J’aime tant dire à Jésus que je l’aime !


Lundi 20 février 2017 : Bienheureux François et Jacinthe
(Fr. Jean-Régis)

Comme à Lourdes, à Fatima également la Vierge a choisi des enfants, François, Jacinthe et Lucie, comme destinataires de son message. En cette année du centenaire des apparitions, nous sommes heureux de fêter en ce jour les bienheureux François et Jacinthe.

Avec leur cousine Lucie, ils ont grandi dans un milieu familial modeste, dans un lieu rude, calme et isolé. Ils ne savaient pas lire ou écrire et ne pouvaient pas savoir beaucoup sur la géographie, l’histoire et la pensée dans le monde qui était au-delà de leur montagne. Ils ont reçu une éducation chrétienne très simple, comme prévu dans un milieu montagnard où ils habitaient. C’est Lucie elle-même qui, un peu plus âgée que ses cousins, leur a raconté les histoires bibliques et enseigné les prières qu’elle avait apprises avec sa mère. Cependant, malgré la simplicité de leur initiation chrétienne, les parents leur ont aussi offert un exemple vivant de foi engagée : la participation à l’Eucharistie dominicale, la prière en famille, la vérité et le respect de tous, la charité envers les pauvres et les nécessiteux. En 1916, ils eurent trois visions de l’ange du Portugal les préparant aux rencontres successives avec la Madone : « Priez beaucoup, les très saints cœurs de Jésus et de Marie sont attentifs à la voix de vos supplications. Ils ont sur vous des desseins de miséricorde. Offrez constamment au Très Haut des prières et des sacrifices. » Il leur apprit les prières « Mon Dieu, je crois, j’adore et je vous aime… » et « Très sainte Trinité… ». Lucie parlait avec Notre-Dame, Jacinthe ne parlant jamais mais voyant et entendant tout. Quant à François, voyant tout mais n’entendant rien, c’est Jacinthe et Lucie qui lui répétaient les paroles de l’Ange et de la Vierge Marie.

Dans ses mémoires, Lucie rapporte que François ne paraissait le frère de Jacinthe que par les traits du visage et la pratique de la vertu. Il n’était pas capricieux et vif comme elle. Il était, au contraire, de naturel pacifique et condescendant. Il ne montrait pas comme Jacinthe de passion pour la danse. Il préférait jouer du fifre tandis que les autres dansaient. Dans les jeux il était assez animé. Mais peu d’enfants aimaient jouer avec lui parce qu’il perdait presque toujours. Des photos que nous avons de Jacinthe, nous pouvons deviner sa détermination qui se dégage de son regard. Quelques jours avant l’apparition du 13 juillet, Lucie décida de ne pas s’y rendre, ne voulant pas être le jouet du démon. Jacinthe lui dit alors : « si tu n’y vas pas, moi j’irai et je parlerai à la Dame. » Nous savons que le 13 juillet, Lucie se sentit poussée à y aller. En passant devant la maison de ses cousins, elle les trouva en prière. Ils y allèrent ensemble et ce jour-là, Notre-Dame leur donna de voir l’enfer où tant d’âmes vont parce qu’il n’y a personne qui prie et offre pour elles. Ils seront profondément marqués par cette vision. Ainsi offrent-ils généreusement beaucoup, beaucoup de sacrifices : ils donnent leur repas aux pauvres et se privent de boire, ils supportent les visiteurs qui les questionnent les mauvais traitements et les moqueries. Ils souffrirent et offrirent beaucoup au cours de leur maladie et Jacinthe, âgée d’à peine dix ans, mourra toute seule à l’hôpital. A chaque prière ou sacrifice, Jacinthe ajoutait « …et pour le Saint Père« . Après chaque chapelet, elle ajoutait trois je vous salue Marie pour lui. Elle aurait tant aimé le voir ! « Beaucoup de personnes viennent ici, dit-elle, mais jamais le Saint Père« . Elle aura deux visions du pape Benoît XV, priant et souffrant. François fut très impressionné, à la deuxième apparition, par la communication du reflet de lumière immense que Notre-Dame leur accorda tout en leur disant : « Mon Cœur immaculé sera ton refuge et le chemin qui te conduira à Dieu. » Tandis que Jacinthe paraissait préoccupée par l’unique pensée de convertir les pécheurs et de préserver les âmes de l’enfer, François paraissait penser uniquement à consoler Notre-Seigneur et Notre-Dame qui lui avaient paru si tristes. Comme Notre-Dame avait dit à Lucie que François lui aussi irait au ciel mais qu’il devait dire beaucoup de chapelet, il pria intensément le chapelet tout au long de ses journées.

Jacinthe s’exclamait souvent : « J’aime tellement dire à Jésus que je L’aime ! Quand je le Lui dis de nombreuses fois, il me semble avoir un feu dans le cœur, mais qui ne me brûle pas ». Elle disait aussi : « J’aime tellement le Cœur Immaculé de Marie. C’est le Cœur de notre petite maman du Ciel! » Et elle chante sur des airs à elle : « Doux cœur de Marie, soyez mon salut ! Cœur Immaculé de Marie, convertissez les pécheurs, sauvez les âmes de l’enfer« . Quand à François, il disait : « Ce que j’ai aimé par-dessus tout, fut de voir Notre Seigneur dans cette lumière que Notre Mère nous a mise dans le cœur. J’aime tant Dieu ! ».

Benoit XVI à Fatima le 13 mai 2010 nous invitait à avoir les mêmes sentiments que les Bienheureux François et Jacinthe et la Servante de Dieu Lucie, pour confier à la Vierge Marie la confession intime qui jaillissait de leur cœur : ‘j’aime Jésus’. Ayons donc des cœurs d’enfants comme ceux des Bienheureux François et Jacinthe pour dire et vivre : ‘j’aime Jésus’ en vous consolant, vous qui êtes si tristes des offenses qui vous sont faites ; ‘j’aime Jésus’ en luttant contre le péché et en offrant des sacrifices et des pénitences pour arracher les âmes de l’enfer ; ‘j’aime Jésus’ en priant le rosaire et en contribuant à l’établissement dans le monde de la dévotion au Cœur Immaculé de Marie avec l’aide des Bx François et Jacinthe.

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