La consécration des époux et des familles au Cœur immaculé de Marie

Récollection de Foyers du deuxième trimestre 2017. Famille Missionnaire de Notre-Dame.
Le message prophétique de Fatima

2e enseignement

Retrouvez la vidéo de l’enseignement sur notre page spéciale « Fatima » !

Nous voudrions commencer cette deuxième causerie par cette citation de Sœur Lucie sur sa cousine Jacinthe (cf. 3e mémoire) pour à mieux comprendre ce qu’est la dévotion au Cœur Immaculé de Marie et les raisons de cette dévotion : « Cette Dame a dit que son Cœur Immaculé serait ton refuge, et le chemin qui te conduirait à Dieu. N’aimes-tu pas cela beaucoup ? Moi, j’aime tant son Cœur, il est si bon…. Je regrette tellement de ne pouvoir communier en réparation des péchés commis contre le Cœur Immaculé de Marie… Doux Cœur de Marie, soyez mon salut !… J’aime tellement le Cœur de Marie ! C’est le Cœur de notre petite Maman du Ciel ! N’aimes-tu pas beaucoup répéter souvent : doux Cœur de Marie, Cœur immaculé de Marie ? Moi j’aime tellement cela, tellement !… Doux Cœur de Marie, soyez mon salut, Cœur immaculé de Marie, convertissez les pécheurs, sauvez les âmes de l’enfer ». Sœur Lucie cite aussi ce que l’on pourrait appeler le testament de Jacinthe : « il ne me manque pas beaucoup de temps pour aller au Ciel. Toi, tu resteras ici afin de dire que Dieu veut établir dans le monde la dévotion au Cœur Immaculé de Marie. Le moment venu de le dire, ne te cache pas. Dis à tout le monde que Dieu nous accorde ses grâces par le moyen du Cœur Immaculé de Marie ; que c’est à Elle qu’il faut les demander ; que le Cœur de Jésus veut qu’on vénère avec lui le Cœur Immaculé de Marie ; que l’on demande la paix au Cœur Immaculé de Marie, car c’est à Elle que Dieu l’a confiée. Si je pouvais mettre dans le cœur de tout le monde le feu que j’ai là dans ma poitrine, et qui me brûle et me fait tant aimer le Cœur de Jésus et le Cœur de Marie ». La petite Jacinthe a vraiment été éclairée par le Saint-Esprit pour donner les fondements de la dévotion au Cœur Immaculé de Marie. Des théologiens, par souci d’œcuménisme et pour ne pas heurter les autres religions, peuvent penser qu’il ne convient pas de se consacrer au Cœur Immaculé de Marie parce qu’il est, quoiqu’immaculé, un Cœur humain. Peut-on, en effet, se consacrer à un autre être que Dieu ? La petite Jacinthe affirme avec conviction dans la pureté de son cœur d’enfant que Dieu veut établir dans le monde la dévotion au Cœur Immaculé de Marie. Elle dit aussi que le Cœur de Jésus veut qu’on vénère avec Lui ce Cœur Immaculé et que c’est à ce Cœur Immaculé que Dieu a confié la mission de la paix. Comprenons en profondeur le testament de la petite Jacinthe, qui va être canonisée.

            Saint Louis-Marie Grignion de Montfort (1673-1716) avait été inspiré par Dieu pour appeler les baptisés à se consacrer à la Vierge Marie. Cette consécration se faisait après une longue préparation de plusieurs jours, un renouvellement des promesses du baptême et une consécration à Jésus, la Sagesse incarnée. L’acte essentiel de la consécration était ainsi rédigé : « Je vous choisis aujourd’hui, en présence de toute la cour céleste, pour ma Mère et Maîtresse. Je vous livre et consacre, en qualité d’esclave, mon corps et mon âme, mes biens intérieurs et extérieurs, et la valeur même de mes bonnes actions passées, présentes et futures, vous laissant un entier et plein droit de disposer de moi et de tout ce qui m’appartient, sans exception, selon votre bon plaisir, à la plus grande gloire de Dieu, dans le temps et l’éternité. » On peut constater que Saint Louis-Marie parle bien de consécration à la Vierge Marie, sans mentionner le Cœur Immaculé de Marie. La divine Providence a donné à l’Eglise en 1978 le premier Pape de l’histoire consacré à la Vierge Marie selon la spiritualité de St Louis-Marie dont sa devise témoignait : « totus tuus ».

