Saint Jean-Paul II dans Evangelium Vitae : la vie humaine est sacrée !

Avant de partir en pèlerinage pour la vie vers Montmartre :

Saint Jean-Paul II a promulgué l’Encyclique “Evangelium vitae”, le 25 mars 1995, jour de l’Incarnation du Verbe dans le sein virginal de la Vierge Marie, l’Immaculée. Il a voulu d’abord faire découvrir ou redécouvrir le caractère sacré de la vie humaine, créée par Dieu à son image et ressemblance et appelée à la vie éternelle dans le Bonheur éternel. Mais l’homme, dès le début de l’humanité a choisi le péché, le refus de la loi de Dieu et il a fait entrer la mort dans le monde (Gn 3,1-5). L’une des conséquences du péché originel a été le meurtre d’Abel par son frère Caïn (Gn 4,8). Jean-Paul II a longuement commenté ce premier meurtre (EV7-28) et a décrit le combat qui s’en est suivi entre les forces du mal et Dieu, le Vivant, l’auteur de la vie. Lorsque l’homme perd le sens de Dieu et méprise sa Loi, il en vient à mépriser la vie de son frère et il perd la signification profonde de sa propre vie !

Le titre de l’Encyclique de Jean-Paul II révélait bien l’intention de ce Saint Pape : non pas, d’abord, condamner mais annoncer la Bonne Nouvelle de l’Evangile de la vie proclamé par Jésus : « Je suis venu pour qu’ils aient la vie, la vie en abondance (Jn 10, 10). En Jésus, Verbe de vie, est annoncée et communiquée la vie divine et éternelle. Grâce à cette annonce et à ce don, la vie physique et spirituelle de l’homme, même dans sa phase terrestre, acquiert sa plénitude de valeur et de signification : la vie divine et éternelle, en effet, est la fin vers laquelle l’homme qui vit dans ce monde est orienté et appelé » (EV 30). Qu’est cette vie divine et éternelle ? Jésus, dans le chapitre 17 de l’évangile selon Saint Jean, a dit : la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ (Jn 17, 1-3). Ainsi, proclamer l’Evangile de la vie c’est annoncer cette étonnante et « Bonne Nouvelle » : Tout homme a reçu une vie sacrée appelée à la vie éternelle, qui est participation à la Vie de Dieu !

Jean-Paul II a ensuite énergiquement rappelé les devoirs de tout homme face à la vie humaine. Le chapitre III commence par cette question qui est la trame de l’Encyclique « Veritatis Splendor » : « Maître, que dois-je faire de bon pour obtenir la vie éternelle ? » (Mt 19, 16). Jésus répond : « Si tu veux entrer dans la vie, observe les commandements » (Mt 19,17). Notre-Seigneur commence l’énumération des commandements par le précepte : « Tu ne tueras pas » (EV 52). Jean-Paul II tire cette conclusion : mépriser la vie de son frère, c’est mépriser Dieu, l’auteur de la vie (EV 9). Il a ensuite solennellement proclamé 3 vérités :

  • Tuer directement et volontairement un être humain innocent est toujours gravement immoral.
  • L’avortement direct, c’est-à-dire voulu comme fin ou comme moyen, constitue toujours un désordre moral grave en tant que meurtre délibéré d’un être humain innocent.
  • L’euthanasie est une grave violation de la Loi de Dieu, en tant que meurtre délibéré moralement inacceptable d’une personne humaine.

St Jean-Paul II a été très courageux de rappeler avec autorité ces trois vérités. Il savait qu’il allait à contre-courant, mais il était conscient qu’il se devait, en tant que Successeur de Saint Pierre, de réaffirmer ces valeurs non négociables qui trouvent leur fondement dans la Loi naturelle, révélée dans les 10 commandements de Dieu. Face aux cultures de la mort qui se développaient dans le monde, il était urgent de promouvoir la culture de la vie et d’appeler tous les membres de l’Eglise à annoncer courageusement l’Evangile de la vie. Les générations futures ne pourront qu’admirer l’Encyclique prophétique de ce Grand Pape sur la Vie. L’Eglise, disait encore Jean-Paul II, doit être le peuple de la vie et le peuple pour la vie (EV 78-79). Elle doit servir l’Evangile de la vie en s’engageant (EV 87-91). La bienheureuse Mère Térésa et le professeur Jérôme Lejeune ont été nos modèles en ce vingtième siècle. Imitons-les, soyons courageux !

