Un seul est le Fils, un seul le Seigneur Jésus Christ, que ce soit avant l’incarnation ou après l’incarnation

27 juin 2017 : Saint Cyrille d’Alexandrie [1] (Fr. Jean)

Saint Cyrille d’Alexandrie est né en 376, a été consacré évêque en 412 et mourut en 444. Comme ces dates l’indiquent, il fut lié au Concile Éphèse en 431 qui proclama Marie Mère de Dieu. Saint Cyrille fut plus tard défini comme le « gardien de l’exactitude » en raison de son souci pour la vraie foi. Comme le rappelait Benoît XVI : « [ceci] exprime un fait qui est caractéristique de Cyrille, c’est-à-dire la référence constante de l’évêque d’Alexandrie aux auteurs ecclésiastiques précédents (parmi ceux-ci, Athanase en particulier), dans le but de montrer la continuité de sa théologie avec la tradition. Il s’insère volontairement, explicitement dans la tradition de l’Eglise, dans laquelle il reconnaît la garantie de la continuité avec les Apôtres et avec le Christ lui-même. »

Deux ou trois ans après son élection à l’épiscopat, en 417 ou 418, l’évêque d’Alexandrie se montra réaliste en recomposant la rupture de la communion avec Constantinople, qui durait désormais depuis 406. Mais l’ancienne opposition avec le siège de Constantinople se ralluma une dizaine d’années plus tard, lorsqu’en 428, Nestorius y fut élu évêque. Pour ce dernier l’union entre Dieu et l’homme dans le Christ n’était pas véritable, et, naturellement, on ne pouvait plus parler de « Mère de Dieu ». La réaction de Saint Cyrille fut presque immédiate, il écrit ainsi à Nestorius : « Il faut exposer au peuple l’enseignement et l’interprétation de la foi de la manière la plus irrépréhensible, et rappeler que celui qui scandalise ne serait-ce qu’un seul des petits qui croient dans le Christ subira un châtiment intolérable ». Il poursuivit sa lettre par l’affirmation que le Concile de Chalcédoine reprendra. Texte un peu difficile mais qu’il est tout de même bon de réentendre : « Nous affirmons ainsi que les natures qui se sont unies dans une véritable unité sont différentes, mais de toutes les deux n’a résulté qu’un seul Christ et Fils; non parce qu’en raison de l’unité ait été éliminée la différence des natures, mais plutôt parce que divinité et humanité, réunies en une union indicible et inénarrable, ont produit pour nous le seul Seigneur et Christ et Fils ».

Nestorius fut plusieurs fois condamné et particulièrement au Concile Éphèse en 431. Saint Cyrille voulut cependant tout faire pour préserver l’unité : ainsi d’une part, il y a la clarté de la doctrine de la foi, mais de l’autre également la recherche intense de l’unité et de la réconciliation. Au cours des années suivantes, il se consacra de toutes les façons possibles à défendre et à éclaircir sa position théologique jusqu’à sa mort, qui eut lieu le 27 juin 444.

Saint Cyrille nous laisse de très nombreux écrits. La base de l’enseignement de Cyrille est la tradition ecclésiastique, et en particulier les écrits de Saint  Athanase, son  grand  prédécesseur sur le siège d’Alexandrie.

Benoît XVI conclue son audience en ces termes : « La foi chrétienne est tout d’abord une rencontre avec Jésus, « une Personne qui donne à la vie un nouvel horizon » (Enc. Deus caritas est, n. 1). Saint Cyrille d’Alexandrie a été un témoin inlassable et ferme de Jésus Christ, Verbe de Dieu incarné, soulignant en particulier son unité, comme il le répète en 433 dans la première lettre (PG 77, 228-237) à l’Evêque Succenso : «Un seul est le Fils, un seul le Seigneur Jésus Christ, que ce soit avant l’incarnation ou après l’incarnation. En effet, le Logos né de Dieu le Père n’était pas un fils, et celui né de la Sainte Vierge un autre fils; mais nous croyons que précisément Celui qui existe depuis toute éternité est né également selon la chair d’une femme ». Cette affirmation, au-delà de sa signification doctrinale, montre que la foi en Jésus Logos né du Père est également bien enracinée dans l’histoire, car, comme l’affirme saint Cyrille, ce même Jésus est venu dans le temps avec la naissance de Marie, la Theotòkos, et il sera, selon sa promesse, toujours avec nous. Et cela est important : Dieu est éternel, il est né d’une femme, et il reste avec nous chaque jour. Nous  vivons  dans  cette  certitude, en elle  nous  trouvons  le  chemin de notre vie. »

[1] Cf. Benoît XVI – Audience Générale du 3 octobre 2007

Laissez un commentaire