            La consécration au Cœur Immaculé de Marie, demandée par le Ciel à Sœur Lucie : Après la mort de Jacinthe et de François, Lucie, devenue religieuse, eut plusieurs révélations importantes, qu’elle consigna dans un texte du 17 décembre 1927.

Le 10 décembre 1925, elle vit la Sainte Vierge avec un cœur entouré d’épines dans la main, et l’Enfant Jésus. Ce dernier dit à sœur Lucie : « prends pitié du cœur de ta très sainte Mère, entouré des épines que les hommes ingrats lui enfoncent à tout moment, sans qu’aucun acte de réparation soit fait pour les en retirer ». La Sainte Vierge ajouta aux paroles de son Fils : « Vois, ma fille, mon cœur entouré d’épines que les hommes ingrats m’enfoncent à chaque instant par leurs blasphèmes et leurs ingratitudes. Toi, au moins, tâche de me consoler et dis que tous ceux qui pendant cinq mois, le premier samedi se confesseront, recevront la Sainte Communion, réciteront un chapelet, et passeront quinze minutes avec moi en méditant sur les quinze mystères du Rosaire, en esprit de réparation, je promets de les assister à l’heure de la mort avec toutes les grâces nécessaires pour le salut de leur âme ».

Le 13 juillet 1917, la Sainte Vierge avait dit qu’elle viendrait demander la Communion réparatrice des premiers samedis. Le 10 décembre 1925, elle met en application ses demandes : dis. Le moment est venu de commencer la dévotion des premiers samedis du mois !

Le 15 février 1926, sœur Lucie voit à nouveau l’Enfant Jésus qui lui demande si elle a déjà répandu la dévotion demandée. Elle lui répond que son confesseur avait dit à sa Supérieure, disposée à la propager, que, seule, elle ne pourrait rien. Jésus répondit : « c’est vrai que la Supérieure, seule, ne peut rien ; mais avec ma grâce elle peut tout ». Sœur Lucie, voulant obtenir le plus de grâces possibles pour les âmes, dit alors à Jésus que certains ne pourraient pas se confesser le samedi même, elle demanda qu’Il accorde un délai de 8 jours. Jésus en accorda beaucoup plus : « oui, la confession peut être faite même au-delà, pourvu que, en me recevant on soit en état de grâce et qu’on ait l’intention de faire réparation au Cœur Immaculé de Marie ». Comme Abraham, demandant miséricorde pour Sodome, sœur Lucie osa encore demander à Jésus : « Mon Jésus ! Et ceux qui oublieront de formuler cette intention ? ». Ce dernier répondit : « ils pourront la formuler à la confession suivante, profitant de la première occasion qu’ils auront pour se confesser ». Jésus dit aussi à sœur Lucie qui lui rapportait l’objection de son confesseur : la dévotion des premiers samedis ne faisait pas défaut dans le monde, beaucoup d’âmes recevaient Jésus chaque premier samedi, en l’honneur de Notre-Dame et des 15 Mystères du Rosaire : « c’est vrai, ma fille, que beaucoup d’âmes commencent, mais peu vont jusqu’au bout et celles qui persévèrent, le font pour recevoir les grâces qui y sont promises. Les âmes qui font les 5 premiers samedis avec ferveur et dans le but de faire réparation au Cœur de ta Mère du Ciel, me plaisent davantage que celles qui en font 15, tièdes et indifférentes ».

Il faudra attendre, cependant, 13 années : le 13 septembre 1939, pour que ces demandes du Ciel soient connues. Le 1er septembre 1939, l’Allemagne avait envahi la Pologne et les Puissances alliées lui avaient déclaré la guerre. L’évêque de Leiria en éprouva une forte commotion et il passa soudain de l’indécision à l’action : au cours du pèlerinage du 13 septembre, il proclama et recommanda la dévotion réparatrice demandée par le Ciel. Aussitôt une campagne générale propage partout cette dévotion.

