La Cordée : montée jusqu’aux hauteurs de Dieu

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Méditons à nouveau cette magnifique homélie de Benoît XVI sur la Cordée. Le 28 mars 2010, pour la messe des Rameaux, Benoît XVI commentait ce passage évangélique : « Jésus marchait en avant de ses disciples pour monter à Jérusalem »

« Etre chrétiens est un chemin, ou mieux:  un pèlerinage, un cheminement avec Jésus Christ. Un cheminement dans la direction qu’Il nous a indiquée et qu’il nous indique. Mais de quelle direction s’agit-il? Comment la trouver? La phrase de notre Evangile offre deux indications à cet égard. En premier lieu, elle dit qu’il s’agit d’une montée. …Mais ce chemin extérieur est surtout une image du mouvement intérieur de l’existence, qui s’accomplit à la suite du Christ:  c’est une montée à la véritable hauteur permettant d’être des hommes.

L’homme peut choisir un chemin facile et éloigner toute difficulté. Il peut aussi descendre vers le bas, la vulgarité. Il peut sombrer dans le marécage du mensonge et de la malhonnêteté.

Jésus marche devant nous, et il se dirige vers le haut. Il nous conduit vers ce qui est grand, pur, il nous conduit vers l’air sain des hauteurs:  vers la vie selon la vérité; vers le courage qui ne se laisse pas intimider par la rumeur des opinions dominantes; vers la patience qui supporte et soutient l’autre. Il conduit vers la disponibilité pour les personnes qui souffrent, pour les laissés-pour-compte; vers la fidélité qui est du côté de l’autre, lorsque la situation devient difficile. Il conduit vers la disponibilité à apporter de l’aide; vers la bonté qui ne se laisse pas désarmer, même par l’ingratitude. Il nous conduit vers l’amour – il nous conduit vers Dieu.

…Son chemin conduit … jusqu’à la hauteur de Dieu lui-même:  telle est la grande montée à laquelle il nous invite tous. Il reste toujours auprès de nous sur la terre et il est toujours déjà parvenu auprès de Dieu, Il nous guide sur la terre et au-delà de la terre.
Ainsi, dans l’amplitude de la montée de Jésus deviennent visibles les dimensions de notre « sequela » – l’objectif auquel il veut nous conduire:  jusqu’aux hauteurs de Dieu, à la communion avec Dieu; à l’être-avec-Dieu. Tel est le véritable objectif, et la communion avec Lui est le chemin. La communion avec Lui est une manière d’être en marche, une montée permanente vers la véritable hauteur de notre appel. Marcher avec Jésus est dans le même temps toujours un cheminement dans le « nous » de ceux qui veulent Le suivre. Il nous introduit dans cette communauté. Etant donné que le chemin jusqu’à la vraie vie, jusqu’à être des hommes conformes au modèle du Fils de Dieu Jésus Christ dépasse nos propres forces, ce cheminement comporte toujours également le fait que nous soyons portés.

Nous nous trouvons, pour ainsi dire, dans une cordée avec Jésus Christ – avec Lui dans la montée vers les hauteurs de Dieu. Il nous tire et nous soutient. Se laisser intégrer dans cette cordée, accepter de ne pas pouvoir y arriver seuls, fait partie de cette « sequela » du Christ. Cet acte d’humilité, entrer dans le « nous » de l’Eglise; s’accrocher à la cordée, la responsabilité de la communion – ne pas arracher la corde en étant butés et pédants, fait partie de celle-ci. Croire humblement avec l’Eglise, ainsi qu’être accrochés à la cordée de la montée vers Dieu, est une condition essentielle de la « sequela ». Ne pas se comporter en patrons de la Parole de Dieu, ne pas courir derrière une idée erronée de l’émancipation, fait également partie du fait de se trouver dans l’ensemble de la cordée. L’humilité de l' »être-avec » est essentielle à la montée. Que dans les sacrements nous nous laissions toujours prendre à nouveau par la main par le Seigneur, que nous nous laissions purifier et fortifier par Lui, que nous acceptions la discipline de la montée, même si nous sommes fatigués, fait également partie de celle-ci. »

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