Quel engagement politique pour les époux chrétiens qui désirent le retour à Dieu de la France ?

Récollection de Foyers du premier trimestre 2017. Famille Missionnaire de Notre-Dame.
Les valeurs chrétiennes de la France.

3e enseignement

 

            Ce 3e enseignement n’a pas pour but de vous donner tous les éléments concrets de votre engagement politique. Nous n’avons pas grâce d’état pour cela. C’est vous, en tant que fidèles laïcs, qui avez vos grâces d’état. Notre mission à nous est de vous transmettre les principes de la doctrine sociale de l’Eglise. A vous d’appliquer concrètement en conscience et dans votre « rien l’un sans l’autre » d’époux et d’épouse.

            Nous voulons, vous et nous, le retour à Dieu de la France. Mais nous ne voyons pas comment ce retour pourrait être possible sans une intervention de Dieu. Cette intervention, nous la désirons et l’attentons dans la confiance. Au cours de notre dernière récollection de Foyers, nous avons beaucoup parlé du triomphe du Cœur Immaculé de Marie, prophétisé à Fatima. Cette prophétie n’est pas conditionnelle. Elle se réalisera. Avec ce triomphe, nous espérons que sera facilité le retour à Dieu de la France.

            La France va connaître deux élections importantes, en ces prochains mois : celle du Président de la République et celles des députés. Notre engagement politique, pour la plupart d’entre nous, se limitera à la participation aux élections. Quelques-uns, peut-être, se présenteront aux élections législatives. Nous ne donnerons aucune consigne précise pour voter, car telle n’est ni notre mission, ni notre compétence !

Nous voudrions commencer notre réflexion en vous citant un passage de la note doctrinale, donnée par la Congrégation pour la doctrine de la Foi et concernant certaines questions sur l’engagement et le comportement des catholiques dans la vie politique (CDF Card. Joseph Ratzinger 24 novembre 2002). Nous ne pouvons que vous encourager à télécharger cette note doctrinale plus que jamais d’actualité ! Elle n’est pas longue et elle est une mine, un trésor. Faisons-la connaître à ceux qui se présenteront aux élections.

cf. II- Quelques points-clés dans le débat culturel et politique actuel

2. La société civile se trouve aujourd’hui dans un processus culturel complexe qui signe la fin d’une époque et l’incertitude pour celle qui se profile à l’horizon. Les grandes conquêtes auxquelles on assiste invitent à vérifier quel chemin positif l’humanité a parcouru dans le progrès et dans l’acquisition de conditions de vie plus humaines… On constate aujourd’hui un certain relativisme culturel qui se manifeste de manière évidente en érigeant en théorie et en défendant le pluralisme éthique, qui est la preuve de la décadence et de la dissolution de la raison et des principes de la loi morale naturelle… des assertions soutiennent qu’un tel pluralisme éthique est la condition de la démocratie. Il en résulte que, d’une part, les citoyens revendiquent la plus complète autonomie pour leurs choix moraux, tandis que, de l’autre, les législateurs pensent qu’il faut respecter cette liberté de choix, en formulant des lois qui font fi des principes de l’éthique naturelle … En même temps, en s’appuyant de façon trompeuse sur la valeur de la tolérance, on demande à une bonne partie des citoyens – et notamment aux catholiques – de renoncer à participer à la vie sociale et politique de leur pays … L’histoire du XXe siècle suffit à montrer que les citoyens qui ont raison sont ceux qui jugent totalement fausse la thèse relativiste selon laquelle il n’existe pas une norme morale enracinée dans la nature même de l’homme