            Le 13 juin 1929, au cours de l’Heure Sainte, entre 23 heures et minuit, sœur Lucie eut une vision dans laquelle lui furent montrés le Mystère de la Sainte Trinité, la Croix et la Vierge Marie, le Cœur Immaculé dans la main gauche, avec une couronne d’épines et des flammes. Elle entendit ces paroles de la Sainte Vierge : « Le moment est venuDieu demande au Saint-Père de faire, en union avec tous les Évêques du monde, la Consécration de la Russie à mon Cœur Immaculé, promettant de la sauver par ce moyen. Les âmes que la Justice de Dieu condamne pour les péchés commis contre moi, sont si nombreuses, que je viens demander une réparation, sacrifie-toi à cette intention et prie ». Plus tard, au moyen d’une communication intime, Notre-Dame dit encore à sœur Lucie, en se plaignant : « On n’a pas voulu écouter ma demande ! … Comme le roi de France, on s’en repentira et on le fera, mais ce sera trop tard. La Russie aura déjà répandu ses erreurs dans le monde, provoquant des guerres, des persécutions contre l’Église : le Saint-Père aura beaucoup à souffrir ». Le 18 mai 1936, dans une lettre (cf. bulletin des causes de béatification de François et Jacinthe 3-4, 1994, Fatima), sœur Lucie fait connaître les raisons pour lesquelles Jésus voulait que l’on consacre la Russie au Cœur Immaculé de sa Mère : « je veux que toute mon Église reconnaisse cette consécration comme un triomphe du Cœur Immaculé de Marie, afin d’étendre ensuite son culte, et placer, à côté de la dévotion à mon Divin Cœur, la dévotion à ce Cœur Immaculé. Sœur Lucie dit alors à Jésus : « Mais, mon Dieu, le Saint-Père ne me croira pas, si Vous-même vous ne le mouvez par une inspiration spéciale – Oh, le Saint-Père ! Priez beaucoup pour le Saint-Père. Il la fera, mais ce sera bien tard. Cependant le Cœur Immaculé de Marie sauvera la Russie ; elle lui est confiée ». Notre-Dame disait que la consécration serait faite mais ce serait trop tard. Jésus dit : bien tard. Ces deux expressions « trop tard » et « bien tard » ne se contredisent pas ! La consécration a été faite « trop tard » pour les millions de victimes du marxisme, c’est évident. Elle est faite « bien tard » parce que la Russie marxiste a répandu ses erreurs dans le monde et nous vivons une véritable éclipse de Dieu. Le triomphe du Cœur Immaculé de Marie est retardé – et nous le constatons bien ! -, mais il n’est pas annihilé ! Il ne peut pas être réalisé en quelques mois, mais, du fait du retard pris, il faut plus de temps, parce qu’il est nécessaire de combattre la déchristianisation si profonde pour pouvoir reformer les consciences et les éduquer à la lumière de Jésus et de son évangile. Mais nous avons la ferme espérance que le triomphe du Cœur Immaculé de Marie sera accompli et que les forces du mal animées par Satan, le Prince de ce monde, seront vaincues.

