Je ne vois qu’un seul remède : l’Eucharistie

2 août 2017 : Saint Eusèbe de Verceil et Saint Pierre-Julien Aymard (Fr. Jean-Régis)

Dans la grande constellation des saints, l’Eglise nous donne aujourd’hui de contempler un grand défenseur de la foi, Saint Eusèbe de Verceil et un grand apôtre de l’Eucharistie, saint Pierre Julien Eymard,

Eusèbe vécut alors que l’Église subissait la grave épreuve de l’hérésie arienne. En 345, il fut choisi au siège épiscopal de Verceil. Le nouvel évêque commença immédiatement une œuvre intense d’évangélisation d’un territoire encore largement païen, spécialement dans ses zones rurales. Solidement formé dans la foi nicéenne, Eusèbe défendit de toutes ses forces la pleine et entière divinité de Jésus-Christ, que le Concile de Nicée avait définie comme étant consubstantielle au Père. Le saint évêque de Verceil résista ouvertement à l’empereur et lui reprocha hautement son impiété. Il s’allia à cette fin avec les Pères les plus importants du IVe siècle contre la politique philo-arienne de l’empereur, surtout avec Saint Athanase, porte-drapeau de l’orthodoxie nicéenne. En l’an 355, dans un concile tenu à Milan par le pape Libère, saint Eusèbe demanda qu’on souscrivît avant tout au symbole de Nicée et refusa de signer la sentence prononcée par les hérétiques contre saint Athanase d’Alexandrie. Les évêques ariens s’opposèrent au Saint et le firent exiler en Palestine, à Scythopolis, où on lui fit subir d’indignes traitements. Mais il accepta l’exil comme une fonction de son ministère. Les lettres importantes que saint Eusèbe adressa de Scythopolis au clergé et au peuple de Verceil montrent quelles furent envers lui la cruauté et l’insolence effrontée des Ariens. Elles prouvent encore qu’ils ne purent jamais, ni l’abattre par leurs menaces et leurs traitements inhumains, ni l’attirer à leur parti au moyen de ruses adroites et flatteuses. Déporté à cause de sa fermeté, il supporta les rigueurs de l’exil jusqu’à la mort de Constance. Il lui fut alors permis de rejoindre son troupeau, mais il ne voulut partir qu’après avoir assisté au synode réuni à Alexandrie pour réparer les pertes de la foi.

Pierre-Julien Eymard, originaire du diocèse de Grenoble, fut d’abord prêtre diocésain avant d’être religieux mariste où il exerça des responsabilités importantes, comme provincial puis visiteur général. Il se dépensa sans compter à ses missions malgré une santé fragile qui l’obligea parfois à prendre du repos. Cependant, il est rapidement happé par la détresse spirituelle du XIXème siècle. « J’ai souvent réfléchi sur les remèdes à cette indifférence qui s’empare d’une manière effrayante de tant de catholiques et je n’en trouve qu’un : l’Eucharistie, l’amour de Jésus eucharistique. La perte de la foi provient de la perte de l’amour : les ténèbres de la perte de la lumière, le froid glacial de la mort de l’absence de feu. … Maintenant, il faut se mettre à l’œuvre, sauver les âmes par la divine Eucharistie, et renouveler la France et l’Europe engourdies dans leur sommeil d’indifférence parce qu’elles ne connaissent pas le don de Dieu, Jésus l’Emmanuel eucharistique. C’est la torche de l’amour qu’il faut porter dans les âmes tièdes qui se croient pieuses, et ne le sont pas parce qu’elles n’ont pas établi leur centre et leur vie dans Jésus au saint Tabernacle… Je trouve que l’on s’éloigne trop de la sainte Eucharistie, qu’on ne prêche pas assez souvent sur ce mystère d’amour par excellence. Les âmes ne savent pas trouver leur consolation et leur force en Notre Seigneur. » Peu à peu grandit en lui l’attrait pour l’Eucharistie et le désir d’établir un groupe d’hommes dédiés à l’adoration du Saint-Sacrement. Suite aux apparitions qu’il reçut de la Vierge Marie le chargeant de fonder un institut sacerdotal voué à l’adoration perpétuelle du Saint Sacrement, il fonde deux nouvelles Congrégations, celle des Prêtres, et celle des Servantes du Saint-Sacrement pour vénérer et diffuser la piété envers le sacrement de l’Eucharistie. Il écrit en 1867 : « Jusqu’ici, le soleil de l’Eucharistie ne s’était pas levé encore. Mais toutes les grandes richesses eucharistiques s’ouvrent devant nous. Il y a de quoi stupéfier. Nous n’en voyons qu’un rayon, qu’en sera-t-il plus tard ? » Il lutte contre la tendance, d’influence janséniste, à ne faire communier les chrétiens que rarement : « Vous venez à la communion pour devenir saint, non parce que vous l’êtes ».

Ses dernières années furent remplies de souffrances venant de ses religieux qui n’avaient plus confiance en lui. « Donnez-moi la croix, Seigneur, disait-il, pourvu que vous me donniez aussi votre amour et votre grâce. »

Demandons donc en ce jour à Saint Eusèbe de Verceil et à saint Pierre-Julien Eymard leur force d’âme et leur courage pour être fidèles à Jésus. En nos temps où beaucoup ne croient plus en la présence réelle de Jésus dans l’eucharistie, soyons fermes, courageux et déterminés pour rester fidèle et témoigner sans peur de la foi en l’Eucharistie : Jésus est réellement présent au milieu de nous avec son corps, son sang, son âme et sa divinité. Venons puiser ce zèle et ce courage, cette force et cet amour à la source même de l’Eucharistie et témoignons du grand trésor qu’est l’eucharistie, témoignons de la grande force et puissance qu’est l’eucharistie. Que le grand soleil qu’est l’eucharistie nous brûle de ses rayons d’amour et nous enflamme du désir d’être saint, vite saint, grand saint.

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