3. Cette conception relativiste du pluralisme n’a rien à voir avec la légitime liberté qu’ont les citoyens catholiques de choisir, parmi les opinions politiques compatibles avec la foi et la loi morale naturelle, celle qui, selon leur propre critère, correspond le mieux aux exigences du bien commun. La liberté politique n’est pas fondée, et ne peut pas l’être, sur l’idée relativiste selon laquelle toutes les conceptions du bien de l’homme ont la même vérité et la même valeur, mais sur le fait que les activités politiques visent, pour chaque cas, à la réalisation extrêmement concrète du vrai bien humain et social, dans un contexte historique, géographique, économique, technologique et culturel bien déterminé. La réalisation concrète et la diversité des circonstances engendrent généralement une pluralité d’orientations et de solutions, qui doivent toutefois être moralement acceptables. Il n’appartient pas à l’Église de formuler des solutions concrètes – et encore moins des solutions uniquespour des questions temporelles que Dieu a laissées au jugement libre et responsable de chacun, bien qu’elle ait le droit et le devoir de prononcer des jugements moraux sur des jugements temporels, lorsque la foi et la loi morale le requièrent. Si les chrétiens sont tenus «de reconnaître la légitime multiplicité et diversité des options temporelles», ils sont également appelés à s’opposer à une conception du pluralisme marquée par le relativisme moral, qui est nuisible pour la vie démocratique elle-même, celle-ci ayant besoin de fondements vrais et solides, c’est-à-dire de principes éthiques qui, en raison de leur nature et de leur rôle de fondement de la vie sociale, ne sont pas «négociables». Nous ne pouvons qu’admirer l’esprit clair, rigoureux et précis du Cardinal Joseph Ratzinger. La liberté de l’engagement politique des chrétiens concerne la pluralité d’orientations de solutions, moralement acceptables et non les principes non négociables dont nous avons parlé dans la deuxième causerie. N’oublions pas le témoignage de Saint Thomas More !

 

Citons un extrait d’un article non signé du 28 décembre 2005, sur le Site du diocèse de Fréjus-Toulon, concernant l’engagement en politique des catholiques. Ce texte nous est apparu comme une actualisation du texte romain dont nous venons de parler.

« S’agissant de la façon d’agir, est-il écrit, deux aspects sont essentiels pour la crédibilité et l’efficacité de l’engagement des catholiques dans la vie publique. D’abord, éviter l’attitude de la forteresse assiégée, du  » réduit  » catholique, du  » dernier carré  » des fidèles. Rien ne serait plus contraire à l’annonce évangélique qui demande par essence d’aller à la rencontre de personnes non ou mal évangélisées. Face à cette transformation de notre société, qui est une déchristianisation, la tentation peut naître de dénoncer le phénomène en s’isolant, en se coupant du monde courant. Ceci implique d’aller résolument et sans nostalgie passéiste à la rencontre de notre monde qui n’est plus chrétien. La seconde condition pour un discours crédible : les catholiques doivent être des hommes et des femmes de conviction et non des hommes et des femmes d’inquisition. L’un des critères de la crédibilité du discours des catholiques est leur aptitude à établir un dialogue, et à le poursuivre, avec des personnes qui ne partagent pas leur conviction religieuse. S’agissant du  » fond «  sur lequel les catholiques doivent manifester leur conviction, c’est bien celui de ces principes naturels inscrits dans la nature humaine. Qu’il s’agisse de l’apparition de la vie, de son développement, de sa fin qui est la mort ; qu’il s’agisse de l’union des personnes dans le mariage, de ce qu’est une famille, de ce qu’est une éducation pour des enfants, nous avons là affaire à des sujets qui relèvent d’abord de l’ordre naturel des choses. Ce phénomène de pluralisme éthique est le grand défi auquel sont confrontés les catholiques. C’est par l’intelligence et la persuasion qu’ils doivent montrer qu’une éthique commune est possible et même nécessaire pour la pérennité de nos communautés politiques. S’agissant de la forme de l’engagement, il faut insister sur un point important. On a trop tendance à réduire la vie politique – et donc l’engagement politique – à sa partie la plus visible, celle que les médias présentent à longueur de journée et de soirée. Il faut dire que l’engagement politique ne se situe pas seulement au niveau national – ou européen. Il se situe aussi, et d’abord, au niveau local : commune, département, région. C’est sans doute là d’ailleurs qu’il est le plus enthousiasmant, parce que c’est là que la visibilité de l’action politique est la plus immédiate. Si l’on peut faire ici un vœu, c’est que les catholiques ne se contentent pas de réagir au niveau des idées, mais qu’ils agissent au niveau de la pratique quotidienne, courante, de l’administration publique. Et c’est là une tâche onéreuse, exigeante, qui est aussi le gage du sérieux de l’engagement des catholiques en politique. Si le catholique ne sait qu’agiter des principes, il sera disqualifié ; S’il montre qu’il est capable de s’atteler à la matière politique, bien éloignée au quotidien de ces grands principes ; il sera écouté ». Nous ne prenons pas à notre compte tout le contenu du texte, nous nous contentons de vous le citer, mais nous trouvons important l’invitation à s’engager. Les « belles paroles seules » ne peuvent pas transformer la France et le monde ! La réalité est complexe. L’engagement n’est pas simple, mais si l’on imite les Saints, l’Esprit-Saint nous inspirera et nous permettra de trouver des solutions pour répondre aux nombreux défis de notre temps. Saint Vincent de Paul, Sainte Jeanne Jugan, Saint Damien, Sainte Mère Térésa ont été admirés par une multitude d’hommes et de femmes qui n’étaient pas chrétiens. Leurs engagements n’ont laissé personne indifférent !

