Je vois mon Dieu : Il m’appelle à Lui !

13 juin 2017 : Saint Antoine de Padoue (Fr. Jean-Gabriel)

« Notre corps forme un tout, et pourtant nous avons plusieurs membres, qui n’ont pas tous la même fonction. » Dans le corps du Christ qu’est l’Eglise Saint Antoine a certainement eu la fonction de la langue. Dieu l’a manifestée par la grâce inspirant les paroles de saint Antoine durant sa vie puis, 132 ans après sa mort, lorsqu’à l’occasion du transfert de ses reliques, le ministre général des frères franciscains présidant la cérémonie se rendit compte que la langue de saint Antoine, et seul cet organe, était demeurée miraculeusement intacte.

Contemporain de saint François d’Assise, saint Antoine de Padoue naquit en 1195, à Lisbonne, le jour de la fête de l’Assomption dans une famille noble. Il reçut au baptême le nom de Ferdinand. Il entra à 15 ans dans la congrégation des chanoines réguliers de Saint Augustin à Lisbonne puis au couvent de Coïmbra.

En 1220, touché par le témoignage de foi des premiers martyrs franciscains dont les restes furent ramenés du Maroc au Portugal, il demanda et reçu la permission d’entrer dans l’ordre de Saint François où il reçut  le nom d’Antoine. Quand il eut prononcé ses vœux, il demanda à ses supérieurs la permission de se rendre en Afrique pour évangéliser les Maures avec la perspective du martyre. Mais la divine Providence avait d’autres projets. Ses supérieurs le laissèrent partir et, arrivé sur les côtes marocaines, une grave maladie mettant ses jours en danger le força à se rembarquer pour le Portugal. La traversée fut malheureuse, une tempête le jeta sur les côtes de Sicile. Après sa convalescence, ayant appris que saint François allait tenir le chapitre général de l’Ordre, il résolut de s’y rendre. C’est là qu’on lui confia le poste d’aumônier d’un petit monastère où il vécut pendant un an dans la solitude et la contemplation. En 1222, à l’occasion d’une cérémonie d’ordination, alors que les prédicateurs s’étaient défaussés les uns après les autres, il reçut l’ordre de prononcer l’homélie. Sa parole d’abord calme, sans éclat, presque hésitante, s’anima en quelque sorte malgré lui, et devint énergique et enflammée. On l’écouta avec admiration. Le succès de ce premier sermon parvint à saint François qui confia au frère Antoine une difficile mission de conversion des âmes dans le nord de l’Italie puis d’enseigner la théologie aux Frères Mineurs, ce qu’il fit d’abord à Montpellier, puis à Bologne et à Padoue, et enfin à Toulouse avant de devenir Custode de Limoges.

A cette époque, l’hérésie cathare faisait des ravages dans le Midi de la France, sa prédication eut un immense succès pour ramener les âmes à l’Eglise, de nombreux miracles venant confirmer sa parole mais tout cela au prix d’une grande épreuve spirituelle, si bien que la Vierge Marie elle-même vint le consoler à Brive. Il fonda de nombreux couvents en France et en Italie et vivifia ceux qui existaient. Au début de 1231 Saint Antoine revint à Padoue. Quoique très fatigué, il reprit son cours de théologie, continuant à combattre l’hérésie Cathare. Epuisé par un travail incessant, il se réfugia dans un ermitage à quelques km de Padoue. Ses forces s’affaiblirent tout à coup, il demanda à être transporté à Padoue. Sentant sa fin, il demanda le viatique, puis levant les yeux au ciel, il murmura : « Je vois mon Dieu, il m’appelle à lui ». C’était le vendredi 13 juin 1231. Les nombreux miracles accomplis durant sa vie terrestre allaient se décupler dans sa vie glorieuse.

On représente Saint Antoine avec un lys pour signifier la pureté de son cœur et de sa doctrine, ou bien avec l’Enfant Jésus car un témoin rapporte l’avoir vu un soir merveilleusement environné de lumière et tenant l’Enfant divin dans ses bras. Puisse Saint Antoine inspirer à ceux qui ont la charge d’enseigner l’Eglise le courage de combattre avec vigueur les hérésies actuelles, et que la pureté de leur vie vienne accréditer leurs paroles !

Nous n’oublions pas le lien entre Saint Antoine de Lisbonne et Fatima où il était particulièrement honoré ; c’est le jour de sa fête il y a 100 ans, lors de la 2e apparition de ND aux bergers de Fatima, que la Vierge a déclaré : « Jésus veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur Immaculé. À qui embrassera cette dévotion, je promets le salut ; ces âmes seront chéries de Dieu, comme des fleurs placées par Moi pour orner Son trône. » Puis, à Lucie : « Ne te décourage pas. Je ne t’abandonnerai jamais ! Mon Cœur Immaculé sera ton refuge et le chemin qui te conduira jusqu’à Dieu. »

Que le Cœur de Notre-Dame soit notre refuge et qu’avec Saint Antoine, il aide les missionnaires à conquérir les âmes ! Si Saint Antoine aide à retrouver les objets perdus, il sera d’autant plus actif pour aider les hommes à trouver ou retrouver la grâce baptismale pour le triomphe du Cœur Immaculé de Marie !

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