedi, des grâces pour bien entrer dans l’année de la Miséricorde. Avec elle demeurons dans la joie et l’espérance et soyons des témoins joyeux et enthousiastes de Jésus et de son Evangile en aidant nos contemporains à vivre un vrai Noël chrétien. Nous ne préparons pas les fêtes de fin d’année, nous préparons la Grande Fête qui concerne toute l’humanité et que les anges ont annoncé aux petits dans la nuit de Noël : la naissance du Fils de Dieu dans la pauvre grotte de Bethléem.
Cette Fête, l’Enfer voudrait la voir supprimer de nos calendriers, mais l’Eglise doit mener le bon combat de la Foi
 : cette Fête doit demeurer en France et en Europe l’une des grandes Fêtes de notre Continent aux racines chrétiennes. Dieu s’est fait homme, une seule fois, Il est né en notre histoire une seule fois, nous devons célébrer solennellement sa naissance dans la joie ! Prions tout particulièrement pour notre Nation, la France. Qu’elle retrouve bientôt la fidélité aux promesses de son baptême. Ce n’est pas utopique de prier pour la conversion de la France. Puisse cette année de la Miséricorde être aussi une année de grâces pour la Fille aînée de l’Eglise qui a été bien éprouvée par les attentats de Paris et qui vit des moments d’angoisse et de tristesse. Que Dieu lui redonne la vraie joie !

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