Citons à présent un extrait de l’Encyclique Evangelium Vitae de Jean-Paul II du 25 mars 1995

  1. L’avortement et l’euthanasie sont des crimes qu’aucune loi humaine ne peut prétendre légitimer. Des lois de cette nature, non seulement ne créent aucune obligation pour la conscience, mais elles entraînent une obligation grave et précise de s’y opposer par l’objection de conscience. Dès les origines de l’Eglise, la prédication apostolique a enseigné aux chrétiens le devoir d’obéir aux pouvoirs publics légitimement constitués, mais elle a donné en même temps le ferme avertissement qu’«il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes» (Ac 5, 29). Dans l’Ancien Testament déjà, précisément au sujet des menaces contre la vie, nous trouvons un exemple significatif de résistance à un ordre injuste de l’autorité. Les sages-femmes des Hébreux s’opposèrent au pharaon, qui avait ordonné de faire mourir tout nouveau-né de sexe masculin: «Elles ne firent pas ce que leur avait dit le roi d’Egypte et laissèrent vivre les garçons » (Ex 1, 17). Mais il faut bien voir le motif profond de leur comportement: « Les sages-femmes craignirent Dieu » (ibid.). Il n’y a que l’obéissance à Dieu — auquel seul est due la crainte qui constitue la reconnaissance de son absolue souveraineté — pour faire naître la force et le courage de résister aux lois injustes des hommes. Ce sont la force et le courage de ceux qui sont prêts même à aller en prison ou à être tués par l’épée, dans la certitude que cela « fonde l’endurance et la confiance des saints » (Ap 13, 10).

Dans le cas d’une loi intrinsèquement injuste, comme celle qui admet l’avortement ou l’euthanasie, il n’est donc jamais licite de s’y conformer, « ni … participer à une campagne d’opinion en faveur d’une telle loi, ni … donner à celle-ci son suffrage ».

Un problème de conscience particulier pourrait se poser dans les cas où un vote parlementaire se révélerait déterminant pour favoriser une loi plus restrictive, c’est-à-dire destinée à restreindre le nombre des avortements autorisés, pour remplacer une loi plus permissive déjà en vigueur ou mise aux voix. De tels cas ne sont pas rares. En effet, on observe le fait que, tandis que dans certaines régions du monde les campagnes se poursuivent pour introduire des lois favorables à l’avortement, soutenues bien souvent par de puissantes organisations internationales, dans d’autres pays au contraire — notamment dans ceux qui ont déjà fait l’expérience amère de telles législations permissives — se manifestent les signes d’une nouvelle réflexion. Dans le cas ici supposé, il est évident que, lorsqu’il ne serait pas possible d’éviter ou d’abroger complètement une loi permettant l’avortement, un parlementaire, dont l’opposition personnelle absolue à l’avortement serait manifeste et connue de tous, pourrait licitement apporter son soutien à des propositions destinées à limiter les préjudices d’une telle loi et à en diminuer ainsi les effets négatifs sur le plan de la culture et de la moralité publique. Agissant ainsi, en effet, on n’apporte pas une collaboration illicite à une loi inique; on accomplit plutôt une tentative légitime, qui est un devoir, d’en limiter les aspects injustes ». Ce texte de Saint Jean-Paul II est particulièrement éclairant et apaisant.