            Le 2 décembre 1940, sœur Lucie écrivit au Pape Pie XII. Elle lui fit un compte-rendu personnel des apparitions en insistant surtout sur le contenu des deux premières parties du secret. Elle expliqua pourquoi elle avait gardé le silence jusqu’en 1926 : ordre exprès de Notre-Dame ! Elle manifesta sa souffrance en disant que les demandes de la Sainte Vierge pour les premiers samedis n’avaient été rendues publiques que 13 ans plus tard : le 13 septembre 1939, et elle demanda au Saint-Père de daigner bénir cette dévotion et de l’étendre au monde entier. Sœur Lucie dit ensuite au Saint-Père qu’en plusieurs communications intimes, Notre-Seigneur n’a pas cessé d’insister sur la demande concernant la consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie. Elle lui rappelait que la demande avait été communiquée à Pie XI. Elle ajouta ensuite que Jésus avait promis, dernièrement, que si le Saint-Père daignait faire la consécration du Monde au Cœur Immaculé de Marie, avec mention de la Russie et ordonne que, en union avec Lui et en même temps, elle soit faite aussi par tous les évêques du Monde, d’abréger les jours de tribulation, par lesquels Il a décidé de punir les nations de leur crime… Elle ajoutait : « Très Saint Père ! Si dans l’union de mon âme avec Dieu je ne suis pas trompée, Notre Seigneur promet une protection spéciale à notre Patrie durant cette guerre, eu égard à la consécration que les Prélats portugais ont faite de la Nation au Cœur Immaculé de Marie. Cette protection sera la preuve des grâces qui auraient pu être concédées aux autres Nations, si, comme elle, elles lui avaient été consacrées ».      Lucie concluait sa lettre par une demande personnelle : « maintenant, très Saint-Père, permettez-moi de faire une autre demande, qui est seulement un désir ardent de mon pauvre cœur ; que la fête en l’honneur du Cœur Immaculé de Marie soit étendue au monde entier, comme une des principales fêtes de la Sainte Église ».

Le Pape Pie XII, consacré évêque le jour de la première apparition de Fatima, le 13 juillet 1917, rappelons-le, désirait ardemment répondre aux demandes de Notre-Dame. Il fit la consécration du monde au Cœur Immaculé de Marie, avec mention implicite de la Russie, le 31 octobre 1942 : « c’est à vous, c’est à votre Cœur Immaculé qu’en cette heure tragique de l’histoire humaine, nous confions, donnons, consacrons non seulement l’Église… mais aussi le monde entier déchiré… ». Le 7 juillet 1952, Pie XII renouvelait la consécration au Cœur Immaculé de Marie en faisant mention explicite de la Russie. Mais il manquait à la double consécration de ce grand Pape marial l’acte collégial de tous les évêques du monde qui devaient faire cette même consécration en même temps que le Pape.

            Le Pape Paul VI, le 21 novembre 1964, après avoir proclamé la Vierge Marie, Mère de l’Église, a dit : « Nous voulons nous aussi confier au soin de la Mère du ciel toute la famille humaine, avec ses problèmes et ses anxiétés, avec ses légitimes aspirations et ses ardentes espérances ». Il fit part de sa décision de faire porter par une mission spéciale la Rose d’Or au sanctuaire de Notre-Dame de Fatima et il concluait ainsi : « À ton Cœur Immaculé, ô Marie, nous recommandons enfin le genre humain tout entier ». Paul VI aurait pu profiter du rassemblement de tous les évêques réunis en Concile pour leur demander de faire avec lui la consécration demandée par la Vierge Marie. Il a dû passer à cette éventualité, c’est évident, mais s’il n’a pas demandé cette consécration collégiale c’est qu’il a jugé que c’était impossible.

Le 13 mai 1967, pour le cinquantième anniversaire de la première apparition de Fatima, Paul VI se rendit à Fatima. Il donna à cette occasion l’Exhortation apostolique « Signum magnum », qui se concluait par une exhortation à tous les fils de l’Église les invitant à renouveler personnellement leur propre consécration au Cœur Immaculé de la Mère de l’Église et à mettre en pratique cet acte très noble de culte en menant une vie toujours plus conforme à la volonté divine dans un esprit de service filial et de sainte imitation de leur Reine du ciel. Paul VI a dit enfin explicitement qu’il avait renouvelé la consécration de Pie XII, le 21 novembre 1964. Ne jugeons pas injustement Paul VI, mais admirons son courage d’être allé en tant que premier Pape à Fatima. Le pasteur Richard-Molard, le 13 mai 1967, écrivait : « Un voyage irrecevable : le cœur même de l’irrecevabilité de ce voyage avec le protestantisme est la contradiction de ce qu’il légitime avec l’Évangile du salut en Jésus-Christ, seul Sauveur et seul médiateur… »

Karol Wojtila, premier Pape polonais de l’histoire, sous le nom de Jean-Paul II est le Pape de la consécration. Il a été lié, malgré lui, au message de Fatima par l’attentat du 13 mai 1981. Jean-Paul II était convaincu d’avoir été miraculeusement protégé de la mort par une intervention spéciale de la Sainte Vierge. La coïncidence de la date de l’attentat avec l’anniversaire de la première apparition de Fatima a été, pour lui, comme nous l’avons déjà dit, un appel, voire un rappel à prendre au sérieux les demandes de Notre-Dame.

