Le fondement de la religion chrétienne n’est pas une idéologie ou une philosophie…

Homélie de la Vigile pascale 2017 : Jésus est ressuscité ! (P. Bernard)

Bien chers amis, nous venons d’entendre des passages importants de l’Ecriture Sainte qui nous ont fait revivre l’Histoire du Salut dont l’accomplissement est le mystère pascal : la mort rédemptrice et la résurrection de Jésus. Le fondement de la religion chrétienne n’est pas une idéologie ou une philosophie, mais des évènements : des rencontres entre Dieu et l’humanité, depuis le début de l’humanité et tout au long de l’histoire de l’humanité. En cette nuit, nous vivons l’Histoire du Salut ! Remercions Dieu, qui ne s’est jamais fatigué de pardonner aux hommes pécheurs en toutes les étapes de cette Histoire du Salut, qui est l’histoire de l’humanité pécheresse et de Dieu Amour, Miséricorde, Vérité, Justice et Paix ! Comment les Pères de l’Eglise ont-ils médité l’Ecriture Sainte qui nous transmet l’Histoire du Salut ? Ils ont imité Jésus ressuscité, qui a expliqué à ses disciples que tout ce qui le concernait avait été annoncé par les prophètes. Ils ont parlé des 4 sens de l’Ecriture : littéral, spirituel, moral et eschatologique. Le sens littéral concerne les personnes concrètes dont parle la Bible. Le sens spirituel l’accomplissement dans le Christ. Le sens moral est l’actualisation de l’Ecriture dans la vie de chacun de nous et le sens eschatologique concerne le sens plénier de sa réalisation dans le Royaume de Dieu. Prenons deux exemples : le passage de la mer rouge : le sens littéral est clair : les armées de pharaon ont été englouties dans les flots alors que le Peuple de Dieu a pu traverser la mer par le grand miracle accompli par Dieu. Le sens spirituel concerne le baptême institué par Jésus : les eaux du baptême donnent la vie éternelle aux baptisés en les purifiant et en les délivrant de l’esclavage des démons. Le sens moral : nous allons le revivre devant les fonts baptismaux : par le baptême je suis devenu enfant de Dieu, frère de Jésus, libre de la vraie liberté spirituelle. Le sens eschatologique : il faudra attendre, cependant, la fin des temps et la vie dans le Royaume pour que le Mal n’ait absolument plus d’emprise sur nous et que les démons ne puissent plus nous nuire. Autre exemple : l’agneau pascal. Le sens littéral est là aussi clair : il s’agit de l’agneau pascal concret qui devait, chaque année, être immolé en mémoire de la sortie miraculeuse d’Egypte. Le sens spirituel : Jésus est le véritable Agneau pascal. Le sang d’un animal, en effet, ne pouvait pas nous racheter. Seul le Sang de Jésus, le Véritable Agneau pascal le peut. Le sens moral : ce soir, chacun pourra accueillir dans cette communion pascale celui que le prêtre présentera ainsi : « Heureux les invités au festin des noces de l’Agneau. Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde ». Le sens eschatologique est donné dans le livre de l’Apocalypse : Au Ciel, l’Agneau pascal est adoré solennellement par les anges et les saints ! On pourrait donner bien d’autres exemples : Adam et Eve sont des personnages concrets, nos premiers parents. Le nouvel Adam et la nouvelle Eve, Jésus et Marie, sont l’Homme parfait et la Femme parfaite ! Le sens moral : nous sommes les descendants du premier Adam et de la première Eve, nous devons devenir à l’image du nouvel Adam et de la nouvelle Eve : nous sommes, tous, appelés à la sainteté ! Comme vous pouvez le constater, les Pères n’ont pas créé une interprétation arbitraire de l’Ecriture Sainte, mais ils ont été fidèles à la Vérité révélée. Ils croyaient en l’Histoire du Salut, en l’historicité des évènements rapportés dans la Bible et la Tradition. Dieu est vraiment entré en relation avec Adam et d’Eve, Noé, Abraham, Jacob devenu Israël, Moïse, David et tous les prophètes. Jésus est l’accomplissement d’Israël, l’accomplissement de toutes les prophéties. En cette Sainte Nuit, renouvelons notre foi et notre espérance dont la Résurrection de Jésus est le sûr et solide fondement. Les apôtres ont du mal à croire. Ils ont eu besoin de preuves. Ces preuves les ont convaincus. Ils sont devenus les témoins de Jésus ressuscité et les serviteurs de la Parole de Dieu. A notre tour, soyons, même si nous ne voyons pas de nos yeux le Corps ressuscité de Jésus, les témoins de la Résurrection de Jésus. Benoît XVI parlait du plus grand saut dans l’histoire de l’humanité que représente la Résurrection de Jésus. Ce saut fait passer l’humanité dans l’étape décisive de son histoire : le corps humain qui, selon la Genèse, vient de la terre devient un corps spirituel. L’humanité, dans le Christ ressuscité, est divinisée. En cette vigile pascale est confirmée l’intuition des Pères orientaux : Dieu s’est fait homme pour que l’homme devienne Dieu ! Réjouissons-nous profondément et, en renouvelant les promesses de notre baptême dans quelques instants, redisons avec détermination notre renonciation au péché, au Mal et à Satan et notre Foi en Jésus et en Son Eglise. Remercions également la Vierge Marie, notre Mère. En ce Samedi Saint, nous avons mieux découvert son héroïcité dans sa collaboration à la Rédemption accomplie par Son Fils. Son Cœur Immaculé a été transpercé par le glaive de douleur. Le Cœur maternel de la Vierge Marie est un Cœur débordant d’amour maternel, un Cœur capable d’accueillir tous les sauvés. Jésus ressuscité nous demande à chacun, ce soir, de l’accueillir avec un cœur d’enfant : « voici Ta Mère. Aime-la toujours davantage et avec elle aime l’Eglise et donne-toi pour elle afin que, par son visage de pureté et de sainteté, Je puisse éclairer toutes les Nations et les conduire à la Vérité, à la Justice, à la Paix dans l’Amour ». Oui, avec tous les Anges et les Saints dont nous allons dévoiler les statues, en avant pour une vie chrétienne renouvelée dans le désir de la sainteté

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