Chaque doute peut déboucher sur une certitude !

3 juillet 2017 : Saint Thomas, Apôtre[1] (Frère Jean-Régis)

 

Toujours présent dans les quatre listes d’apôtres établies par le Nouveau Testament, Thomas est placé dans les trois premiers Evangiles à côté de Matthieu[2], alors que dans les Actes, il se trouve près de Philippe[3]. Son nom dérive d’une racine juive, ta’am, qui signifie « apparié, jumeau« . En effet, l’Evangile de Jean l’appelle plusieurs fois par le surnom de « Didyme« [4], qui, en grec, signifie précisément « jumeau » mais la raison de cette dénomination n’est pas claire.

L’Evangile selon saint Jean, en particulier, nous offre plusieurs informations qui décrivent certains traits significatifs de la personnalité de saint Thomas.

Lorsque Jésus, à un moment critique, décida de se rendre à Béthanie pour ressusciter Lazare, Thomas dit : « Allons-y nous aussi, pour mourir avec lui ! »[5]. Sa détermination révèle la totale disponibilité à suivre Jésus, jusqu’à la mort. Le plus important est de ne jamais se détacher de Jésus : vivre ensemble, mourir ensemble, être dans son coeur comme Il est dans le nôtre.

Lors de la Dernière Cène[6], Jésus dit : « Pour aller où je m’en vais, vous savez le chemin ». Thomas répond : « Seigneur, nous ne savons même pas où tu vas ; comment pourrions-nous savoir le chemin ? ». Souvent, nous aussi, nous ne comprenons pas Jésus. Ayons, comme Thomas, le courage de dire : je ne te comprends pas, Seigneur, aide-moi à comprendre !

Très célèbre et même proverbiale est enfin la scène de Thomas incrédule, qui eut lieu huit jours après Pâques. Dans un premier temps, il n’avait pas cru à l’apparition de Jésus en son absence et il avait dit : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt à l’endroit des clous, si je ne mets pas la main dans son côté; non, je ne croirai pas !« [7]. Au fond, Thomas considère que les signes caractéristiques de Jésus sont à présent surtout les plaies, dans lesquelles se révèle jusqu’à quel point Jésus nous a aimés. En cela, il ne se trompe pas. Huit jours après, Jésus lui apparaît et Thomas fait la plus splendide profession de foi de tout le Nouveau Testament : « Mon Seigneur et mon Dieu ! »[8]

Une dernière annotation sur Thomas est conservée dans le Quatrième Evangile, qui le présente comme le témoin du Ressuscité lors du moment qui suit la pêche miraculeuse sur le Lac de Tibériade[9]. En cette occasion, il est même mentionné immédiatement après Simon-Pierre : signe évident de la grande importance dont il jouissait au sein des premières communautés chrétiennes.

Rappelons enfin que, selon une antique tradition, Thomas évangélisa tout d’abord la Syrie et la Perse, se rendit ensuite jusqu’en Inde occidentale, d’où il atteignit également l’Inde méridionale. D’incrédule, il devint un grand missionnaire annonçant sans peur Jésus mort et ressuscité !

Par tous ces aspects, saint Thomas est important pour nous : il nous réconforte dans nos incertitudes ; il nous montre que chaque doute peut déboucher sur une certitude ; enfin, son exemple peut et doit fortifier notre foi en Jésus-Christ, notre Seigneur et notre Dieu et nous stimuler pour être à sa suite d’ardents et courageux apôtres de Jésus mort et ressuscité, éternellement vivant !

[1] Source : audience du pape Benoit XVI le mercredi 27 septembre 2006

[2] (cf. Mt 10, 3; Mc 3, 18; Lc 6, 15)

[3] (cf. Ac 1, 13).

[4] (cf. Jn 11, 16; 20, 24; 21, 2)

[5] (Jn 11, 16)

[6] (Jn 14, 4-5)

[7] (Jn 20, 25)

[8] (Jn 20, 28).

[9] (Jn 21, 2)

Laissez un commentaire