Le 13 mai 1982, il se rendait en fils humble, confiant et infiniment reconnaissant au sanctuaire de Fatima. Nous vous invitons à méditer la riche homélie du Saint-Père de ce 13 mai 1982. Il a vraiment été inspiré par le Cœur Immaculé de Marie pour donner à l’Eglise les fondements théologiques qui manquaient pour réaliser la consécration demandée. Il a d’abord faire découvrir la signification du Cœur Immaculé de Marie : d’abord et avant tout le Cœur maternel de Marie. Le Cœur humain de Jésus est le symbole de l’Amour divin et humain du Verbe incarné. Le Cœur Immaculé de Marie est le symbole de l’amour maternel de la Mère de Dieu et de la Mère des hommes. Jésus, en disant avant sa mort sur la Croix : « Femme, voici ton Fils » (Jn 19, 26), avait ouvert d’une manière nouvelle le Cœur de sa Mère, son Cœur Immaculé, et lui avait révélé la nouvelle dimension de l’amour et la nouvelle portée de l’amour auquel elle était appelée dans l’Esprit Saint par la force du sacrifice de la Croix : tous les hommes. Tout le message de Fatima, disait Jean-Paul II, manifeste la sollicitude du Cœur maternel de la Vierge Marie, qui veut le salut de tout homme et qui ne peut pas garder le silence sur ce qui menace ce salut : le péché, le refus de Dieu qui mène à la damnation. Jean-Paul II, enfin, a expliqué ce que signifiait l’acte de consécration au Cœur Immaculé de Marie : « confier le monde au Cœur Immaculé de Marie signifie nous approcher, grâce à l’intercession de la Mère, de la Source même de la vie, qui a jailli au Golgotha. Confier le monde au Cœur Immaculé de la Mère signifie revenir au pied de la Croix du Fils. Plus encore, cela veut dire confier ce monde au Cœur transpercé du Sauveur, le faire remonter à la source même de la rédemption…. Se remettre entre les mains de Marie signifie se faire aider par elle pour nous offrir, nous mêmes et toute l’humanité, à Celui qui est Saint, se faire aider par elle – en ayant recours à son Cœur de Mère qui, au pied de la Croix, s’est ouvert à l’amour pour tout homme, pour le monde entier – afin d’offrir le monde, et l’homme, et l’humanité, et toutes les nations à Celui qui infiniment Saint… Par la puissance de la Rédemption le monde et l’homme ont été consacrés. Ils ont été offerts et confiés à l’amour même, à l’amour miséricordieux. La Mère du Christ nous appelle et nous invite à nous unir à l’Église du Dieu vivant dans cette consécration du monde, dans cet acte d’offrande par lequel le monde, l’humanité, les nations, tous et chacun des hommes sont présentés au Père éternel avec la puissance de la rédemption du Christ. Ils sont offerts dans le Cœur du Rédempteur transpercé sur la croix. La Mère du Rédempteur nous appelle, nous invite et nous aide à nous unir à cette consécration, à cet acte d’offrande du monde. Alors, en effet, nous nous trouverons le plus près possible du Cœur du Christ transpercé sur la croix ».

Puissent ces paroles inspirées de Jean-Paul II nous aider à ne pas avoir peur de nous consacrer au Cœur Immaculé de Marie et de lui consacrer nos familles. Les demandes du Ciel peuvent parfois déconcerter. Pour ceux qui ne sont pas théologiens, pas de problème : « puisque la Sainte Vierge le demande faisons-le ! ». Mais pour les évêques et les théologiens, – engagés en outre dans le dialogue œcuménique avec leurs frères protestants – l’acte demandé à Fatima n’allait pas de soi ! Merci à Jean-Paul II d’avoir montré que cet acte était en totale cohérence avec l’Évangile et qu’il était le plan de Dieu !

