Controverses entre Rome et Luther

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4) La quatrième rubrique : formation.

          

La liberté se développe en relation avec d’autres personnes libres. Notre Fondateur nous invitait sans cesse à savoir nous enrichir des idées des autres et à être détachés de nos idées. Nos Père et Mère éduquaient leurs enfants spirituels à être libres face aux personnes qui les flattaient ou les calomniaient. Notre seul souci doit être la sainte volonté de Dieu.

 

            Les Luthériens vont entrer dans l’année Luther, le 31 octobre 2016. Il est très important de connaître l’essentiel des thèses du père de la Réforme. Martin Luther est né le 10 novembre 1483 à Eisleben, dans le comté de Mansfeld. Il est mort le 18 février 1546 dans la même ville. Il a été religieux prêtre augustin, théologien, professeur d’université, père du protestantisme. Le conflit avec la papauté éclata en 1517, à propos des indulgences accordées par le Pape pour la reconstruction de la basilique Saint-Pierre. Le 31 octobre 1517, Luther placarda ses 95 thèses en condamnant violemment les indulgences et plus durement encore les pratiques du haut clergé, principalement de la papauté. Il s’insurgea aussi contre l’imposition de dogmes tels que celui du Purgatoire. Luther a été dénoncé à Rome. Le pape Léon X lui ordonna de se rétracter par la bulle pontificale Exsurge Domine, mais Luther brûla cette bulle en public et rompit avec l’Église catholique, en 1521. Un an plus tard commença contre lui un long procès qui aboutira à son excommunication.

La théologie luthérienne est souvent résumée par les quatre Sola/Solus :

Sola scriptura : la «sainte Écriture seule» représente la source de toute foi et de toute connaissance que l’homme peut avoir de Dieu : c’est elle, par conséquent, qui constitue la norme critique de tout discours et de toute action chrétienne. Luther, par ce premier principe, rejetait la Tradition et le Magistère. Le Concile Vatican II, dans Dei Verbum, rappelle la « triade indissociable » : Ecriture, Tradition et Magistère.

Sola gratia : la «grâce seule» compte sans qu’interviennent les tentatives de l’homme pour atteindre son propre salut. Ce second principe empêche de comprendre la collaboration de la liberté et l’appel à la sainteté que Dieu nous lance.

Sola fide : c’est par la «foi seule» dans le Christ sans aucune œuvre humaine, que l’on peut atteindre le salut. La théologie de Saint Paul a été le héraut du primat de la Foi sur les œuvres. Mais il a aussi demandé de vivre selon la Loi de l’Esprit et de ne plus être esclave de la loi de la chair. On ne peut oublier l’hymne à la charité (1Co13). La Foi sans les œuvres est morte. La Foi doit être animée par la charité. 

Solus Christus : le «Christ seul», vraiment homme et vraiment Dieu, par son sacrifice de la croix est le Seul Sauveur des hommes pécheurs qui croient en Lui. Il est, c’est un fait, le Seul Médiateur et le Seul Sauveur, mais Il fait participer à l’Œuvre du Salut des collaborateurs : la Vierge Marie et les saints (cf. Col 1, 24).

            Luther a condamné la vie monastique. Pour lui, la vocation de tout un chacun n’était pas de chercher Dieu dans un couvent, mais de s’incarner dans le monde. Luther s’est marié avec une religieuse. Il ne reconnaissait pas, comme l’Eglise catholique, l’institution par Jésus des 7 sacrements. Le protestantisme n’en retient que deux : le baptême et la Cène. Mais il faut souligner encore que, pour ces deux sacrements, nous n’avons pas la même foi. Nous croyons que, par le baptême, nous sommes purifiés du péché originel et de nos péchés personnels et sanctifiés par la grâce sanctifiante, les dons du Saint-Esprit et les vertus théologales de Foi, d’Espérance et de Charité. Luther ne croyait pas en la présence réelle et substantielle du Christ dans le Saint-Sacrement, mais en la présence spirituelle du Christ au moment de la Cène. La Liturgie terminée, le pain reste du pain, le vin reste du vin. Nous avons rappelé, dans la dernière consigne de cordée, la profession de Foi de Paul VI : le pain et le vin sont transformés, au moment de la consécration, en Corps et Sang du Christ.

            Puisse ce 500e anniversaire de la Réforme de Luther permettre aux chrétiens divisés de se rapprocher en vue de la pleine unité dans la Vérité et la Charité et dans la fidélité au décret de l’œcuménisme du Concile Vatican II ! Mais un risque existe : le relativisme !

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