Aucun catholique n’est libre de croire ou de ne pas croire le dogme du péché originel !

Homélie du 1er dimanche de carême 2017. Année A. (P. Bernard)

Bien chers amis et jeunes amis, nous sommes entrés, mercredi, dans le saint temps du carême. Ce temps de grâces est très important dans l’année liturgique. Nous prions le Cœur de Jésus et Notre-Dame des Neiges afin que cette Messe nous permette de mieux vivre encore notre carême et nous demandons à Dieu de combler de grâces des jeunes de Valence qui, avec leur aumônier, font une récollection. Saint Jean-Paul II, dans l’un de ses deux derniers livres « mémoire et identité », s’est interrogé sur le mystère du Mal. Pourquoi tant de Mal en notre monde ? Dieu est-Il responsable de ce mal ? N’a-t-Il pas pris un risque trop grand en créant des êtres libres, capables de Lui désobéir et de s’opposer à Lui ? Le livre de la Genèse, dont nous venons d’entendre un extrait, révèle comment le Mal est entré dans le monde : par la désobéissance d’Adam et Eve. Les premiers chapitres de la Genèse, comme la Tradition l’enseigne, ont été inspirés à Moïse. Ils sont comme une vision prophétique donnée par Dieu. Cette vision prophétique n’est pas une photographie du premier péché, mais une révélation de Dieu. Le Cardinal Joseph Ratzinger écrivait dans le compendium du CEC : « L’homme, tenté par le démon, a laissé s’éteindre en son cœur la confiance dans ses rapports avec son Créateur. En lui désobéissant, il a voulu devenir «comme Dieu», sans Dieu et non selon Dieu. Ainsi, Adam et Ève ont perdu immédiatement, pour eux et pour toute leur descendance, la grâce de la sainteté et de la justice originelles ». Saint Jean-Paul II, dans ses audiences du mercredi au début de son pontificat, faisait remarquer qu’avant ce péché originel il existe un autre péché, plus grave encore : le péché des anges. Cette révolte des anges est définitive. La Tradition a nommé le Chef des anges révoltés : Lucifer. L’évangile parle du diable, de Satan, des démons. La Genèse révèle l’action du démon, qui se cache dans le serpent. Prenons très au sérieux cette révélation et comprenons la gravité du péché originel et de ses conséquences. Dieu n’est pas le responsable du Mal, c’est Lucifer qui en est le premier responsable par sa révolte orgueilleuse. L’homme et la femme, qui avaient été créés dans un état de sainteté et de justice originelles, se sont laissés influencer par le Malin menteur. Ils ont gravement désobéi à Dieu. Ils sont eux aussi responsables, mais ils se sont ouverts à la Miséricorde et sont sauvés. Le Concile de Trente a défini, d’une manière infaillible, la doctrine sur le péché originel. Aucun catholique n’est libre de croire ou de ne pas croire le dogme du péché originel. Depuis plus de 30 ans, des théologiens enseignent des hérésies dans des universités catholiques. Ne nous laissons pas influencer par ces théories hérétiques, données avec l’apparence de la scientificité, dirait Benoît XVI. Croyons avec l’Eglise que le péché originel est le péché personnel d’Adam et Eve, qui a fait tomber la nature humaine dans l’état de privation de sainteté et de justice originelles. En raison de l’unité originelle de tout le genre humain, ce péché se transmet aux descendants d’Adam avec la nature humaine, «non par imitation, mais par propagation». Cette transmission reste un mystère que nous ne pouvons saisir pleinement. Par la suite du péché originel, la nature humaine, sans être entièrement corrompue, est blessée dans ses forces naturelles, soumise à l’ignorance, à la souffrance, au pouvoir de la mort; elle est inclinée au péché. Cette inclination s’appelle concupiscence ». Saint Paul, dans la deuxième lecture, interprète avec autorité le texte de la Genèse : par un seul homme, Adam, le péché est entré dans le monde, mais, par un seul homme, Jésus-Christ, la grâce et la vie vont être données aux hommes qui ont la Foi ! Comprenons mieux en ce temps du carême l’immense générosité de Jésus : Il s’est vraiment dépouillé pour nous enrichir de sa divinité ! Saint Matthieu, dans l’évangile de ce dimanche, nous présente Jésus au désert, tenté par Satan. Les trois tentations concernent le pain, le succès mondain, le pouvoir. Jésus est plus énergique qu’Adam et Eve : Il ne cède à aucune tentation. Benoît XVI, dans son livre sur Jésus, a fait un commentaire lumineux de ce passage évangélique. Satan aurait voulu faire dévier Jésus de sa mission. Notre-Seigneur n’a pas été envoyé par son Père pour donner à manger en abondance à tous les hommes. Il a été envoyé, non pour changer les pierres en pain, mais pour donner le pain de la vie éternelle : Son Corps dans l’Eucharistie. Satan pousse Jésus à accomplir un exploit aux yeux des hommes en se jetant du haut du Temple. Notre-Seigneur refuse de tenter Son Père : c’est par l’humilité et non la gloire humaine qu’Il touchera les cœurs ! Il est pour toujours doux et humble de Cœur ! Satan veut donner tous les royaumes de la terre à Jésus à une condition : qu’Il l’adore ! Jésus refuse cette ultime tentation : Dieu Seul doit être adoré ! Si l’Esprit Saint a conduit Jésus au désert pour y être tenté le démon, ce n’était pas pour y succomber à la tentation mais pour vaincre Satan et nous permettre de vaincre à notre tour. Nous sommes à présent tentés par Satan et les démons, mais si nous demandons la grâce de Jésus, nous remporterons avec Notre-Seigneur la victoire. Mais ne soyons pas présomptueux. Jésus nous appelle à veiller et prier. Demandons aussi à la Vierge Marie de nous aider dans le combat spirituel. Attention à la gourmandise et à la recherche des plaisirs sensibles. Ne recherchons ni le succès, ni la gloire humaine ; n’ambitionnons pas le pouvoir, mais servons humblement en imitant Jésus. Si nous avons cédé à la tentation, recourons sans tarder au sacrement de pénitence !

