Même l’ami qui avait ma confiance m’a frappé du talon…

Mardi Saint – Saint Stanislas, Sainte Gemma (Fr Xavier)

Lundi, mardi, mercredi et vendredi, la liturgie nous donne à méditer les cantiques du serviteur donnés par Isaïe. Qui est ce serviteur ? Israël se l’est demandé et continue à se le demander… Nous, les chrétiens, nous avons compris que ce serviteur annoncé 700 ans avant Jésus-Christ est précisément Jésus-Christ. Il n’y a pas de doute possible. Comme dans le cantique d’hier, il est dit aujourd’hui que ce serviteur doit être la lumière des Nations. C’est ce qu’avait aussi annoncé le vieillard Siméon : Lumière pour éclairer les nations et gloire d’Israël ton peuple car nous dit le cantique de ce jour : il relèvera les tribus de Jacob et ramènera les rescapés d’Israël.

Dans la Bible, Dieu s’est choisi des hommes serviteurs de Dieu ; mais aucun n’a pu l’être totalement comme Dieu le voulait. Il s’est choisi aussi un peuple qu’il a éduqué pour le servir ; Israël a été, en fait, un serviteur infidèle, sourd, paresseux, aveugle ! Aussi Dieu s’est tourné vers son Fils pour qu’il expie ce refus de servir qu’est le péché et pour unir tous les hommes dans le même service de Dieu.

Dieu ne ménage pas son serviteur. Il lui demande beaucoup, au point que ce serviteur a pu éprouver des sentiments d’abandon et de découragement : Je me suis fatigué pour rien, c’est en pure perte que j’ai usé mes forces. Mais Dieu, malgré les apparences contraires, restera toujours auprès de son serviteur ; c’est pourquoi, ce serviteur peut s’écrier dans le cantique : « mon droit subsistait aux yeux du Seigneur, ma récompense auprès de mon Dieu ». Contemplons Jésus qui fait sienne la mission du Serviteur ; il est au milieu des disciples comme celui qui sert (Lc 22, 27) et il va jusqu’au bout des exigences de l’amour qui inspire ce service en donnant sa vie pour la rédemption de la multitude des pécheurs. A la suite de Jésus apprenons à être serviteur, et ne soyons pas étonnés que Dieu ne ménage pas son serviteur. Ce n’est pas une marque de rejet mais c’est une marque d’une totale confiance. Il combat avec lui, il est proche de lui. (Cf. Psaume 109 : « Oracle du Seigneur à mon seigneur : « Siège à ma droite, et je ferai de tes ennemis le marchepied de ton trône. » De Sion, le Seigneur te présente le sceptre de ta force : « Domine jusqu’au cœur de l’ennemi. »).

Maintenant, tournons-nous vers la terrible annonce par Jésus de la trahison de Judas. La trahison de Judas résulte tout simplement de son refus d’être l’humble serviteur de son maître Jésus. Hier, nous avons vu que Judas n’est que dans un logique de pouvoir, de l’avoir et de l’égoïsme. Il ne comprend pas l’amour. Il ne comprend pas que l’amour fait faire des folies d’amour comme celle de Marie-Magdeleine qui a répandu un riche parfum sur Jésus. Il juge et il juge encore et il juge de plus en plus. Il n’a pas veillé sur ses sentiments, sur son cœur. Il est dit dans l’évangile que Judas sort. Il fait nuit. Benoît XVI commentait en disant qu’il entre dans la nuit, il quitte la lumière pour aller vers l’obscurité ; le pouvoir des ténèbres l’a saisi. Réfléchissons à tout cela, veillons sur notre cœur, écartons-nous de l’orgueil de Jugement ; il est parfois tellement subtil qu’il nous fait juger sous couvert de bien !

Après l’annonce de la trahison de Judas, Jésus essaye de faire entrer les apôtres et les disciples dans la logique de la Croix. Il parle de sa glorification, mais cette glorification n’est pas à la manière des hommes. C’est sur le trône de la croix qu’il sera glorifié et qu’il régnera. Sur la croix Jésus sent tout le poids du mal et avec la force de l’amour de Dieu il le vainc, le défait dans sa résurrection. C’est le bien que Jésus fait à nous tous sur le trône de la Croix. Mais là encore les disciples ne comprennent pas. Saint Pierre le montre parfaitement. Il est dans une logique purement humaine. Combien Jésus pouvait se sentir incompris et souffrir d’une grande solitude. Ne le laissons pas seul. Que Mère Marie-Augusta dont nous nous rappelons aujourd’hui le jour de sa Pâques  nous apprenne à ne pas le laisser seul.

Nous faisons aussi en ce jour la commémoraison de deux grands saints :

  • Saint Stanislas, évêque de Cracovie et martyr. Au milieu des troubles de son temps, il fut un défenseur sans relâche de la civilisation et des mœurs chrétiennes, il gouverna son Église en bon pasteur, vint en aide aux pauvres, visita chaque année son clergé, enfin, en 1079, il fut assassiné, alors qu’il célébrait les saints mystères, par le roi Boleslas, à qui il avait reproché sa conduite scandaleuse.
  • Sainte Gemma Galgani, une laïque italienne (✝1903). Jeune chrétienne morte à vingt-cinq ans; elle fut favorisée, chaque vendredi, pendant les dix-huit derniers mois de sa vie, des stigmates de la Passion. Toute sa vie, Sainte Gemma servit humblement le Seigneur, attachée au mystère de la croix. Guidée par les pères passionistes, elle connut de lourdes épreuves et fit preuve d’une admirable patience jusqu’à sa mort le Samedi Saint 1903. Pie XI, le 14 mai 1933, la déclara bienheureuse. Elle fut canonisée par Pie XII le 2 mai 1940.

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