            Sœur Lucie fit savoir à Jean-Paul II que cette consécration ne suffisait pas : il fallait que tous les évêques fassent aussi avec le Pape cette même consécration ! Jean-Paul II ne se découragea pas : le 8 décembre 1983, il écrivit une lettre à tous les évêques dans laquelle il leur demandait de renouveler l’acte de consécration du 13 mai 1982, en même temps que lui et de la manière que chacun jugerait la plus adaptée, le samedi 24 mars 1984, jour où se célébrait l’Annonciation en ce temps du carême ou le dimanche 25 mars 1984. Après la réalisation de cette consécration collégiale, Sœur Lucie fit savoir que la consécration demandée par le Ciel était enfin réalisée ! Sœur Lucie a dit, le 11 octobre 1993, aux cardinaux Vidal des Philippines et Padiyara de l’Inde : « La consécration de 1984 a évité une guerre atomique qui aurait eu lieu en 1985. Mais maintenant que ce danger n’existe plus, Dieu a permis que le démon sorte de son sommeil et il travaille contre Dieu et contre toutes ses Œuvres. (…) Maintenant le matérialisme prend la suite. » Citons encore sa réflexion inspirée à ces mêmes cardinaux : « La semaine de Fatima n’est pas encore finie. Fatima n’en est encore qu’à son troisième jour. Le premier jour a été la période des Apparitions. Le deuxième a été la période d’après les Apparitions et d’avant la consécration. Je ne verrai peut-être pas la semaine entière. Fatima vient seulement de commencer : comment voulez-vous que tout se termine immédiatement ? Les personnes attendent que les choses arrivent dans un enchaînement de temps immédiat. Le triomphe du Cœur Immaculé de Marie est un processus continu.» « Tout ce à quoi se rapporte le matérialisme, qui est en train d’asservir le monde, vient de l’athéisme. « La Vierge avait mentionné la Russie parce qu’elle était la source de toute hérésie, des erreurs, ces erreurs qui sont passées par l’athéisme. Le péché d’athéisme est celui qui condamne le plus» (petit livre ds la bibliothèque Gd Fg). Quelle profonde sagesse ! Sœur Lucie a vraiment été inspiré par l’Esprit-Saint et le Cœur Immaculé de Marie pour être l’interprète autorisé du message prophétique de Fatima. Rien n’arrive par hasard dans les évènements de nos vies. La divine Providence a maintenu en vie sœur Lucie jusqu’à la fin du pontificat de Jean-Paul II. Elle a vécu sa pâque, quelques semaines seulement avant celle de Jean-Paul II !

            Le 13 mai 1991, Jean-Paul II venait une seconde fois à Fatima pour remercier « sa tendre Mère de toujours » pour la protection du 13 mai 1981, mais aussi pour les événements de 1989 et 1990 qui ont provoqué un véritable tournant historique en ce difficile vingtième siècle (cf. discours aux évêques portugais). Jean-Paul II n’a pas dit que le marxisme était tombé à cause de la consécration au Cœur Immaculé de Marie, mais, sans risque de déformer sa pensée, nous pouvons affirmer qu’il pensait vraiment cela. Gorbatchev avait affirmé que la chute du rideau de fer était due à l’action de Jean-Paul II. Cette affirmation est importante, mais nous devons ajouter : elle est bien due à Jean-Paul II, en tant qu’instrument de la Vierge Marie, mais elle est avant tout l’œuvre du Cœur Immaculé de Marie.

La consécration a-t-elle été réellement faite ? Certains continuent à douter parce que Jean-Paul II et les évêques n’ont pas explicitement mentionné la Russie, comme cela était demandé par la Vierge Marie ! C’est vrai, la Russie n’a pas été mentionnée explicitement, mais Jean-Paul II, le 13 mai 1982 et, dans sa lettre aux évêques pour la consécration du 24 ou 25 mars 1984, avait précisé son intention : renouveler les deux consécrations de Pie XII dont celle de 1952 qui mentionnait explicitement la Russie. Celle qui avait grâce d’état pour dire à Jean-Paul II que la consécration avait été agréée ou non par le Ciel était Sœur Lucie. Nous faisons confiance en Sœur Lucie et nous pouvons dire que, même si la Russie n’a pas été mentionnée dans les consécrations du 24 et 25 mars 1984, l’intention du Pape et des évêques était de la consacrer au Cœur Immaculé de Marie selon la demande de Notre-Dame à Fatima.

