Vis, mon fils, de telle manière à devenir un saint !

Vendredi 19 mai 2017 : Saint Yves (Fr. Joseph)

Saint Yves, prêtre et juge en Bretagne (✝ 1303)

Il était le fils d’un chevalier breton. Orphelin très jeune, il est élevé par sa mère, une femme très pieuse qui aimait répéter à son fils: « Vis mon fils de telle manière à devenir un saint » !

Très doué, il va à l’Université de Paris puis à Orléans et il étudie les arts, c’est-à-dire les lettres, ainsi que la théologie et le droit.

C’est l’époque où l’Eglise, par son droit influe beaucoup sur le droit civil en adoucissant les coutumes d’origines barbares et féodales. Aussi beaucoup préfèrent s’adresser aux tribunaux ecclésiastiques. Il faut donc de nouveaux juges bien instruits. Yves est appelé par l’Évêque à prendre la charge d’Official (juge ecclésiastique) dans son pays natal. Il est aussi nommé curé d’une puis de deux paroisses voisines.

L’ami et la Providence des pauvres

Ayant eu, avec des moines franciscains, de longues discussions sur la perfection et la pauvreté, il se décide à partager ses ressources avec les pauvres. Dès sa nomination comme official et curé, il vend le cheval que lui avait offert l’Evêque et donne l’argent aux pauvres. Il nourrit aussi les pauvres : une fois il fait donner le peu de pain qui restait au presbytère à des pauvres, on en coupa assez pour que tout le monde en ait à sa faim. Au grand étonnement du vicaire qui s’était fait mettre de côté un morceau pour lui. Quant aux pauvres habits que parfois il faisait faire, le jour où l’on les lui apportait ne finissait pas toujours avant qu’un malheureux ne se les voit offrir.

Il recueillit pendant 11 ans dans sa propre maison toute une famille de pauvres (les parents avec leurs 4 enfants) pourvoyant à leur nourriture et à leur habillement.

Le pasteur

Saint Yves a été un modèle de prêtre avant d’être un modèle d’avocat et de juge. Il est fidèle à une vie de prière centrée sur l’Eucharistie et l’étude de l’Écriture Sainte.

Prédicateur infatigable, il parcourt les campagnes, toujours à pied, jamais à cheval ; il bouleverse les foules par le feu de sa parole et le rayonnement de sa vie. Il s’ensuit de nombreuses transformations et conversions.

L’avocat

Comme avocat, Saint Yves étonnait tout le monde par son désintéressement : « advocatus erat, sed non latro, res mirabilis populo » Cette exclamation en latin a traversé les siècles, elle veut dire : « Il était avocat, mais pas voleur, chose admirable pour le peuple ».

Il acceptait de plaider sans honoraires pour les pauvres et demandait aux auxiliaires de justice, notaires ou greffiers, de réduire leurs frais. Il garde, sous les attaques parfois acerbes de ses collègues d’en face, une joyeuse égalité d’humeur. Aujourd’hui Saint Yves est le saint patron des avocats. Comme juge, il assume ses fonctions dans un esprit de conciliation et de justice. Les statues le montrent souvent habillé en juge, entre le riche et le pauvre, tenant la balance égale entre les deux.

Grande fécondité

A sa mort, le 19 mai 1303, son tombeau ne tarde pas à devenir un véritable centre de pèlerinage… Il n’est guère de paroisse en Bretagne où le culte de saint Yves ne soit rappelé par une statue ou un vitrail. Il fut canonisé le 19 mai 1347 par le pape Clément VI.

Son culte s’est largement répandu, en est témoin la célébration du VIe centenaire de sa canonisation par Clément VI, le 19 mai 1947. Plus de cent mille pèlerins de toutes nations, de nombreux prélats, des centaines de prêtres, des représentants officiels du gouvernement de plusieurs pays, les délégués des universités, des barreaux de plusieurs pays y ont participé !

 

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