Le roi Baudoin est un exemple pour les chrétiens engagés en politique. Au moment où la loi libéralisant l’avortement a été votée en Belgique, il a démissionné pour ne pas se compromettre avec cette loi en contradiction avec la Loi naturelle. Les hommes politiques belges et le peuple belge ne lui en ont pas voulu. Il a été ensuite réintégré dans sa fonction de roi ! Son geste courageux n’a pas été celui de Pilate, qui a livré Jésus en se lavant les mains, comme s’il n’était pas responsable de la condamnation à mort injuste de Notre-Seigneur ! Le roi Baudoin a mis en application la conclusion du texte du Site du diocèse de Toulon : S’il montre qu’il est capable de s’atteler à la matière politique, il sera écouté ! Que ce roi exemplaire aide ceux qui, parmi vous, ont les compétences pour se lancer en politique : qu’ils n’aient pas peur de s’engager, mais en imitant Saint Thomas More et le roi Bauduin !

Jean-Paul II écrivait encore dans Evangelium vitae : 74. il faut rappeler les principes généraux sur la coopération à des actions mauvaises. Les chrétiens, de même que tous les hommes de bonne volonté, sont appelés, en vertu d’un grave devoir de conscience, à ne pas apporter leur collaboration formelle aux pratiques qui, bien qu’admises par la législation civile, sont en opposition avec la Loi de Dieu. En effet, du point de vue moral, il n’est jamais licite de coopérer formellement au mal. Cette coopération a lieu lorsque l’action accomplie, ou bien de par sa nature, ou bien de par la qualification qu’elle prend dans un contexte concret, se caractérise comme une participation directe à un acte contre la vie humaine innocente ou comme l’assentiment donné à l’intention immorale de l’agent principal. Cette coopération ne peut jamais être justifiée en invoquant le respect de la liberté d’autrui, ni en prenant appui sur le fait que la loi civile la prévoit et la requiert: pour les actes que chacun accomplit personnellement, il existe, en effet, une responsabilité morale à laquelle personne ne peut jamais se soustraire et sur laquelle chacun sera jugé par Dieu lui-même. Refuser de participer à la perpétration d’une injustice est non seulement un devoir moral, mais aussi un droit humain élémentaire. Ce qu’écrit ici Saint Jean-Paul II concerne davantage les médecins et le personnel soignant. Rappelons encore le courageux témoignage du grand Professeur Jérôme Lejeune. Il ne s’est jamais compromis avec le mal ! Il est vraiment allé à contre-courant.

Il nous semble important, pour votre engagement politique, de préciser en quelles circonstances on peut tolérer le moindre mal :

Paul VI, dans « Humanae Vitae« , au numéro 14, a explicitement abordé la question du moindre mal : « En vérité, s’il est parfois licite de tolérer un moindre mal moral afin d’éviter un mal plus grand ou de promouvoir un bien plus grand, il n’est pas permis, même pour de très graves raisons, de faire le mal afin qu’il en résulte un bien (cf. Rm 3, 8), c’est-à-dire de prendre comme objet d’un acte positif de la volonté ce qui est intrinsèquement un désordre et par conséquent une chose indigne de la personne humaine, même avec l’intention de sauvegarder ou de promouvoir des biens individuels, familiaux ou sociaux« . Le contexte de l’Encyclique montre clairement la pensée de Paul VI : les époux ne peuvent pas librement choisir le soi-disant moindre mal que serait la contraception. Des époux, par contre, peuvent tolérer les désordres de leur conjoint, tout en leur manifestant, cependant, qu’ils ne les approuvent pas et n’y collaborent que par contrainte morale.

