Pourquoi me fuis-tu ?

6 juin 2017 : Saints Norbert et Marcelin Champagnat (Fr. Jean)

Nous fêtons aujourd’hui 2 saints fondateurs : Saint Norbert qui fonda les Premontrés et Saint Marcelin Champagnat qui fonda les Frères Maristes.

Saint Norbert, né en 1080, près de Cologne et fut engagé dès son jeune âge dans la cléricature. Cependant il fréquentait plus la Cour que l’Église et reculait devant les Ordres sacrés, afin de suivre la voie des plaisirs. A 33 ans, traversant à cheval une belle prairie accompagné d’un seul serviteur, il fut assailli par une soudaine et horrible tempête. La scène de Saint Paul sur le chemin de Damas se renouvela car Norbert entendit une voix céleste lui dire: « Pourquoi Me fuis-tu? Je te destinais à édifier mon Église, et tu scandalises Mon peuple. » En même temps, la foudre éclate et le renverse par terre, où il demeure évanoui pendant une heure entière. Quand il eut recouvré ses sens, il dit à Dieu: « Seigneur, que demandez-Vous de moi ? » La conversion fut immédiate et complète, et bientôt l’on put voir, non sans étonnement, le brillant gentilhomme échanger ses riches vêtements contre la bure du moine. Il se prépara pendant quarante jours, dans un monastère, à offrir pour la première fois le Saint Sacrifice de la Messe. Saint Norbert obtint du Pape les pouvoirs de missionnaire apostolique et commença à prêcher la pénitence. Ses œuvres étaient plus éloquentes encore que sa prédication : il marchait nu-pieds, même en plein hiver, au milieu de la neige, n’avait pour vêtement qu’un rude cilice en forme de tunique et un manteau de pénitent ; il observait perpétuellement le carême selon la rigueur des premiers siècles, et y ajoutait de ne manger presque point de poisson et de ne boire du vin que très rarement : on eût dit un nouveau Jean-Baptiste, par son zèle et ses austérités. Dieu demandait à Saint Norbert de fonder l’Ordre des Prémontrés, ainsi nommé parce que le Saint avait eu révélation du lieu où il devait l’établir. Saint Augustin lui étant apparu, une Règle d’or à la main, il comprit qu’il devait adopter pour son Ordre la règle de ce grand docteur. Il fut lui-même la règle vivante de ses frères. En 1126, se réalisa une vision que sa mère avait eue avant sa naissance : Saint Norbert fut obligé d’accepter l’archevêché de Magdebourg, et il eut désormais outre le souci de son Ordre, le soin de son diocèse, où son apostolat fut traversé par de grandes persécutions et couronné d’abondants fruits de Salut. Rien du reste n’avait changé dans sa vie, et jusqu’à sa mort il mena dans son palais la vie d’un moine dans sa cellule.

Saint Marcellin est né en 1789, au début de la Révolution. Voyant les besoins pressants d’éduquer la jeunesse, M. Champagnat fonda l’Institut des Frères maristes. La vocation de cette nouvelle Congrégation était l’instruction chrétienne des enfants. Il envoyait ses frères fonder des écoles là où ils étaient réclamés. La première chose qu’il s’efforçait de bien faire comprendre aux frères, c’est le but de leur vocation : « N’oubliez pas, leur disait-il, que l’instruction primaire que vous devez donner aux enfants, n’est pas proprement la fin que nous nous sommes proposée en fondant cet institut, elle n’est qu’un moyen pour arriver plus facilement et plus parfaitement à cette fin. Le but de votre vocation est de donner l’éducation chrétienne aux enfants, c’est-à-dire de leur apprendre le catéchisme, les prières, et de les former à la piété et à la vertu. » Le Père Champagnat s’est aussi beaucoup occupé de la discipline à l’école : « La discipline, disait-il, est la moitié de l’éducation de l’enfant, et si cette moitié manque, la plupart du temps l’autre devient inutile. A quoi sert en effet qu’un enfant sache lire, écrire et même qu’il ait appris son catéchisme, s’il ne sait pas obéir, s’il ne sait pas se conduire, s’il n’a pas pris l’habitude de réprimer ses penchants mauvais et de suivre les inspirations de sa conscience ? D’où vient qu’aujourd’hui les hommes sont si inconstants, si sensuels, qu’ils ne savent rien se refuser, qu’ils ne peuvent rien supporter de tout ce qui contrarie la nature ? C’est qu’on ne les a pas soumis au joug dès l’enfance; c’est qu’on leur a donné trop de liberté ; c’est qu’on ne leur a pas appris à se commander, à se faire violence et à combattre les mauvaises inclinations. » Aux frères, il disait : « Un frère doit être l’ange gardien des enfants, Dieu lui demandera compte de leur conduite dans l’école ; leurs fautes lui seront imputées comme les siennes propres. Malheur à lui si, par une coupable négligence, il laisse les brebis galeuses répandre la contagion dans le petit troupeau qui lui est confié ; si, faute de vigilance, il permet à l’ennemi du salut qui rôde sans cesse autour des enfants, de leur ravir l’innocence baptismale, la vie de la grâce et de semer l’ivraie dans leur cœur. »

Épuisé de fatigue à cause de son dévouement inlassable et de son grand esprit de mortification, le Père Champagnat tomba gravement malade. Il mourut le 6 juin 1840, un samedi, à l’âge de 51 ans.

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