Je vois la dignité où vous êtes élevé et de quelle hauteur maintenant vous pouvez tomber !

8 juillet 2017 : Bienheureux Eugène III (Fr. Paul)

Bernardo Paganelli est né à Pise en Italie. Il rencontra saint Bernard en 1138, devint moine de l’abbaye de Clairveaux et en partit l’année suivante pour la fondation d’un monastère en Italie près de Farfa. Sur l’ordre d’Innocent II, les moines se transférèrent en 1140 au Monastère des Saints Vincent et Anastase, à Tre Fontane, aux portes de Rome, sur le lieu du martyre de saint Paul. Bernardo deviendra abbé de Tre Fontane en 1141. A la mort de Lucius II, Bernardo est élu Pape à l’unanimité sous le nom de Eugène III, le 15 février 1145. Saint Bernard exprima dans sa correspondance son appréhension devant le choix d’une personne « inexperte et faible ». Mais on lui répondra : « le Seigneur daigna lui accorder sur le champ de telles grâces, qu’il l’emporta sur nombre de ses prédécesseurs en grandes actions et en réputation ». Saint Bernard écrira pour le nouveau pape le Traité « de Consideratione » dans lequel il lui rappelle ses devoirs. On y lit par exemple : « Désormais je parle à mon maître, je n’ose plus vous appeler mon fils. Celui qui me suivait a passé devant moi… . L’Église exulte et glorifie le Seigneur de votre élection […] J’exulte moi aussi et pourtant je l’avoue j’ai peur. Ma joie est mêlée de crainte et de tremblements… Je vois la dignité où vous êtes élevé et de quelle hauteur maintenant vous pouvez tomber. » Saint Bernard, avec liberté et franc-parler, invite le nouveau Pape à cultiver l’humilité : « À voir la pompe qui t’entoure on te prendrait plutôt pour le successeur de Constantin que pour le successeur de saint Pierre. Contemple-toi d’un regard dénudé dans ta première nudité puisque tu es sorti nu des entrailles de ta mère. Es-tu donc né coiffé de la tiare, brillant de joyaux, chatoyant sous la soie, couronné de plumes ou constellé de métaux précieux ? Éloigne tous ces ornements, dissipe-les comme les éphémères nuées du matin… Tu ne verras plus alors qu’un homme nu, pauvre, malheureux, pitoyable, un homme né de la femme et donc héritier du péché, destiné à une vie brève et donc dans la crainte… ».  « Tu n’es pas le souverain des Évêques, mais l’un d’entre eux, le frère de ceux qui aiment Dieu, le compagnon de ceux qui le craignent. Tu dois être au milieu d’eux comme le modèle de la justice, le miroir de la sainteté».

Encouragé par saint Bernard, Eugène III poursuivit la réforme engagée par Grégoire VII, créa l’auditorium, ancêtre du tribunal de la Rote, afin de se dégager des procès de plus en plus nombreux que la papauté devait régler. Il créa le Sacré Collège et commença la construction du palais pontifical. En 1143, pour sauver le royaume de Jérusalem, il demanda à saint Bernard de prêcher une nouvelle croisade. Son pontificat fut marqué par diverses difficultés politiques qui l’obligèrent à quitter Rome. Il entreprît alors un voyage en Italie, en Allemagne, en France. Entre 1147 et 1148 il revoit Saint Bernard, Clairvaux et Cîteaux, assiste aux conciles de Paris et aux synodes de Trèves et de Reims où furent examinées entre autres les positions doctrinales de Gilbert de la Porrée et les visions d’Hildegarde von Bingen. Il consacra l’abbatiale de l’Abbaye de Fontenay en présence de dix cardinaux, huit évêques et de nombreux abbés cisterciens (dont saint Bernard) puis les cathédrales de Châlons et de Verdun.  En décembre 1149, il retourna à Rome mais dut en repartir, car l’hostilité du Sénat romain restait vive.

Cistercien de cœur, Eugène faisait partie de ceux qui « désirent rester aux pieds du Seigneur avec Marie, et qui se voient ramenés à nourrir les foules et à servir avec Marthe » (Lettre 412 de St Bernard). Il garda toujours la simplicité de vie et l’habit cistercien.

Il mourut à Tivoli le 8 juillet 1153 et fut enseveli dans la Basilique Saint-Pierre, près de l’autel de la Vierge, dans le chœur des chanoines. Plus tard ses restes furent regroupés dans une sépulture commune des Grottes vaticanes. Sur sa tombe étaient inscrits ces mots : « En ce sépulcre est déposé le corps mortel d’Eugène, que la divine bonté fait vivre auprès du Christ. Pise a engendré l’homme et Clairvaux le disciple dans la sainteté de la Vie Religieuse. Passé de ce lieu au Monastère du Martyr Saint Anastase, d’Abbé, il devint Pontife universel. Au mois de juillet, quand le soleil éveillait le huitième jour, il l’emporta, phare de lumière et splendeur du monde, en l’année 1153 de la conception de la Vierge ».

Sa réputation de sainteté fut confirmée par de multiples miracles près de sa tombe. Pie IX le Béatifia en 1872.

Sources :

– nominis.cef.fr

– reflexionchretienne.e-monsite.com

– wikipedia.org

 

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