Ce n’est donc pas assez que tu nous aies chassés des rivages de l’Afrique ?

20 avril 2017 : Saint Marcellin d’Embrun[1] (Fr. Jean)

Saint Marcellin est né en Afrique à la fin du troisième siècle. Sollicité par l’Esprit de Dieu pour porter l’Evangile dans les Gaules, il s’embarqua avec deux autres pour Rome. Nous sommes sous le pontificat d’Eusèbe et l’empire de Dioclétien. Le Pape approuva le dessein de ces généreux prédicateurs, et les adressa, pour être guidés, à Eusèbe, évêque de Verceil, qui, par un esprit prophétique, leur annonça d’avance tout ce qu’ils auraient à souffrir, et les exhorta fortement à s’acquitter avec courage de leur pénible mission.

Ils la commencèrent tout de suite, jetant, sur leur passage, la semence de la foi divine. Ayant franchi les Alpes, ils arrivèrent à Embrun ; l’état de cette chrétienté était alors déplorable, il n’y restait presque plus rien des principes de la vraie religion établis par les saints Nazaire et Celse. Saint Marcellin commença par élever un oratoire près de la ville, et c’est là qu’ils se préparèrent à leur mission. Dieu donna à la parole de ces prédicateurs tant de force que le nombre des fidèles croissait chaque jour. Saint Eusèbe imposa les mains à Marcellin, malgré ses résistances, et l’établit évêque d’Embrun. Se trouvant ainsi renfermé dans les bornes d’un diocèse, et désirant néanmoins évangéliser les pays d’alentour, Marcellin envoya, à cet effet, Vincent et Domnin, ses deux compagnons, dans la ville de Digne.

Saint Marcellin, avec la grâce du Saint Esprit, par son zèle et ses nombreux miracles, convertit tout la ville d’Embrun. On dit qu’il n’y restait plus qu’un seul idolâtre d’un rang distingué mais qui finit lui aussi par ce convertir. Sa foi, sa sainteté, son abnégation, son dévouement pour les autres, des prodiges opérés en mille rencontres, firent bénir et vénérer son nom dans toutes ces contrées.

Ces consolations que le saint Prélat put goûter au milieu de son peuple, docile à la voix de la grâce, furent douloureusement troublées par les luttes violentes dans lesquelles l’arianisme poussa l’Orient, l’Italie, les Gaules et même les Alpes. Combats sacrés qui eurent aussi leurs victimes ou plutôt leurs martyrs.

A l’occasion des divers conciles qui furent tenus en ces tristes circonstances, Marcellin se permit une démarche qui rend témoignage de son zèle et de sa prudence, et qui fit beaucoup d’honneur à son Eglise. Il envoya des courriers vers les défenseurs de la vraie foi pour les prémunir contre les nouvelles doctrines qui risqueraient de les séduire. L’empereur eut connaissance de cette démarche et voulut l’en punir. Un jour que le saint Confesseur, ne soupçonnant rien, était occupé sur la place publique, des émissaires de l’empereur se présentèrent pour l’arrêter. L’un d’eux le reconnut, et levant le bras, pour le fouetter au visage fut terrassé avant d’avoir pu consommer son geste. Cet homme, au fond possédé, répliqua : «  Ô Marcellin, ce n’est donc pas assez que tu nous aies chassés des rivages de l’Afrique ? Faut-il encore que tu viennes troubler notre repos dans les Gaules ? »

Saint Marcellin mourut en 374 après avoir éclairé de la lumière de la foi la plus grande partie du sud des Alpes. Ses miracles ne finirent pas avec sa vie et de nombreux pèlerins vinrent le prier.

En nous tournant vers Saint Marcellin en cette octave de Pâques, nous lui demandons de revenir évangéliser notre nouvelle Gaule, la France afin que les non-baptisés découvrent la beauté de la foi et que les baptisés restent fidèles à l’enseignement transmis par les apôtres et qui nous est parvenu par Saint Marcellin.

[1] Cf. http://hodiemecum.hautetfort.com/archive/2009/04/20/20-avril-saint-marcellin-eveque-d-embrun-374.html

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