Le Magistère s’est encore prononcé sur le moindre mal dans l’Instruction « Donum vitae« , en 1987. Un Etat n’a pas le droit de faire un moindre mal, en votant des lois contraires à la Loi naturelle. Il ne peut que tolérer ce qu’il ne peut interdire. Il est très important, pour l’engagement politique, de bien comprendre la distinction entre « faire » un moindre mal et « tolérer » un moindre mal. Le responsable politique tolère ce que l’on appelle « les maisons closes », il ne les construit pas ! Le responsable politique tolère la prostitution, mais il ne peut pas faire une loi qui reconnaîtrait la prostitution comme un métier légal ! Nous avons énergiquement demandé, lors de la dernière Fête de Notre-Dame des Neiges à Saint-Pierre-de-Colombier : Quel homme politique courageux s’attaquera-t-il enfin au fléau de la pornographie qui tue de nombreuses âmes ? Pour nous, aucun homme politique ne devrait tolérer la pornographie, car il ne s’agit pas d’un moindre mal mais d’un mal absolu qu’il faut absolument proscrire du fait des dégâts quasi irréparables dans l’âme de ceux qui ont été abîmés !

 

L’expérience de l’Afrique sur la difficulté de l’engagement des catholiques en politique peut également nous éclairer. Voici ce que Zénith écrivait le 12 octobre 2009 : « Souvent écartelés entre la foi chrétienne et une option politique », les catholiques engagés en politique « finissent par avoir des comportements et des attitudes nuisibles », ont regretté des évêques africains, lors de l’assemblée synodale pour l’Afrique. « Les catholiques en général ont une faiblesse qui est de ne pas s’engager de manière active et positive en politique ». « Parfois, lorsqu’ils s’engagent activement en politique, ils deviennent des agents de destruction comme nous en avons été témoins récemment dans mon propre pays, le Zimbabwe », a affirmé Mgr Robert Christopher Ndlovu, archevêque d’Harare et président de la Conférence épiscopale (Zimbabwe). 

Un sentiment ressenti aussi par Mgr Lucio Andrice Muandula, évêque de Xai-Xai et président de la Conférence épiscopale (Mozambique) qui affirme que « les fidèles laïcs engagés activement dans la vie politique de nos pays finissent par avoir des comportements et des attitudes nuisibles concernant les principes fondamentaux de la foi et de la morale chrétiennes ». Selon lui, « dans la vie quotidienne, les fidèles laïcs sont souvent écartelés entre la foi chrétienne et une option politique, comme si la foi chrétienne et l’activité politique étaient deux réalités incompatibles a priori ». Lors de la 10e Congrégation générale, samedi 10 octobre, il a invité les membres du synode à « examiner avec attention les raisons profondes d’une telle dichotomie, afin de permettre qu’à l’avenir, les fidèles puissent vivre sereinement leur vocation chrétienne sans devoir nécessairement renoncer à une participation active à la vie politique ».  Le prélat a évoqué la « grande solitude » des catholiques engagés dans l’activité politique en Afrique et « un certain abandon de la part de la hiérarchie de leurs Églises particulières ». « N’étant pas suffisamment assistés et encouragés par leurs pasteurs et devant œuvrer dans un monde rempli d’intrigues et d’ambitions sans fin, ils finissent par se perdre, causant parfois des dommages irréparables à l’Église dont ils sont les fils ». « Bien que certains d’entre eux se soient formés dans nos universités catholiques et soient des chrétiens (qui se mettent) au premier rang lors des messes dominicales dans nos cathédrales, il n’est pas rare que nous les voyions impliqués dans l’approbation de lois contraires à la foi catholique, comme dans le cas de la libéralisation de l’avortement », a-t-il dénoncé. « Malheureusement, ils vivent la foi chrétienne comme quelque chose qui est sans rapport avec la vie quotidienne et l’activité sociale à travers laquelle ils doivent contribuer à la construction du bien commun ». Cette expérience de l’Afrique vaut aussi pour l’Europe et la France. On trouve des hommes politiques français, chrétiens et franc-maçons. L’Eglise a pourtant été claire : on ne peut pas être chrétien et franc-maçon !

