Elle vient me chercher. Je la reconnais : c’est Marie, mère de toute grâce !

4 juillet 2017 : Sainte Elisabeth du Portugal[1] (Fr. Jean)

 

Sainte Élisabeth est née en 1271 et est morte en 1336. Elle reçoit au baptême le nom de sa grand-tante, sainte Elisabeth de Hongrie, que le pape Grégoire IX a canonisé 36 ans auparavant. A l’âge de huit ans, elle récitait chaque jour l’office divin et conserva cette pratique jusqu’à sa mort ; elle méprisait le luxe, fuyait les divertissements, soulageait les pauvres, multipliait ses jeûnes et menait une vie de sainteté. Toutes les oeuvres de piété d’Élisabeth étaient accompagnées de larmes que l’amour faisait monter de son coeur à ses yeux. Le temps que ses exercices religieux lui laissaient libre, elle aimait à l’employer à l’ornementation des autels ou aux vêtements des pauvres.

Élevée sur le trône de Portugal par son mariage avec Denys, roi de ce pays, elle fut d’une patience remarquable dans les épreuves qu’elle eut souvent à subir de la part de son mari, et ne lui montra jamais, en échange de ses procédés injustes, qu’une amabilité croissante, une douceur toute affectueuse et un dévouement sans bornes, qui finirent par triompher de ce coeur rebelle. Élisabeth est célèbre par le don que lui fit le Ciel de rétablir la paix entre les princes et les peuples.

Peu de Saintes ont montré tant de charité pour les membres souffrants de Jésus-Christ ; jamais aucun pauvre ne partait du palais sans n’avoir rien reçu ; les monastères qu’elle savait dans le besoin recevaient abondamment le secours de ses aumônes ; elle prenait les orphelins sous sa protection, dotait les jeunes filles indigentes, servait elle-même les malades. Tous les vendredis de Carême, elle lavait les pieds à treize pauvres, et après les leur avoir baisés humblement, elle les faisait revêtir d’habits neufs. Le Jeudi saint, elle remplissait le même office près de treize femmes pauvres. Or, un jour qu’elle lavait les pieds à ces pauvres, il se trouva dans le nombre une femme qui avait au pied une plaie dont la mauvaise odeur était insupportable : la reine, malgré toutes les répugnances de la nature, prit ce pied infect, en pansa l’ulcère, le lava, l’essuya, le baisa et le guérit. Même miracle arriva en faveur d’un pauvre lépreux. Un jour d’hiver le roi Denys en colère, avise son épouse dont il croit le tablier rempli de pièces d’argent destinées aux pauvres. Il l’arrête brusquement et lui ordonne : « Ouvrez votre tablier, Madame, et découvrez votre fardeau. » Au lieu de l’argent qu’il escomptait récupérer, le roi découvre des fleurs magnifiques, spécialement des roses épanouies, totalement hors-saison. Honteux et confus, il s’excuse mais demeure songeur : «Je croyais bien trouver de l’argent destiné aux gueux. J’ai trouvé une brassée de belles fleurs, largement épanouies en plein hiver. Mon épouse serait-elle une sainte ?» A cause de ce miracle des fleurs, elle sera représentée : tablier ouvert sur une jonchée de roses.

Après la mort du roi, elle voulait se retirer chez les Clarisses, mais on lui fit observer qu’elle ferait une meilleure œuvre en continuant ses libéralités. Ste Elisabeth prend toutefois l’habit du tiers-ordre de Saint-François, et se contente d’habiter une maison proche du monastère, vivant elle-même selon la règle du tiers-ordre.

Apprenant peu après que son fils Alphonse et son petit-fils, le roi de Castille, entraient en guerre, elle se rendit à Estremoz chez son fils. A peine arrivée, elle tomba malade. Béatrice tient affectueusement la main de sa belle-mère, lorsqu’elle sent une légère pression et entend un appel : « Approchez donc un siège, ma mie. » La princesse répond : « Mais il n’y a personne pour l’occuper. » La Reine réplique : « Sûrement que si, en effet, j’aperçois une belle dame radieuse, vêtue d’une robe éclatante de blancheur. Elle vient me chercher. Je la reconnais : c’est Marie, mère de toute grâce. » Ce furent ces dernières paroles (4 juillet 1336).

[1] Cf. Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l’année, Tours, Mame, 1950

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