Dans chaque épreuve, il y a une voie de sainteté !

15 Juin 2017 : Sainte  Germaine de Pibrac (Frère Xavier)

Un jour de décembre 1644, en ouvrant dans l’église de Pibrac la tombe de la famille Cousin, pour y enterrer une parente, on découvrit le corps d’une jeune fille parfaitement conservé. Son cou était marqué de cicatrices et sa main droite déformée. Quelques habitants reconnurent en cette jeune fille Germaine Cousin, handicapée d’une main, morte quelques quarante ans plus tôt.

Son père s’appelait Laurent Cousin. Venu s’établir à Pibrac près de Toulouse au milieu du XVIème siècle, il y fut maire en 1573-1574. Germaine est née en 1579.

Germaine Cousin n’avait rien qui puisse faire penser qu’un jour on parle d’elle. Devenue très vite orpheline de mère et son père s’étant remarié, elle est rejetée par sa marâtre qui la considère comme sa servante. Elle ne veut même pas que ses fils la fréquentent ! Maltraitée, on ne lui réservait pour dormir que la soupente de l’escalier de l’étable.

Germaine gardait les moutons en bordure de la forêt de Bouconne ; elle aimait participer à la messe matinale, était bonne pour les pauvres et savait parler de Dieu aux enfants des fermes voisines. Trois miracles dont on s’est finalement souvenu témoignent de la proximité de Germaine avec Dieu :

– Le miracle des fleurs : Germaine partageait régulièrement du pain noir avec les pauvres. Un jour, sa belle-mère vient la persécuter comme à son habitude, lui demandant ce qu’elle transporte dans son tablier. À la place du pain noir, elle voit des roses en sortir miraculeusement en plein hiver.

– Le miracle de la traversée du Courbet : Germaine franchissait chaque jour un cours d’eau pour aller retrouver à la messe Celui sans lequel elle n’aurait jamais pu mener aussi saintement cette existence marquée au fer rouge de l’épreuve. Un jour, grossi par d’abondantes pluies, le ruisseau est devenu un torrent fougueux. Germaine risque pourtant ce dangereux passage, les eaux s’ouvrent devant la bergère et elle traverse à pieds secs à l’aller et au retour.

– Le miracle de la quenouille. Pour aller à l’église, Germaine est obligée aussi de laisser ses moutons sans surveillance alors que les loups sont nombreux dans la forêt voisine. Elle plante alors sa quenouille et aussitôt les moutons viennent se ranger autour pour ne plus s’en éloigner tant que dure l’absence de leur maîtresse tandis que les loups sont de leur côté tenus à distance par une force invisible.

 Malgré ces miracles, sa sainteté resta cachée.

Épuisée par son mal (sans doute la tuberculose qui lui provoquait des abcès), les privations, les duretés, elle meurt en 1601, seule et sans bruit, sous l’escalier de la bergerie. Le monde l’oublia mais Dieu, ravi par la sainteté de son cœur, ne l’oublia pas !

L’Église a béatifié Germaine en 1854 et l’a déclarée sainte en 1867, reconnaissant qu’elle a su aimer Dieu et ceux qui vivaient auprès d’elle. Orpheline, malade, pauvre, maltraitée par ses proches, elle est la sainte de tous ceux qui souffrent et que la vie malmène d’une manière ou d’une autre. Depuis quatre siècles, le Seigneur n’a cessé d’accorder sa grâce à ceux qui invoquent la petite bergère de Pibrac. Son rayonnement s’étend au monde entier.

Sainte Germaine est un grand modèle d’humilité et d’Amour. Grâce à son union à son Bien-aimé, elle transfigurera ses épreuves ; elle incarne particulièrement les béatitudes : Bienheureux les doux, ils obtiendront la terre en héritage ; bienheureux les cœurs purs, ils verront Dieu ; bienheureux les persécutés pour la justice-sainteté, le Royaume des cieux est à eux.

La vie de sainte Germaine rappelle que Dieu voit la profondeur des cœurs et n’oublie jamais ceux qui ont vécu l’esprit d’enfance. Sainte Germaine nous appelle à grandir dans la foi et à nous désencombrer de nous-mêmes car dans chaque épreuve il y a une voie de sainteté et d’épanouissement. Merci Sainte Germaine, vous êtes si attachante !

 

Laissez un commentaire