 

            Concluons par le témoignage de Saint Louis, roi de France, qui devrait être le modèle de tous les chrétiens engagés en politique :

LOUIS IX est né le 25 avril 1215. Il est le fils du roi Louis VIII, dit le Lion (à cause de sa vaillance au combat) et de la reine Blanche de Castille. La reine Blanche l’élèvera grandement et d’une façon très sainte. Elle était si vraie chrétienne que si elle avait vu son fils malade à mort et qu’il n’eût pu être guéri qu’en tombant dans le péché mortel, elle l’aurait laissé mourir. Louis aimait à s’appeler Louis de Poissy, lieu où il avait été baptisé, pour marquer que son titre de chrétien était son plus glorieux titre de noblesse. Il n’a que douze ans lorsque son père meurt, et il lui faudra batailler contre les grands vassaux pour imposer son pouvoir. Louis apprend dès lors que la première chose, c’est d’être sur le champ prêt à faire face à tout ; s’assurer sur Dieu et ne jamais craindre la face de l’homme. Mais dès les premiers jours de son règne, le peuple français est avec lui. Tant qu’il put, il choisit de faire la paix, et il fut l’homme, dit Joinville, qui travailla le plus pour elle. Méprisant les délices du monde, il ne chercha à plaire qu’à Jésus-Christ. De plus il se fait aimer par son grand amour de la justice. En effet, on le verra toujours sous le chêne de Vincennes, laissant approcher tous ceux qui lui demandaient de leur faire droit. Il est le roi : pasteur du peuple et père. De même que le père a un pouvoir sanctificateur à exercer dans la famille, lui, le roi, en a un à exercer dans le royaume. Le suzerain se doit de former les cœurs de ses gens. Il s’attacha surtout à former ses propres enfants. Le soir, il se les faisait amener dans sa chambre, et il leur enseignait à réciter le petit office de Notre Dame. Il les accoutumait à la pénitence (le vendredi, il ne souffrait pas de leur voir aucun ornement sur la tête, parce qu’en ce jour Notre Seigneur a été couronné d’épines). Il ne s’est pas séparé de leur formation sur leurs gouverneurs ; il a voulu les porter lui-même au mépris des plaisirs, à l’amour de Jésus. Ce fut la grande manière du royaume. La formation familiale n’y a-t-elle pas pris plus d’importance qu’en aucun autre pays de la terre ? Le roi Louis eut cinq garçons et cinq filles et il les aima chèrement, comme il aima sa femme, la reine Marguerite de Provence. Assidu aux offices de l’Eglise, il les faisait célébrer solennellement dans son palais où il entendait quotidiennement deux messes. A minuit, il se réveillait pour les Matines et commençait par l’office de Prime sa royale journée. Il portait ordinairement un cilice de crin sous sa belle robe fleurdelisée, et quand il le quittait, il donnait quarante écus d’aumône. Le vendredi de chaque semaine, il jeûnait, se donnait la discipline avec de petites chaînes de fer et servait les pauvres de ses propres mains. Mais sa piété, comme certains le lui reprochait, ne l’empêcha jamais de donner la plus grande partie de son temps aux affaires de son royaume. (nd-chretiente.com)

MEDITATION SUR SAINT LOUIS, LE ROI TRES CHRETIEN Saint Louis a été véritablement roi, puisqu’il a su commander à ses passions, assujettir son corps à la raison, et sa raison à Dieu. Jeûner, porter le cilice, mener au milieu de la cour royale une vie aussi pure et aussi sainte que celle d’un solitaire, n’est-ce pas être le maître de soi-même ? « Qu’y-a-il de plus royal qu’une âme soumise à Dieu et maîtresse de son corps ? » (St Léon le Grand). Saint Louis a été le père de son peuple. Il aimait tout le monde, jusqu’à ses ennemis ; il ne pouvait souffrir les détracteurs ; il jugeait lui-même les procès des pauvres, et il n’avait rien tant à cœur que de travailler à la sanctification de ses sujets. Il faut être serviteur de Dieu pour être un bon roi. La piété de Saint Louis, l’honneur qu’il rendait aux saintes reliques, le zèle qu’il avait pour la conversion des barbares, la générosité chrétienne et héroïque qu’il fit paraître en combattant contre les ennemis de Jésus-Christ montrent qu’il oubliait son titre de roi pour ne se souvenir que de celui de serviteur de Dieu. La seule gloire qui survit au tombeau est celle d’avoir bien servi le Seigneur. « Servir Dieu, c’est régner ». « Saint Louis fit alliance avec le Seigneur, gardant ses commandements, les faisant observer par tous. Dieu pour but, la Foi pour guide : c’est tout le secret de sa politique comme de sa sainteté. Comme chrétien, serviteur du Christ ; comme prince, son lieutenant : entre les aspirations du chrétien et celles du prince, son âme ne fut pas divisée ; cette unité fut sa force, comme elle est aujourd’hui sa gloire ». Dom Prosper Guérenger, Abbé de Solesmes « Saint Louis fut le roi le plus saint et le plus juste qui ait jamais porté la couronne » Bossuet

