Redresser les consciences et dissiper les confusions

16 juin 2017 : Saint Jean-François Régis (Fr. Jean-Régis)

Au XVIIème siècle, la France connut une moisson abondante de saints. Sans parler des nombreux saints jésuites martyrs au Canada, nous pouvons citer : Sainte Jeanne de Chantal (1572-1641), Saint François de Sales (1567-1622), Saint Pierre Fourier (1565-1640), Sainte Jeanne de Lestonnac (1556-1640), Saint Guillaume Courtet (1590-1637), Saint Jean Eudes (1601-1680), Saint Vincent de Paul (1581-1660), Sainte Louise de Marillac (1591-1660)… Dans une France à peine relevée des ruines provoquées par les guerres de religion qui avaient ensanglanté la fin du XVIème siècle, Saint Jean-François Régis apparaît comme un homme providentiel appelé par Dieu à redonner force et courage à tout un peuple abandonné et livré à lui-même.

Originaire du Languedoc, il entre chez les jésuites à l’âge de 19 ans et il est ordonné prêtre en 1630. Il rêve d’aller avec tant d’autres frères jésuites évangéliser la « Nouvelle-France », mais ses supérieurs le désignèrent pour répondre à la demande de Mgr Louis-François de La Baume de Suze, évêque de Viviers, qui entreprenait la reconstruction spirituelle de son diocèse après les ravages causés par l’hérésie protestante. Pendant 6 ans, il va parcourir les montagnes du Vivarais, des Cévennes et du Velay, surtout en hiver afin d’approcher les paysans libérés des travaux des champs pour leur annoncer la Bonne Nouvelle. Ses talents de pédagogue et de catéchiste attiraient les foules. Il se donna tout entier pour redresser les consciences et dissiper les confusions en rappelant la doctrine catholique purifiée des erreurs protestantes. Il le fit par des paroles toutes simples mais aussi par ses actes et sa vie tout ordinaire mais pleine de foi et d’ardeur spécialement pour l’eucharistie. Sa fidélité au magistère et à l’évangile lui valut bien des calomnies : en témoigne le fameux « principe de Saint Régis », expression née dans la tradition protestante pour désigner une position sans nuance ou une alternative binaire ! Par la simplicité de sa parole et par sa charité sans limite, il atteignait le cœur des petits et des humbles. Au Puy, il multiplia les œuvres caritatives, visitant les hôpitaux et les prisons, organisant l’ « œuvre du bouillon », sorte de soupe populaire ou créant encore un refuge pour les prostituées repenties, prenant aussi la défense des dentellières. En moins de dix ans de ministère, il réussit, grâce à Dieu, à ramener au Christ une foule immense d’hommes, de femmes et d’enfants de tous âges et de toutes conditions. Fin décembre 1640, malgré une violente tempête de neige, il se met en route pour Lalouvesc. Comme à son habitude, il se donne sans compter à toutes les familles des hameaux de l’Ardèche profonde, passant des heures dans l’église glaciale pour écouter, réconcilier, donner les sacrements. Il contracte ainsi une pneumonie et meurt le 31 décembre 1640 à l’âge de 43 ans.

Il fut un véritable fils de Saint Ignace et un émule de Saint François Xavier, œuvrant à la plus grande gloire de Dieu, n’hésitant pas pour cela à renoncer à ses désirs et à sa volonté propre, en cultivant au plus haut degré une grande disponibilité, une humilité exemplaire et une grande simplicité.

Nous savons le lien fort qu’il y a entre notre Famille Missionnaire et Saint Jean-François Régis. Notre Mère disait qu’elle devait sa conversion en partie à Saint Jean-François Régis. Le Père a donné à Augusta Bernard la responsabilité de l’Equipe Notre-Dame des Neiges, le 16 juin 1945. Le 16 juin 1948, le Père prêchait à Péreyres, pour la fête de Saint Régis. Il eut en cette petite église l’inspiration de venir faire avec Mère Marie-Augusta puis avec l’Equipe la retraite d’été en cette paroisse. Cette retraite de l’été 1948, en ce lieu sanctifié par cet apôtre missionnaire, a été très importante pour notre Communauté. L’Equipe Notre-Dame des Neiges est devenue après cette retraite la Famille Domini.

Que Saint Jean-François Régis nous aide à être d’ardents apôtres missionnaires pour reconstruire spirituellement la France et l’Europe ravagées par un relativisme ambiant et une confusion grandissante. S’il a pu réaliser une telle œuvre d’évangélisation, ce n’est pas tant par la force de la nature qu’il était mais bien par sa vie de prière intense et profonde et par le souci du salut des âmes qui l’habitait profondément. Aussi, comme l’oraison de ce jour nous y invite, demandons cette grâce, à la suite de saint Jean-François Régis, de chercher Dieu dans le recueillement et de Le trouver dans le service de nos frères.

 

Laissez un commentaire