2 Responses

  1. Theillier Patrick

    Tout à fait d’accord, mais le péché originel est-il à l’origine de la mort, comme St Paul le dit ?
    Les animaux étaient mortels. Pour les hommes, est-ce la mort « naturelle » liée à notre matérialité ou bien la mort-angoisse, la mort odieuse, la mort-pour-la-mort : c’est ce que je lis quelque part… ? Je lis aussi : « Jésus, lui, connaîtra la mort-passage, la mort-pour-la-vie, la mort-résurrection ».
    J’aimerais avoir votre avis.

    • P. Bernard Domini

      Votre question est importante car beaucoup critiquent le dogme du péché originel en disant que, de fait, le corps de l’homme est mortel. La Genèse ne nie pas cette réalité. La Genèse n’est pas un livre de biologie. Mais il est un fait que la tradition a toujours enseigné à la suite de la révélation de la Genèse : l’homme et la femme ne seraient pas passés par la mort s’ils n’avaient pas péché. La mort, en tant que séparation de l’âme immortelle et du corps, est donc une conséquence du péché originel. Nous ne faisons pas de théologie avec des “si”. Nous n’avons pas l’expérience du “comment” Dieu aurait-Il fait pour faire passer l’homme et la femme de l’état dans lequel ils ont été créés à celui d’êtres pleinement spiritualisés dans le Royaume de Dieu. Nous pouvons “imaginer” ceci, mais là je ne suis plus dans l’absolu du dogme mais dans l’opinion à laquelle je pense depuis que j’ai longuement étudié la question du péché originel : par Sa Résurrection, le Corps du Christ a été “spiritualisé” “pneumatikos” en grec. Ce passage du corps animal au corps spirituel (1 Co 15) aurait pu se faire, c’est mon opinion, pour l’homme et la femme qui n’auraient pas péché, sans passer par la séparation de l’âme spirituelle et du corps. Cette opinion qui n’a jamais été enseignée par l’Eglise – car on ne fait pas de la théologie avec des “si”, ce que je fais ici je le reconnais!!! – permettrait de concilier le dogme et la biologie. Redisons-le : le dogme du péché originel demeure un mystère. Ce mystère a besoin du dogme de la Rédemption accomplie par le Christ et du dogme de la Résurrection. Ceux qui refusent le dogme affirmé avec autorité par le Concile de Trente ont ouvert une brèche dans l’analogie des dogmes … cette brèche a de graves conséquences : on ne sait plus ce qu’est le mystère de la Rédemption. Que signifie en outre le mystère de l’Immaculée Conception. Nous n’avons pas le droit, comme l’ont fait et le font des théologiens, de refuser le dogme du péché originel. Errare humanum est, perseverare diabolicum est !
      Voilà comment je répondrais à votre question qui est une question très importante et que je vous remercie de m’avoir posé. Ma réponse n’est pas parfaite j’en conviens …

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