            Conclusion : n’oublions pas ce que nous disions dans notre introduction : « la France a une culture chrétienne qu’aucun historien ne peut nier. Notre Nation ne s’appelle “France” qu’à partir du baptême de Clovis. Peu à peu la France est devenue une grande Nation. Nous ne voulons pas rester inactifs devant la déconstruction de la France à laquelle nous assistons depuis quelques années. Nous respectons la distinction du temporel et du spirituel et la laïcité de l’Etat français, mais nous affirmons à nouveau : la France est chrétienne. Nous ne partageons pas la conclusion du journaliste cité en introduction : la France dont nous avons parlé au cours de cette récollection – et dont Philippe de Villiers est le chantre cultivé et passionné – n’est pas coupée de ses racines, étant donné que ses racines sont chrétiennes ! C’est la France que l’on voudrait aujourd’hui nous imposer, la France multiculturelle, sans racines chrétiennes, qui est coupée de ses racines. Parler de la France, Fille aînée de l’Eglise, comme Jean-Paul II et Benoît XVI en ont parlé, n’est en rien mensonger. Ce qui est mensonger, par contre, c’est de vouloir laisser croire que notre France est un carrefour des cultures… Faisons le tour de toutes nos villes et de tous nos villages. Que constatons-nous? Partout des églises, des cathédrales, des basiliques parsèment le sol français. Dialoguons avec ceux qui ne veulent pas entendre parler de France, Fille aînée de l’Eglise, et d’Europe aux racines chrétiennes et faisons-leur découvrir la vérité historique. N’ayons pas peur, imitons les Saints ! L’enjeu des prochaines élections est particulièrement grave : la France, Fille aînée de l’Eglise, que le gouvernement de Mr Hollande a contribué à déconstruire davantage, n’est pas encore morte. L’heure n’est pas encore venue de sonner le glas, dirait Philippe de Villiers, mais nos cloches doivent sonner le tocsin, car nous devons nous réveiller pour reconstruire la France, sa culture et ses valeurs. Alors, en avant pour sauver la France ! Aimons la France, ranimons son âme, désirons ardemment qu’elle remplisse sa mission, mission que Dieu lui donne : être éducatrice des peuples du fait de son alliance avec la Sagesse éternelle !

            Réponse à une question : il m’a été demandé les raisons pour lesquelles je n’avais pas cité le texte du Conseil permanent de la CEF : « dans un monde qui change retrouver le sens du politique ». C’est vrai, je n’ai pas cité ce texte, mais ce n’est pas parce que je n’ai pas voulu le citer, mais tout simplement parce que je n’y ai pas pensé en préparant les causeries. Je ne peux qu’en conclusion vous inviter à lire ce texte du Conseil permanent de la CEF qui nous invite à prendre part à l’action politique en notre pays. Il me semble que c’est bien ce que nous avons voulu particulièrement souligner dans nos causeries. « Si nous parlons aujourd’hui, disent les évêques français, membres de ce Conseil permanent, c’est parce que nous aimons notre pays et nous sommes préoccupés par sa situation ». Les évêques du Conseil permanent de la CEF prennent la parole, est-il écrit sur la couverture de ce texte, parce que les catholiques, citoyens à part entière au milieu de leurs contemporains, ne peuvent se désintéresser de ce qui touche à la vie en société, à la dignité et à l’avenir de l’homme. Ils s’adressent à tous les habitants de notre pays parce qu’il est fragilisé. Et que c’est ensemble que nous pourrons nous atteler à le refonder.

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