Pas de place pour les indécis et les mous ; on exclut les flatteurs

10 juin 2017 : Bienheureux Edouard Poppe (1890-1924) (Fr. Edouard)

Edouard Poppe naît à Tamise, dans les Flandres belges, le 18 décembre 1890 dans une famille modeste. Son papa est boulanger, il est le 3ème de 9 enfants, et 1er fils. 8 se consacreront à Dieu. Ses parents sont profondément attachés à la Foi catholique, et ils éduqueront leurs enfants aux vertus humaines et chrétiennes. Car Edouard « n’est pas né saint. J’en ai les preuves » dira une de ses sœurs au procès. De même, madame Poppe dira : « Edouard était un gamin comme les autres », c’est-à-dire qu’il est bien marqué par le péché originel, et ses péchés personnels : il se bat avec ses sœurs, a un côté vaniteux, soucieux de son physique, il aime les friandises, et se sert dans l’étalage de la boulangerie familiale. Surtout, il se met en colère lorsque les choses ne vont comme il le veut. D’autre part, il a un côté très taquin, prenant facilement les choses à la plaisanterie. Enfant, il voudra devenir prêtre, mais le papa lui montre qu’il faut qu’il devienne un prêtre très sérieux, sinon « il vaut mieux rester à la boulangerie ». Son papa mourra alors qu’Edouard a seulement 16 ans ; il devint alors chef de famille, et montrera sa maturité. Cependant, sa famille doit travailler dur pour payer les études, et cela le tourmentera, mais le soutien généreux de toute la famille ne se démentira jamais. Dans ces années-là, il doit aussi affronter la question de la forme de la vocation : moine, ou prêtre séculier ? Le Seigneur l’éclairera progressivement vers le clergé diocésain, mais plus tard il s’affiliera au tiers-ordre franciscain, et aura toujours le souci d’être réellement pauvre.

Au séminaire, il se montrera ardent, poussera pour la direction spirituelle individuelle, et adhérera à une petite association de séminaristes et de prêtres aspirant à la sainteté : les filioli caritatis. C’est encore au séminaire qu’il se consacrera à la sainte Vierge selon Saint Louis-Marie Grignion de Montfort. Il prendra énergiquement la résolution de ne pas tomber dans l’activisme, mais de donner l’absolu primauté au spirituel.

Après les épreuves du service militaire, et de la guerre, avec un doctorat de philosophie en poche, il est ordonné prêtre le 1er mai 1916. Il est nommé vicaire à la paroisse Sainte Colette à Gand. Il se dépensera beaucoup, notamment pour aller chercher les âmes loin de Dieu dans le monde ouvrier. Mais c’est surtout l’œuvre de la Ligue de communion. « Ce sera une ligue d’enfants qui aimeront Jésus et se sanctifieront par des communions fréquentes, par le bon exemple et la charité réciproques. […] Il n’y a pas de place pour les indécis et les mous ; on exclut les flatteurs » ; réunion tous les 15 jours, et on apprend à suivre un point particulier et à vivre toute la journée comme des enfants de Marie. Mais l’œuvre suscite jalousies et incompréhensions, et l’évêque lui demande de ne plus s’en occuper, ce qu’il accepte immédiatement, confiant en l’obéissance et devint aumônier d’un petit couvent de religieuses à Moerzeke.

L’autre axe de sa vie fut le souci de la sanctification des prêtres : du souci pour sa propre sanctification, il comprit qu’il devait l’étendre à tous les prêtres, et que ceci est point capital pour toute l’Eglise. Au cours d’un congrès à l’abbaye bénédictine du Mont César, il s’offrit à cette intention à Jésus le 27 avril 1919. La réponse du ciel vint le 11 mai suivant avec sa 1ère grande crise cardiaque. Dès lors, il mènera une vie de malade, avec des périodes où il retrouvera une santé un peu plus robuste. On lui confiera alors les séminaristes et religieux au service militaire. Il les réunira toutes les semaines pour leur inculquer un désir toujours plus grand de la sainteté, et la primauté du spirituel. Une dernière crise cardiaque l’emportera le 10 juin 1924.

 

Jean-Paul II le béatifie le 3 octobre 1999.

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