Le rien en tout donne la plénitude de Dieu !

7 juin 2017 : Bienheureuse Marie-Thérèse Soubiran (Fr. Jean-Régis)

Sophie Thérèse de Soubiran naquit en 1834 à Castelnaudary, à 40 km au sud de Toulouse, d’une famille noble ruinée par la Révolution. Vers l’âge de 14 ans, écrit-elle plus tard : « La grâce d’une grande dévotion au Sacré Cœur de Jésus me fut donnée, avec la vue de sa divine puissance pour travailler au salut des âmes ; une douce confiance en la très sainte Vierge et en son Cœur immaculé. » De cette même époque date son acte d’oblation au Cœur de Jésus par le Cœur immaculée de Marie : « Divin Cœur de Jésus, je vous fais par le Cœur de Marie, l’abandon de mon corps, de mon âme et de tout mon être ; pour servir à votre bon plaisir ! Pour le temps et pour l’Eternité » A vingt ans, obéissante envers son père spirituel, qui avait en tête de fonder un béguinage à Castelnaudary (institution religieuse médiévale pour jeunes filles pieuses, restées célibataires mais sans vocation religieuse proprement dite), elle va s’initier à ce genre de vie en Belgique. A son retour, elle fonde la congrégation de Sainte Marie du Béguinage qui, en 1863, deviendra celle de Marie-Auxiliatrice, vouée à l’éducation des enfants pauvres et au soin des malades. Mais en 1869, entre dans la congrégation une prétendue veuve, madame Riché, qui fait profession sous le nom de sœur Marie-François. Intrigante, elle devient assistante générale, fait déconsidérer l’humble Mère Marie-Thérèse, prend sa place et la chasse de la congrégation. Après bien des déceptions et humiliations, elle est admise dans la Congrégation des Sœurs de Notre-Dame de Charité du Refuge à Paris. Elle reçoit le nom de Sr. Marie du Sacré Cœur et se plie à tous les exercices en toute humilité et personne ne pourra deviner son passé ! La spiritualité de cette congrégation fondée par Saint Jean-Eudes est axée entre autres sur le Cœur de Jésus et le Cœur immaculé de la Vierge Marie ; à la fête liturgique du Sacré-Cœur s’ajoute la fête du Cœur de Jésus le 20 octobre et les premiers vendredis de chaque mois. Elle reçut beaucoup de grâces et plusieurs événements de sa vie ont eu lieu lors de ces fêtes.

En la fête du Cœur de Jésus, c’est une paix ineffable qui surpasse tout sentiment qu’elle reçoit le 20 octobre 1879, elle écrit : « Là est le grand bien que j’ai reçu en cette belle fête du Cœur de Jésus… En cette paix ineffable, que peut craindre l’âme ? Elle est si unie à notre Seigneur qu’Il devient vraiment la force de sa faiblesse, l’obéissance de ses révoltes, la richesse de sa pauvreté ». Elle qui avait fait l’oblation d’elle-même au Cœur de Jésus par le Cœur de Marie alors qu’elle était adolescente, n’a jamais cessé de découvrir dans ce Cœur de Jésus ce rayonnement de l’Amour divin avec toute sa miséricorde à travers toutes les épreuves de sa vie. Se confiant de plus en plus en cet Amour divin, elle se laissa dépouiller d’elle-même pour ne faire qu’un avec Jésus-Christ afin de faire sa volonté, d’être attentive à tous ses désirs. C’est ainsi qu’elle fut amenée à s’offrir au Cœur de Jésus à d’autres périodes de sa vie :  » En la fête du Sacré Cœur, le 4 juin 1880, Notre Seigneur m’a demandé de m’offrir comme victime pour la communauté, pour Marie-Auxiliatrice, l’Eglise et la France…quelle joie pour l’âme de souffrir en vue que les âmes soient épargnées, qu’elles aient la vie en elles ! Quel bonheur et honneur d’être broyée pour une telle fin avec Jésus Christ sous les coups de la douleur… Qu’il soit fait à la seule volonté de mon Dieu… » Elle confie dans ses écrits : « De tout temps, j’ai eu une extrême appréhension de m’offrir comme victime, vu mon indignité. Je trouve cela si grand de participer à l’office le plus sacré de notre Seigneur. Toutefois, j’y ai été comme forcée par Dieu quelquefois. » A la fin d’une de ses retraites, en 1886, elle note : « Je le vois clairement, le rien en tout donne la plénitude de Dieu, oui en vérité, en réalité. C’est par son Cœur divin et celui de sa Mère bien-aimée que j’ai remercié mon Dieu des grâces dont Il a daigné me combler dans ces jours mille fois bénis. » Toute sa vie, dépouillée de tout, immergée dans l’Amour divin jaillissant du Cœur de Jésus, elle pourra affirmer : « L’infini, l’éternel, l’immuable amour de mon Dieu est mon refuge et mon assurance. Par conséquent le Cœur de Jésus Christ est mon lit de repos : Ô richesse incomparable, je possède en tout temps et je porte en tout lieu et le Dieu de mon cœur et le Cœur de mon Dieu comme le disait la bienheureuse Marguerite Marie Alacoque. » Et le vendredi 7 juin 1889, 1er vendredi du mois, Sœur Marie du Sacré Cœur sera immergée dans le Cœur de Dieu… ce Cœur qui a tant aimé le monde.

Elle est béatifiée par le Pape Pie XII en 1946.

Pour conclure, nous pouvons reprendre un extrait de la prière d’abandon et de confiance que Bienheureuse Marie-Thérèse a écrite en 1881 et qui reflète toute la profondeur de sa vie spirituelle : « Seigneur mon Dieu, c’est vous qui avez tout fait, tout conduit, c’est votre bonté et votre toute-puissance qui ont pourvu à tout. Oui, Seigneur, je le crois, vous ferez tout pour mon Salut et mon bien, Vous conduirez tout, Vous pourvoirez à tout et moi, j’aurai confiance, je m’abandonnerai à votre conduite, sans crainte, réflexions ni calculs. Dans une Foi vive et confiante, pour ce qui reste à faire, Seigneur, je vous en remercie comme si cela était déjà fait. »

 

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