Dieu est à Naples aussi bien qu’à Venise !

Lundi 7 août 2017 : Saint Gaëtan et sainte Julienne (Fr. Joseph)

Saint Gaëtan de Thienne (v 1480 – 1547)

Contemporain de Luther, il fut de ceux qui, au temps de la Réforme et bien avant le concile de Trente, travaillèrent à préserver l’Italie du protestantisme.

Né en Vénétie vers 1480, Gaëtan devient prêtre avec de grands sentiments d’humilité : « ver de terre, poussière et cendre, s’avancerait comme au milieu du ciel. »

Pendant 13 ans, il est secrétaire au Vatican. Ce qu’il y voit n’est guère conforme à l’Évangile et sa piété le porte alors à imiter encore davantage Notre-Seigneur. Il est soucieux d’ajouter à ses tâches administratives le service des malades et une vie de prière. A la mort de sa mère, il renonce à sa charge et passe les six années suivantes à donner aux pauvres son héritage, visitant les taudis, balayant dans les hôpitaux, soignant les incurables.

Il a un ami prêtre, Jean-Pierre Caraffa : bien qu’ils aient un caractère très différent (Gaëtan est plein de douceur tandis que Caraffa est fort et impétueux), ils s’accordent dans le zèle. Ensemble, ils fondent, un institut de prêtres menant une vie pauvre. Ils sont appelés Théatins, du nom du diocèse où Caraffa deviendra évêque avant de devenir pape sous le nom de Paul IV. Ils s’engagent à soigner les malades, à répandre l’usage des sacrements parmi les laïcs (confession et communion) et à ramener le clergé à ses devoirs.

Il écrit à une de ses dirigées : « Ma fille, ne communie pas à Jésus Christ afin d’user de lui à ton gré ; je veux que tu t’abandonnes à lui, et que lui te reçoive, afin que lui-même, ton Dieu sauveur, fasse de toi tout ce qu’il veut. Voilà ce que je désire  à quoi je t’exhorte, et, autant que j’en ai le pouvoir, ce que j’exige de toi. » (cf. Office des lectures)

Gaëtan est implacable au sujet de la pauvreté : ayant fondé à Naples, on lui objecte que les napolitains sont moins généreux et il répond : « peut-être, mais Dieu est à Naples aussi bien qu’à Venise. ». Il meurt à Naples, étendu sur un lit de cendres. Le mode de vie de son Institut inspira les grands réformateurs du XVIe siècle.

Sainte Julienne du Mont Cornillon (1192-1258)

Julienne nait près de Liège, en Belgique. Le diocèse de Liège était, pour ainsi dire, un véritable «cénacle» eucharistique. D’éminents théologiens y avaient illustré la valeur suprême de l’Eucharistie et il y avait des groupes féminins consacrés au culte eucharistique et à la communion fervente. Elles vivaient ensemble, se vouant à la prière et aux œuvres de charité.

Devenue orpheline à l’âge de 5 ans, Julienne est confiée aux sœurs augustiniennes du couvent du Mont-Cornillon. Plus tard, elle devient elle aussi moniale augustinienne. Elle a un sens profond de la présence du Christ, dans le sacrement de l’Eucharistie et médite souvent les paroles de Jésus: «Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde» (Mt 28, 20).

A seize ans, elle a une première vision, qui se répète ensuite plusieurs fois dans ses adorations eucharistiques. Il lui est demandé l’institution d’une fête dans laquelle on pourrait adorer l’Eucharistie pour faire croître la foi, avancer dans la pratique des vertus et réparer les offenses au Très Saint Sacrement.

Pendant environ vingt ans, Julienne conserve le secret de cette révélation, qui avait rempli son cœur de joie. Puis elle se confie à deux ferventes adoratrices de l’Eucharistie, une ermite et une religieuse de son couvent. Les trois femmes établissent une sorte d’«alliance spirituelle», pour glorifier le Très Saint Sacrement. Elles demandent l’aide d’un prêtre très estimé, le priant d’interpeller les théologiens et les ecclésiastiques au sujet de ce qui leur tenait à cœur. Les réponses furent positives et encourageantes.

L’évêque de Liège, après avoir hésité au début, accueille la proposition de Julienne et de ses compagnes, et institue la solennité du Corpus Domini dans son diocèse. Plus tard, d’autres évêques l’imitèrent.

Cependant Julienne doit subir la dure opposition de certains membres du clergé et du supérieur même dont dépendait son monastère. Alors, elle quitte le couvent de Mont-Cornillon avec quelques compagnes, et pendant dix ans, elle est l’hôte de divers monastères de cisterciennes. Elle ne fait jamais de critiques sur ses adversaires, mais continue à diffuser avec zèle le culte eucharistique, jusqu’à sa mort en 1258.

Jacques Pantaléon de Troyes, un ecclésiastique qui avait connu la sainte, est conquis à la bonne cause de la fête du Corpus Domini. Il devint pape sous le nom d’Urbain IV, et institua la solennité du Corpus Domini pour toute l’Eglise. Il donna l’exemple, en célébrant la solennité du Corpus Domini à Orvieto, la ville où il demeurait. On conservait dans la cathédrale de la ville le célèbre corporal portant les traces du sang de Notre Seigneur : l’année précédente, un prêtre, alors qu’il consacrait le pain et le vin, avait été saisi de doutes profonds sur la présence réelle du Corps et du Sang du Christ. Quelques gouttes de sang avaient coulé de l’hostie sur le corporal.

Regardons en adoration l’Hostie consacrée, nous rencontrons le don de l’amour de Dieu, la Passion et la Croix de Jésus, ainsi que sa Résurrection. Les saints ont toujours trouvé force, consolation et joie dans la rencontre eucharistique.

 

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