Soyez des conservateurs de l’avenir au nom du Christ !

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Aujourd’hui, nous avons eu la très grande joie d’accueillir les gendarmes du secteur de Largentière et leur aumônier, M. Christophe Jantzen, pour leur messe en l’honneur de Ste Geneviève, patronne des gendarmes. Avec son aimable autorisation, nous reproduisons ici l’homélie que M. l’aumônier nous a adressée à cette occasion :

« Je voudrais pour commencer vous dire ma joie de vous retrouver pour fêter Ste Geneviève, et m’arrêter sur quelques remarques entendues.

Quelques esprits chagrins, ça et là, sembleraient réfractaires à l’idée que la Gendarmerie nationale, institution de la République, fête une sainte de l’Eglise Catholique. Je rappellerai alors simplement 4 éléments :

  • c’est un aumônier militaire qui a demandé au Pape Jean XXIII de donner Geneviève comme patronne à notre Arme, dotant ainsi la Gendarmerie d’une patronne propre comme les autres armes en possèdent une depuis Charlemagne pour certaines d’entre elles. Ce n’est pas une demande de l’Institution. L’Institution se l’est appropriée, et c’est très bien !
  • Même si au cours des ans, à la messe, se sont ajoutés un apéritif, un repas dansant, parfois une prise d’armes, et que l’autorité militaire par souci d’efficacité a pris en main l’organisation de l’ensemble de la journée, c’est bien la communauté formée par les gendarmes catholiques là où elle existe, autour de leur aumônier et/ou du curé de la paroisse, qui devrait porter cette célébration.
  • Célébration à laquelle chacun est invité et non pas convoqué, i.e. libre de venir ou non.
  • Enfin, je soulignerai qu’il existe dans notre pays des traditions qui, par définition, nous dépassent, qui ne nous appartiennent pas, qui viennent de plus loin que nous, qui font partie de notre paysage culturel, qui donnent du sens à ce que nous faisons, qui disent ce que nous sommes et qui, comme disait le Cardinal Decourtray (Archevêque de Lyon de 1981 à 1994) conservent l’avenir. Nous pouvons prendre comme exemple l’avis rendu par le Conseil d’Etat au sujet des crèches de Noël.

Voilà pourquoi nous sommes là ce matin : pour être des conservateurs de l’avenir et dire, si telle est notre foi, que le Christ est le premier à être servi.

C’est bien ce que Jésus dit à Marthe dans l’évangile que nous venons d’entendre. Marie, sa sœur, est aux pieds de Jésus et L’écoute. Il n’y a pas d’opposition entre Marthe, qui a préparé le repas (il fallait le faire) et Marie qui a écouté l’enseignement du Seigneur. Il y a une complémentarité, et il y aura complémentarité réelle si Marie à son tour se met au service et si Marthe « se pose », comme l’ont dit, pour écouter la Parole de Dieu.

C’est comme si certains opposaient les gendarmes qui sont sur le terrain à ceux qui sont en bureau. ça n’a aucun sens. Là aussi, il y a complémentarité ; il n’y a pas ceux qui travaillent et ceux qui ne font rien ; il y a des missions différentes qui se complètent pour que le bien public soit servi, que la vérité se révèle, que la justice soit rendue et que la force reste à la loi dans tous les cas.

Marthe et Marie se complètent donc, s’enrichissent mutuellement, comme vous vous enrichissez mutuellement les uns les autres. Et Marthe et Marie, que Geneviève a pris en exemple vous disent autre chose. Elles montrent un sens à ce que vous faites. Service et écoute du Christ, service et écoute de la Parole de Dieu sont interdépendants. Pas de service pour un chrétien sans appui de la Parole de Dieu ; et pas de lecture, d’écoute de cette même Parole sans qu’elle ne donne des fruits, sans actes. Ainsi je vous invite à prendre la place de Marie en prenant le temps de la lecture, de l’écoute de la Parole de Dieu régulièrement et en même temps, je vous invite à relire vos actions à la lumière de la vie du Christ.

Voilà 25 ans que je vous dis que c’est la fréquentation du Christ qui vous permet de Le voir en chaque homme et chaque femme rencontrés, quelle que soit sa qualité, du général au plus jeune des gendarmes adjoints, du plus grand criminel au plus petit des délinquants. Si vous l’acceptez, vous passez votre vie au milieu de Christs ; sinon, vous la passez au milieu d’hommes et de femmes de valeur que vous reconnaîtrez simplement comme tels.

Comme Judith, dont la première lecture nous rapporte un exploit – la mort par ruse de l’ennemi de son peuple – Geneviève, votre patronne, est une battante. Vous le savez, elle organise la défense de Lutèce, va chercher dans ses terres familiales de quoi nourrir la population, sauve des prisonniers, plus tard elle soutiendra Clotilde dans la préparation du baptême de Clovis. A contre-courant de la société de l’époque, elle, une femme, elle tient tête aux notables, aux rois, pour le bien du peuple et des plus petits. Presque une rebelle !

Et une priante. Ce qui la guide : sa foi qui lui fait croire, dire et rendre témoignage que chaque homme et chaque femme est unique, que chaque homme et chaque femme est fils et fille de Dieu le Père, que par conséquent chaque homme et chaque femme est frère et sœur non seulement du Fils unique de Dieu, Jésus le Christ, mais de tout autre homme et de tout autre femme.

Chaque homme et chaque femme que vous rencontrez est votre frère et re sœur. Notre devise républicaine le rappelle : liberté; égalité, FRATERNITE !

Vous êtes pour certains d’entre vous déjà ce que je vais vous dire, mais je vous le redis sous forme d’exhortation : prenant modèle sur Geneviève, soyez des écoutants de la Parole de Dieu au sein de votre communauté chrétienne, soyez des battants au service des plus pauvres et des plus démunis, soyez des rebelles au service du bien commun, de la vérité, de la justice et de la force maîtrisée, à temps et à contretemps ; soyez des conservateurs de l’avenir au nom du Christ.

Je ne doute pas que Geneviève vous accompagne sur cette route exigeante et passionnante ! »

 

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