Heureux les ermites, éloignés des tumultes du monde…

19 juin 2017 : Saint Romuald [1] (Fr. Jean)

La lecture du prophète Osée que nous avons entendu est un véritable écho de la vie de Saint Romuald. Dieu le conduisit au désert après sa vie d’errance où il se mit à connaître et faire connaître le Seigneur.

Saint Romuald naquit entre 951 et 956 dans la famille des ducs de Ravenne. Elevé, suivant les maximes du monde, dans la mollesse et le goût des plaisirs, il se laissa entraîner par la fougue de ses passions ; néanmoins, de temps en temps, il s’inquiétait de l’état de son âme et prenait la résolution d’être plus fidèle à Dieu. Il arrivait que, suivant à la chasse quelque bête, seul au milieu des bois, il se prit à prier : « Heureux, s’écriait-il, les anciens ermites qui choisissaient de telles retraites pour demeures ! Avec quelle tranquillité ils servaient Dieu, ainsi éloignés des tumultes du monde. » Son père Sergius, qui voulut terminer par un duel une discussion engagée avec un parent pour le partage d’un pré, exigea que Romuald fût son témoin. Le père ayant tué son adversaire, Romuald se considéra complice d’un homicide et s’en fut faire quarante jours de pénitence à l’abbaye bénédictine Saint Appolinaire de Classe. Là, totalement converti par l’exemple d’un frère convers, Romuald demanda l’habit religieux. Il fut un si bon moine que certains de ses confrères qui ne pouvaient supporter une telle perfection, résolurent de le tuer. Or l’un des conjurés prévint Romuald qui obtint de l’abbé de Classe la permission de quitter le monastère pour se réfugier près de Venise, chez l’ermite Marin. Vers 978, Marin et Romuald accompagnèrent en France Pierre Urséole, ancien doge de Venise, qui allait se faire moine à Saint-Michel de Cuxa. Dom Guérin, l’abbé du monastère, reçut aussi Romuald et le garda quelques temps sous sa direction, puis il lui permit de se retirer dans un ermitage où il passa trois ans dans la plus grande austérité et les terribles attaques du démon, attaque spirituelle et physique.

Romuald apprit que son père, qui s’était fait religieux, songeait à retourner dans le monde. Pour détourner son père de ce funeste projet, Romuald quitta Cuxa. Sergius fut convaincu par son fils et mourut moine, l’année suivante, en odeur de sainteté (995). Après la mort de son père, Romuald revint se mettre sous l’autorité de l’abbé de Classe qui lui permit de reprendre sa vie érémitique à Pont-de-Pierre. Un peu plus tard, rejoint par des disciples, il fonda un monastère en l’honneur de saint Michel archange, près de Bagno. Othon II qui séjournait à Ravenne et voulait réformer l’abbaye de Classe le fit élire abbé et l’y ramena de force. Romuald qui s’était, pendant deux ans, appliqué vainement à réformer son abbaye, alla déposer sa charge aux pieds de l’Empereur et de l’archevêque Gerbert de Ravenne (le futur pape Sylvestre II). Il rassembla des ermites qui vivaient ainsi à cause du relâchement que l’on pouvait constater dans certains monastères. Il fonda en 1012 l’ordre des Camaldules. Les moines camaldules allient la vie bénédictine (travail et office) à l’érémitisme. Ils portent l’habit blanc et la barbe pleine. Il ne craignait pas les grands de ce monde. Othon II ayant manqué à sa parole pour prendre Tivoli, Romuald lui imposa une rude pénitence. Plusieurs seigneurs se convertirent et se mirent à son école. Il obtint que l’Empereur construisît dans l’île de Pérée un monastère en l’honneur de saint Adalbert à la condition d’y former des missionnaires pour la Pologne et la Russie. Ce qu’il fit. Il envoya 5 missionnaires. Pendant que Romuald établissait de nouveaux monastères en Italie, tous les missionnaires furent tués par des brigands. Le Pape lui permit d’aller lui-même évangéliser la Hongrie mais à peine fût-il arrivé à la frontière de ce pays qu’il tomba si gravement malade qu’il dut retourner en Italie. Sur le chemin du retour il fonda en Allemagne quelques monastères et en réforma d’autres. Il fonda encore bien d’autres monastères en Italie

Comme il l’avait prédit, vingt ans plus tôt à ses frères, Romuald vint mourir au monastère du val de Castro le 19 juin 1027. Il y eut tant de miracles sur sa tombe où son corps était resté sans corruption, qu’il fut canonisé (1032).

Que Saint Romuald nous stimule dans la fidélité à notre vie religieuse et notre zèle missionnaire : suivre le Christ dans la radicalité de l’Evangile sans chercher à l’adapter.

[1] Cf. http://missel.free.fr/Sanctoral/06/19.php

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