Quand la haine accélère son mouvement ravageur, l’Amour ne doit-il pas accélérer son mouvement conquérant ?

30 juin 2017 : Les premiers Martyrs de Rome (… 64) (Fr Jean-Gabriel)

L’annonce de la persécution par Notre Seigneur ne s’est pas faite attendre avec celle orchestrée par le monde juif d’abord, puis après seulement quelques décennies par le pouvoir impérial. Début juillet 64 commença, à Rome, un incendie qui dura neuf jours. Quand il fut éteint, une immense population réduite au plus complet dénuement s’entassa aux environs du Champ de Mars, où Néron fit dresser des baraques et distribuer du pain et des vivres. D’ordinaire, ces oisifs acclamaient l’empereur, maintenant qu’ils avaient faim, ils le haïrent. Des accusations persistantes poursuivaient l’empereur. On savait qu’il était venu d’Antium pour jouir de l’effroyable spectacle de la ville en flamme; on pense même que c’est lui qui avait ordonné cet incendie spectaculaire. Les accusations commençant à menacer Néron, il essaya de détourner les soupçons en jetant la suspicion sur un coupable. Il y en avait un tout trouvé car dans l’incendie avait disparu une partie du patrimoine religieux païen. Ce sont donc forcément ceux qui ne se soumettent pas à la religion d’Etat qui sont coupables, donc les juifs ou les chrétiens. Or la religion juive était plutôt en honneur chez certaines personnes influentes, il ne restait donc plus qu’à tourner la haine publique contre cette « nouvelle secte » chrétienne.

Quand la rumeur se répandit, à l’aide de ce que nous appellerions aujourd’hui « la pression officielle », on fut surpris de la multitude de ceux qui suivaient la doctrine du Christ, laquelle n’était encore, aux yeux du plus grand nombre, qu’un schisme juif. Les gens sensés trouvèrent le mensonge pitoyable ; l’accusation d’incendie portée contre ces pauvres gens ne tenait pas debout; « leur vrai crime, disait-on, c’est la haine du genre humain ».

Néanmoins on ne s’apitoya pas longtemps, car on allait pouvoir s’amuser. En effet, les jeux que l’on donna dépassèrent en horreur tout ce que l’on n’avait jamais vu. Tacite et le pape Saint Clément nous ont laissé quelques traits de ces jeux, qui durèrent plusieurs jours;

  • Tacite : « A la barbarie des supplices, cette fois, on ajouta la dérision. Les victimes furent gardées pour une fête, à laquelle on donna sans doute un caractère expiatoire. Rome compta peu de journées aussi extraordinaires. Le ludus matutinus, consacré aux combats d’animaux, vit un défilé inouï. Les condamnés, couverts de peaux de bêtes fauves, furent lancés dans l’arène, où on les fit déchirer par des chiens ; d’autres furent crucifiés ; d’autres, enfin, revêtus de tuniques trempées dans l’huile, la poix ou la résine, se virent attachés à des poteaux et réservés pour éclairer la fête de nuit. Quand le jour baissa, on alluma ces flambeaux vivants. Néron offrit pour le spectacle les magnifiques jardins qu’il possédait au delà du Tibre.»
  • St Clément : « Des femmes, des vierges furent mêlées à ces jeux horribles. On se fit une fête des indignités sans nom qu’elles souffrirent. L’usage s’était établi, sous Néron, de faire jouer aux condamnés, dans l’amphithéâtre des rôles mythologiques entraînant la mort de l’acteur. Quelques-unes des chrétiennes immolées de la sorte étaient faibles de corps; leur courage fut surhumain. »

 

Les persécutions sanglantes ne se sont jamais arrêtées au cours de l’histoire de l’Église, elles se sont même amplifiées, mais ce ne sont pas elles qui sont le plus à craindre. Ce qui est le plus à craindre est ce que dit Jésus dans l’évangile : « à cause de l’ampleur du mal, la charité de la plupart des hommes se refroidira ». Jésus disait dans Cum Clamore Valido : « Quand la haine accélère, comme maintenant, son mouvement ravageur, l’Amour ne doit-il pas accélérer son mouvement conquérant ? » C’est notre culte des saints et des martyrs, ainsi que notre vie de prière et d’union au Seigneur qui doit nous donner des cœurs ardents qui mettront le feu l’amour dans le monde. C’est aussi ce culte des martyrs qui doit vaincre la pire des persécutions consistant à faire passer le martyr lui-même, c’est le thème du film « silence », pour une forme de fondamentalisme, un extrémisme illégitime ! Demandons avec ferveur aux 1ers martyrs de Rome et à tous les saints que nous fêtons cette année de nous aider à vivre le martyr = témoignage que nous avons à rendre à Jésus : martyr du cœur, témoignage de la pureté, de l’obéissance à Dieu et à l’Eglise, cela ne sera jamais désuet !

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