Nous sommes fous à cause du Christ !

Mercredi 4 juillet 2017 : Saint Antoine Marie Zaccaria (Fr. Joseph)

Fondateur des Barnabites, clercs réguliers de Saint-Paul (✝ 1539)

L’Église avait besoin de réforme. Il y avait eu Luther, mais l’Eglise avait besoin d’une vraie réforme qui soit l’œuvre des saints. Antoine Marie Zaccaria est l’un de ceux-là. Il était enraciné en Dieu et aussi passionné par l’homme. Il a adopté l’apôtre Paul comme maître, et vécu à sa suite une spiritualité exigeante fondée sur la ‘folie de la croix’. A une époque de relâchement général, il a ravivé la foi et la charité.

Né d’une famille noble, en 1502 ou 1503, dans une ville de Lombardie appelée Crémone. Il devient vite orphelin de père ; sa mère, restée veuve à dix-huit ans, l’élève dans une piété fervente et une charité active.

Il devient médecin et exerce dans sa ville natale avec un grand désintéressement. En même temps il enseigne la doctrine chrétienne aux enfants dans une petite église qui était près de chez lui.

Des adultes étant venus se joindre aux enfants qu’il catéchisait, il se mit à étudier la théologie et finit par abandonner la médecine pour le sacerdoce. Il est ordonné à 26 ans. Lors de sa première messe, les témoins ont affirmé avoir vu des anges qui entouraient l’autel. Il a fait tant de bien à Crémone que la ville lui a donné le titre de Père de la patrie.

2 ans après son ordination, il entre dans une confrérie à Milan où il fait connaissance de deux compagnons avec lesquels il va fonder, sous la règle de saint Augustin, une congrégation qui exprime son attachement à St Paul en prenant le nom de Clercs Réguliers de la congrégation Saint-Paul. Mais la congrégation s’étant installé à Milan dans un vieux couvent placé sous le patronage de Saint-Barnabé, le peuple les appela les Barnabites.

La congrégation se développe lentement : elle compte 800 religieux après un peu plus de deux siècles. Elle a compté 4 provinces en Italie, une en France, une en Allemagne. Elle a envoyé des missionnaires en Birmanie, en Indochine et en Chine.

Antoine-Marie Zaccaria fonda les conférences pour les ecclésiastiques et des associations pour les gens mariés, il prêcha dans les églises et sur les places publiques, organisa des visites aux malades dans les hôpitaux. Premier supérieur général, il fit élire à sa place un de ses premiers compagnons. Ce dernier ne fera rien sans le consulter.

Tombé gravement malade, Antoine-Marie Zaccaria rentre à Crémone, sa ville natale, qui va devenir aussi la ville de son trépas, le 5 juillet 1539.

Son action personnelle et directe ne s’est exercée que dans l’ltalie du Nord où elle prépara la réforme de saint Charles Borromée.

Ses grandes dévotions furent l’Eucharistie et le Crucifix : il fut un véritable passionné de Jésus crucifié. Il a aussi eu une grande dévotion à l’apôtre Paul, qu’il appelle « notre Père et Maître. » Il exerce sa direction sur ses fils spirituels avec une grande tendresse et une puissante énergie : il appelle  ses disciples ses « doux fils dans le Christ », et il les conduit à l’action décisive, coûte que coûte. Son zèle ardent lui fait écrire : « Courrons comme des fous non seulement à Dieu, mais aussi au prochain, qui est l’intermédiaire à qui nous donnons ce que nous ne pouvons donner à Dieu. ».

Citons quelques passages de ses sermons à ses fils spirituels :

Nous sommes fous à cause du Christ ; saint Paul, notre guide et notre protecteur, disait cela de lui-même, des autres Apôtres et de tous ceux qui professent la vie chrétienne et apostolique.

Nous avons choisi ce grand Apôtre comme notre guide et notre père, et nous faisons profession de le suivre. Il ne faut pas que, sous un tel chef, nous soyons des soldats lâches ou fuyards, ni que nous soyons les fils dégénérés d’un si noble père.

Dieu nous a choisis en nous tirant du monde, selon sa miséricorde, pour que nous le servions en progressant de vertu en vertu, en trouvant notre gloire non seulement dans l’espérance de la gloire des fils de Dieu, mais encore dans nos épreuves.

Ceux qui s’opposent à nous se font tort à eux-mêmes, mais ils embellissent notre couronne de gloire éternelle, tandis qu’ils attirent sur eux la colère divine ; nous devons donc les plaindre et les aimer plutôt que les détester et les haïr. Nous devons même prier pour eux et ne pas nous laisser vaincre par le mal, mais vaincre le mal par le bien et leur prodiguer des témoignages d’affection. C’est ainsi qu’en voyant notre patience et notre douceur, ils reviendront à une meilleure conduite et seront gagnés par le feu de l’amour envers Dieu.

 

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