Pourquoi Jean-Paul II et, ensuite Jean-Paul II et tous les évêques n’ont pas explicitement mentionné la Russie dans l’acte de consécration ? Il nous semble que cela tient à une double raison :

diplomatique, d’abord. Nous étions encore en 1982 dans la guerre froide. La Pologne, en 1981, avait été menacée d’une invasion par l’armée russe avec la résistance de Solidarnosc. Un Pape polonais consacrant la Russie à Fatima, cela aurait risqué de provoquer un grave incident diplomatique.

– La deuxième raison pourrait être œcuménique : les relations entre Rome, le Pape Jean-Paul II, polonais, et le Patriarche de Moscou étaient tendues.

Voilà, nous semble-t-il, les raisons pour lesquelles la Russie n’a pas été mentionnée explicitement. Nous ne prétendons pas, cependant, avoir l’infaillibilité de l’interprétation. Il se pourrait qu’il y ait d’autres raisons que nous ignorons. Ce qui était important, c’est que la consécration de la Russie était bien dans l’intention du Pape Jean-Paul II. C’est pour cette raison que Sœur Lucie a dit que la consécration avait été agréée. Nous pouvons penser que cette conviction de sœur Lucie n’était pas le fruit de sa pensée mais d’une inspiration du Cœur Immaculé de Marie.

 Jean-Paul II a voulu ensuite, le 8 octobre 2000, aller au-delà de la demande de Fatima en confiant au Cœur Immaculé de Marie tout le troisième millénaire. Cet acte a été accompli en présence des évêques accomplissant leur Jubilé à Rome, devant la statue de Notre-Dame de Fatima qu’il avait fait venir exprès de Fatima à Rome pour cet acte important.

Ces divers actes de consécration réalisés en ce vingtième siècle porteront des fruits. Ce que la Sainte Vierge a promis se réalisera : un temps de paix sera donné au monde. Mais rappelons-nous ce que la Sainte Vierge disait à Lucie : ils feront la consécration mais ce sera trop tard. Et rappelons ce qu’a dit Jésus : ce sera bien tard. Le triomphe du Cœur Immaculé de Marie viendra, malgré le retard pris et l’Enfer ne pourra pas l’empêcher. A nous de prier, souffrir et offrir pour obtenir de la Miséricorde divine que soit hâté le jour de ce triomphe !

Conclusion : puisse cette causerie vous permettre de mieux comprendre ce qu’est la consécration au Cœur Immaculé de Marie et la dévotion des premiers samedis du mois. Ce que Dieu nous demande n’est vraiment pas difficile à accomplir. Le Cœur Immaculé de Marie est comme notre Arche d’Alliance. Réfugions-nous en ce Cœur, conduisons-y nos enfants. Prions le chapelet en famille et nous verrons les fruits sur nos enfants et sur nous-mêmes. La famille de Louis et Zélie Martin est devenue une famille sainte parce que, chaque jour, elle participait à la Messe et, chaque jour, elle priait le chapelet. Benoît XVI, devant la crise grave du sacerdoce, a compris qu’il devait poser à Fatima, le 12 mai 2010 au soir, un acte très important : consacrer au Cœur Immaculé de Marie tous les prêtres du monde. Imitons ce Pape et consacrons tous nos enfants à ce même Cœur Immaculé. Si la consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie pouvait obtenir la conversion de cette Nation, qui avait perdu son âme à cause des persécutions marxistes, la consécration de nos familles à ce Cœur Immaculé de Marie peut, c’est évident, obtenir la conversion des époux et des enfants et permettre à nos familles d’imiter la Sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph et la famille Martin. La consécration de la France et de l’Europe au Cœur Immaculé de Marie peut hâter leur conversion !

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