Mais servir l’Evangile de la vie demande de «se conduire en enfants de lumière » (Eph 5, 8) dans un monde marqué par tant de ténèbres (EV 95-100). Nous devons avoir le courage des martyrs pour savoir dire avec les apôtres : «Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes » (Ac 5, 29) et ne pas nous compromettre avec des pratiques contraires à la Loi de Dieu, même si elles sont reconnues par des lois civiles (68-74). Redisons encore ce que nous avons souvent rappelé : le politiquement correct déboucher très souvent dans la compromission. Osons être vrais et dire les désastres de la compromission en ce qui concerne l’avortement : bientôt 2 milliards d’enfants avortés dans le monde depuis la légalisation de l’avortement : la plus grande guerre mondiale de tous les temps !

Servir l’Evangile de la vie, c’est aussi et toujours, pour Jean-Paul II, prier, offrir et jeûner pour obtenir la conversion de ceux qui ne comprennent pas que toute vie est don de Dieu (EV 100).

Jean-Paul II a voulu lancer cet appel, jailli de son cœur paternel et miséricordieux, aux mamans qui ont recouru à l’avortement. Nous voudrions en ce jour le lancer à tous ceux qui se sont compromis avec l’avortement en tant que personne politique, médecin, personnel de la santé, ou tout simplement personne qui a poussé une maman, sous le prétexte du moindre mal, à l’acte d’avortement :

«Je voudrais adresser une pensée spéciale à vous, femmes qui avez eu recours à l’avortement. L’Eglise sait combien de conditionnements ont pu peser sur votre décision, et elle ne doute pas que, dans bien des cas, cette décision a été douloureuse, et même dramatique. Il est probable que la blessure de votre âme n’est pas encore refermée. En réalité, ce qui s’est produit a été et demeure profondément injuste. Mais ne vous laissez pas aller au découragement et ne renoncez pas à l’espérance. Sachez plutôt comprendre ce qui s’est passé et interprétez-le en vérité. Si vous ne l’avez pas encore fait, ouvrez-vous avec humilité et avec confiance au repentir: le Père de toute miséricorde vous attend pour vous offrir son pardon et sa paix dans le sacrement de la réconciliation. C’est à ce même Père et à sa miséricorde qu’avec espérance vous pouvez confier votre enfant. Avec l’aide des conseils et de la présence de personnes amies compétentes, vous pourrez faire partie des défenseurs les plus convaincants du droit de tous à la vie par votre témoignage douloureux. Dans votre engagement pour la vie, éventuellement couronné par la naissance de nouvelles créatures et exercé par l’accueil et l’attention envers ceux qui ont le plus besoin d’une présence chaleureuse, vous travaillerez à instaurer une nouvelle manière de considérer la vie de l’homme » (EV 99).

En cette année jubilaire de la Miséricorde, faisons connaître ce grand appel miséricordieux de Saint Jean-Paul II. C’est l’heure de la Miséricorde, c’est l’heure de reconnaître que l’avortement est un grand mal, mais que le Mal n’a pas le dernier mot si l’on s’ouvre à la Miséricorde divine !

L’Encyclique sur la vie se termine par l’évocation du grand combat entre la Femme et le Dragon (Ap 12), avec l’assurance que, dans le Christ, les forces de la mort ont déjà été vaincues : «La mort et la vie s’affrontèrent en un duel prodigieux. Le Maître de la vie mourut; vivant, Il règne». Ces dernières paroles sont bien en cohérence avec tout le pontificat de Jean-Paul II qui a commencé par ces mots : « n’ayez pas peur ! »

Nous allons nous mettre en marche pour notre pèlerinage pour la vie vers le Sanctuaire national qu’est la Basilique de Montmartre. N’oublions pas les deux buts de notre pèlerinage : prier en réparation pour le péché de l’avortement qui offense gravement le Cœur de Dieu et demander des grâces de conversion pour ceux qui militent aujourd’hui pour l’avortement. Rien n’est impossible à Dieu ! Bernard Nathanson, roi de l’avortement aux USA, est devenu témoin du Christ, apôtre de la vie ! D’autres peuvent l’imiter ! Citons une dernier fois St Jean-Paul II : tandis que, peuple de Dieu en pèlerinage, peuple de la vie et pour la vie, nous marchons avec confiance vers « un ciel nouveau et une terre nouvelle » (Ap 21, 1), nous tournons notre regard vers Celle qui est pour nous « un signe d’espérance assurée et de consolation ». (EV 142)

 

 

«O Marie, aurore du monde nouveau, Mère des vivants, nous te confions la cause de la vie : regarde, ô Mère, le nombre immense des enfants que l’on empêche de naître, des pauvres pour qui la vie est rendue difficile, des hommes et des femmes victimes d’une violence inhumaine, des vieillards et des malades tués par l’indifférence ou par une pitié fallacieuse. Fais que ceux qui croient en ton Fils sachent annoncer aux hommes de notre temps avec fermeté et avec amour l’Evangile de la vie… afin de construire la civilisation de la vérité et de l’amour, à la louange et à la gloire de Dieu Créateur qui aime la vie» (EV 105).

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