Mieux comprendre ce qu’est la vie consacrée

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Homélie du 23e dimanche C. Journée des vœux. 4 septembre 2016.

Bien chères familles de nos frères Augustin, Benoît et Karol, bien chers amis et bien chers jeunes amis,

cette Messe dominicale forme un tout avec la cérémonie des vœux de cet après-midi. L’évangile de ce dimanche peut nous aider à mieux comprendre ce qu’est la vie consacrée. Jésus est suivi par de grandes foules, qui ont vu ses nombreux miracles et ont été conquis par ses paroles. Il donne à ces foules un enseignement surprenant : ceux qui veulent Le suivre doivent haïr père, mère, épouse, enfants et jusqu’à leur propre vie ! Ils doivent aussi renoncer à tous leurs biens. Notre-Seigneur n’a vraiment pas cherché à plaire ! Mais comment Celui  qui a résumé la Loi de Dieu dans le double commandement de l’Amour de Dieu et du prochain peut-Il demander de haïr les membres de sa famille et sa propre vie ? La version française que nous venons de lire a remplacé, pour atténuer le scandale, le verbe « haïr » de l’original grec par le verbe « préférer ». Jésus, c’est évident, ne peut pas nous demander de haïr nos parents alors que le 4e commandement de Dieu demande de les honorer. En d’autres occasions, Jésus a utilisé ces autres expressions fortes : « arracher son œil, couper son bras ou sa main » pour faire comprendre à ses auditeurs un enseignement fondamental. Mais si Jésus ne demande pas de haïr ses parents, Il appelle ceux qui veulent Le suivre à ne rien Lui préférer. Dieu Seul peut faire une telle demande. Abraham a tout quitté pour Lui obéir.

Photo de famille
Photo de famille

Jésus peut demander à ceux qui veulent Le suivre de tout laisser en imitant Abraham, parce qu’Il est le Fils unique de Dieu. Si nos frères Augustin, Benoît et Karol ont tout laissé pour Le suivre, à la suite des apôtres, c’est parce qu’ils croient que Jésus est vrai Dieu et vrai homme.

Saint Benoît, le père du monachisme, disait : «il ne faut rien préférer au Christ ».

Essayons de mieux comprendre ce que Jésus veut nous dire. Tout être créé doit aimer d’une manière absolue et L’adorer. Les trois premiers commandements de Dieu sont là pour nous y aider. Le 4e commandement concerne l’amour de notre père et de notre mère. Ce commandement passe avant ceux qui condamnent le meurtre, l’adultère, le vol, le mensonge. Jésus ne peut pas déroger à l’ordre des commandements de Dieu Son Père. Il ne peut pas nous demander de désobéir au 4e commandement, mais en demandant à ceux qui veulent Le suivre de quitter famille et biens, Il révèle que nous sommes appelés à vivre dans une autre famille : la Famille de Dieu, le Royaume dont l’Eglise est le sacrement. Tous les membres de Son Corps mystique qu’est l’Eglise ne sont pas appelés à professer les conseils évangéliques de pauvreté, chasteté et obéissance. Seuls, ceux à qui Il dit : « viens et suis-moi » sont appelés à  la radicalité des conseils évangéliques. Mais personne n’est obligé à suivre cette voie. Jésus dit toujours : « si tu veux » ! Le jeune homme riche, trop attaché à son argent, n’a pas répondu à l’appel de Jésus qui, pourtant, l’avait regardé en l’aimant. Il est parti tout triste ! Le choix radical demandé par Jésus, soulignons-le, n’appauvrit pas celui qui est appelé mais l’enrichit spirituellement. Il est ainsi identifié à Jésus, pauvre, chaste et obéissant. Le Concile Vatican II et Jean-Paul II dans l’Exhortation Vita Consecrata ont enseigné avec autorité que la vie selon les conseils évangéliques était une nouvelle consécration, qui s’enracine dans la consécration du baptême et l’exprime avec plus de plénitude. Voilà ce que Jésus veut nous enseigner dans l’évangile de ce dimanche ! Frères Augustin, Benoît et Karol, bienheureux êtes-vous d’avoir compris l’appel de Jésus et d’y avoir répondu. Et vous, leurs parents, leurs frères et sœurs, heureux êtes-vous de ne pas avoir fait obstacle à leur vocation. Vos familles, Jésus les aime, comme Il aimait Sa Famille, ainsi que les jeunes époux de Cana et la famille de Lazare, Marthe et Marie.

Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus
Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus

Plus nous aimons Jésus et mieux nous aimons nos parents qui nous ont donné la vie et nous ont appris à connaître et aimer Dieu. Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus et ses sœurs aimaient beaucoup leurs parents, qui, pour elles, étaient plus dignes du Ciel que de la terre. Donc, bien chers parents, ne prenez pas peur en entendant Jésus dire à ceux qu’Il appelle à Le suivre de haïr leur père et mère, leurs frères et sœurs. Jésus leur demande, c’est évident, de toujours les aimer, mais d’avoir le courage de les quitter pour accomplir la Mission qu’Il leur confie. Louis Martin a été héroïque en accompagnant à Rome sa fille Thérèse, âgée de 14 ans, pour demander au Pape la grâce qu’elle puisse rentrer au Carmel à 15 ans ! Dieu demande aussi à ceux qui se marient de quitter leurs parents pour s’attacher à leur conjoint et ne former avec lui qu’une seule chair. Nous le comprenons mieux à présent : ce que Jésus demande à ses disciples n’est pas scandaleux, bien au contraire. Il fait partager à ses privilégiés Sa Vie. Saint Paul pouvait dire avec enthousiasme : ma vie c’est le Christ ! Et cette vie là est la Vie éternelle ! Quel don ineffable ! Pour comprendre ce mystère, nous avons besoin de la Sagesse de Dieu et du don du Saint-Esprit. Tel est l’enseignement du livre de la Sagesse que nous venons d’entendre. Puissent beaucoup de parents et de jeunes demander et accueillir la Sagesse de Dieu et le mereteresa3don de l’Esprit-Saint afin de comprendre la grande grâce qu’est l’appel de Jésus à la vie sacerdotale ou à la vie consacrée. Notre Eglise universelle a besoin d’un grand renouveau. Nos diocèses ont un urgent besoin de nouvelles vocations. Ne nous décourageons pas, mais prions davantage le rosaire et développons l’adoration du Saint-Sacrement en n’ayant pas peur de nous mettre à genoux devant notre Dieu !

Nous avons entendu la demande de St Paul à Philémon, qui doit considérer Onésime, son esclave, comme un frère bien-aimé, devenu par le baptême enfant de Dieu, frère de Jésus et frère de tous les baptisés. Jésus a vraiment restauré, par les grâces de la Rédemption, le plan de Dieu Créateur : tous les hommes ont la même dignité, car ils sont tous créés à l’image et à la ressemblance de Dieu. Aimons Jésus plus que tout, nous aimerons notre prochain comme Jésus l’aime et nous réaliserons le nouveau commandement de l’Amour : aimer comme Jésus. Confions au Cœur Immaculé de Marie, Notre-Dame des Neiges, cette journée de vœux : qu’elle soit une journée de grâces pour nos trois frères et leur famille. Rendons grâce à Dieu pour la canonisation de Mère Térésa en ce moment à Rome.

 

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