Qu’Est-ce que le Salut et la Vie éternelle ? (5/5)

Session jeunes, 29 octobre – 1er novembre 2016 sur la Vie éternelle. Père Bernard.

Qu’est-ce que le Salut et la Vie éternelle ? suite et fin (5/5)

Au numéro 25 de son encyclique Spe Salvi, Benoît XVI écrit : « Francis Bacon et les adeptes du courant de pensée de l’ère moderne qu’il a inspiré, en considérant que l’homme serait racheté par la science, se trompaient. Par une telle attente, on demande trop à la science; cette sorte d’espérance est fallacieuse. La science peut contribuer beaucoup à l’humanisation du monde et de l’humanité. Cependant, elle peut aussi détruire l’homme et le monde, si elle n’est pas orientée par des forces qui se trouvent hors d’elle ».

Cette dernière considération de Benoît XVI est très importante et elle permet de mieux comprendre cette affirmation du numéro 26 : « Ce n’est pas la science qui rachète l’homme. L’homme est racheté par l’amour ». Au numéro 27, Benoît XVI affirme ce qu’est la vraie et la grande espérance : « La vraie, la grande espérance de l’homme, qui résiste malgré toutes les désillusions, ce peut être seulement Dieu – le Dieu qui nous a aimés et qui nous aime toujours « jusqu’au bout » ». Benoît XVI a cité ensuite Saint Augustin pour fonder cette importante affirmation, puis il a donné ce résumé lumineux (30), qui devrait permettre à beaucoup de nos contemporains de comprendre que la vraie et grande espérance chrétienne ne s’oppose pas à leur soif de bonheur : « Tout au long des jours, l’homme a de nombreuses espérances – les plus petites ou les plus grandes –, variées selon les diverses périodes de sa vie. Parfois il peut sembler qu’une de ces espérances le satisfasse totalement et qu’il n’ait pas besoin d’autres espérances. Dans sa jeunesse, ce peut être l’espérance d’un grand amour qui le comble; l’espérance d’une certaine position dans sa profession, de tel ou tel succès déterminant pour le reste de la vie. Cependant, quand ces espérances se réalisent, il apparaît clairement qu’en réalité ce n’était pas la totalité. Il paraît évident que l’homme a besoin d’une espérance qui va au-delà. Il paraît évident que seul peut lui suffire quelque chose d’infini, quelque chose qui sera toujours plus que ce qu’il ne peut jamais atteindre. En ce sens, les temps modernes ont fait grandir l’espérance de l’instauration d’un monde parfait qui, grâce aux connaissances de la science et à une politique scientifiquement fondée, semblait être devenue réalisable. Ainsi l’espérance biblique du règne de Dieu a été remplacée par l’espérance du règne de l’homme, par l’espérance d’un monde meilleur qui serait le véritable « règne de Dieu ». Cela semblait finalement l’espérance, grande et réaliste, dont l’homme avait besoin. Elle était en mesure de mobiliser – pour un certain temps – toutes les énergies de l’homme; ce grand objectif semblait mériter tous les engagements. Mais au cours du temps il parut clair que cette espérance s’éloignait toujours plus. On se rendit compte avant tout que c’était peut-être une espérance pour les hommes d’après-demain, mais non une espérance pour moi. Et bien que le « pour tous » fasse partie de la grande espérance – je ne puis en effet devenir heureux contre les autres et sans eux – il reste vrai qu’une espérance qui ne me concerne pas personnellement n’est pas non plus une véritable espérance. Et il est devenu évident qu’il s’agissait d’une espérance contre la liberté, parce que la situation des choses humaines dépend pour chaque génération, de manière renouvelée, de la libre décision des hommes qui la composent. Si, en raison des conditions et des structures, cette liberté leur était enlevée, le monde, en définitive, ne serait pas bon, parce qu’un monde sans liberté n’est en rien un monde bon. Ainsi, bien qu’un engagement continu pour l’amélioration du monde soit nécessaire, le monde meilleur de demain ne peut être le contenu spécifique et suffisant de notre espérance ».

Quel texte lumineux ! Puissent les hommes de bonne volonté tirer à la suite de Jean-Paul II et de Benoît XVI, les leçons de l’histoire des temps modernes et du vingtième siècle : la Raison humaine déifiée qui a voulu se faire adorer et prendre la place de Dieu s’est transformée en tyrannie contre les libertés des hommes ! Le monde dans lequel nous vivons n’est pas le meilleur des mondes : c’est un monde qui continue à tuer légalement dans le sein des mamans l’être humain le plus fragile : deux milliards d’avortements légalisés depuis 1975 ! Ce monde peut-il être « humanisé » ? Oui, il le peut ! S’il entend l’appel que Jésus a lancé au début de sa vie publique et qu’Il continue à lancer par son Eglise : « les temps sont accomplis, le Royaume de Dieu s’est approché, convertissez-vous et croyez à l’évangile » !

La vraie et grande espérance ne peut donc être qu’en Dieu révélé en Jésus, son Fils ! Le Cardinal Robert Sarah a raison : Dieu ou rien !

            Un dernier point à souligner et qui a été enseigné par Benoît XVI en d’autres occasions : la vie éternelle ne doit pas être comprise comme la vie après la mort. C’est la participation à la vie divine déjà sur cette terre par le baptême et l’infusion de la grâce sanctifiante et Vie qui est nourrie par les sacrements. Saint Jean, dans son évangile, parle beaucoup de la vie éternelle : « Celui qui croit au Fils a la vie éternelle ; celui qui refuse de croire en lui ne verra pas la vie » (Jn 3,36). Soulignons l’affirmation de Saint Jean : celui qui croit en Jésus Christ a et non aura la vie éternelle. Émerveillons-nous devant le mystère que nous venons de contempler. Le Salut que Jésus nous a mérité par Sa Passion n’est pas un petit sauvetage. Nous n’avons pas été sauvés de la mort qu’aurait pu nous procurer un accident, ou une noyade, ou un tremblement de terre, ou une guerre, ou une maladie mortelle. Nous sommes sauvés, par la Foi, de nos péchés, de l’esclavage des démons et de la mort éternelle, de la damnation éternelle par Jésus, Notre-Seigneur et Notre Dieu ! Gardons en nos cœurs cette conviction enthousiaste de Saint Paul : « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous? Lui qui n’a pas épargné son propre Fils mais l’a livré pour nous tous, comment avec lui ne nous accordera-t-il pas toute faveur? Qui se fera l’accusateur de ceux que Dieu a élus? C’est Dieu qui justifie. Qui donc condamnera? Le Christ Jésus, celui qui est mort, que dis-je? Ressuscité, qui est à la droite de Dieu, qui intercède pour nous. Qui nous séparera de l’amour du Christ? La tribulation, l’angoisse, la persécution, la faim, la nudité, les périls, le glaive? Selon le mot de l’Ecriture: A cause de toi, l’on nous met à mort tout le long du jour; nous avons passé pour des brebis d’abattoir. Mais en tout cela nous sommes les grands vainqueurs par celui qui nous a aimés. Oui, j’en ai l’assurance, ni mort ni vie, ni anges ni principautés, ni présent ni avenir, ni puissances, ni hauteur ni profondeur, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté dans le Christ Jésus notre Seigneur » (Rm 8, 31-39).

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