Mon secret est bien simple, c’est de tout donner et de ne rien garder !

Vendredi 4 août 2017 : Saint Jean Marie Vianney (Fr. Joseph)

Jean-Marie Vianney est né dans le petit bourg de Dardilly le 8 mai 1786, d’une famille paysanne, pauvre de biens matériels, mais riche de foi. Il consacra les années de son enfance aux travaux dans les champs et à faire paitre les animaux, si bien que, à l’âge de dix-sept ans, il était encore analphabète. Mais il se nourrissait du sens religieux qu’on respirait à la maison. Il vécut – dans les années de sa jeunesse – une clandestinité héroïque en parcourant des kilomètres dans la nuit pour participer à la messe. Il avait en son âme le désir de devenir prêtre. Il arriva à l’ordination presbytérale après bien des difficultés, grâce à l’aide de savants prêtres, qui ne s’arrêtèrent pas à considérer ses limites humaines, mais surent regarder au-delà, en pressentant l’horizon de sainteté qui se profilait en ce jeune. Il est ordonné prêtre le 13 août 1815, à l’âge de 29 ans.

Il est envoyé à Ars, petit village de 230 habitants, prévenu par l’Évêque qu’il y aurait trouvé une situation religieuse précaire : « Il n’y a pas beaucoup d’amour de Dieu dans cette paroisse, vous l’y mettrez ».

Eucharistie et sacerdoce : Le saint curé avait une haute idée du sacerdoce, surtout en raison du lien avec l’Eucharistie. C’est ainsi qu’il est allé jusqu’à décider d’« habiter » matériellement dans son église. On lit dans sa première biographie : « A peine arrivé, il choisit l’église pour être sa demeure… Il entrait dans l’église avant l’aube et il n’en sortait qu’après l’Angelus du soir. C’est là qu’il fallait le chercher si l’on avait besoin de lui ».

A son exemple, les fidèles apprenaient à prier, s’arrêtant volontiers devant le tabernacle pour faire une visite à Jésus Eucharistie. Il les exhortait : « Venez à la communion, venez à Jésus, venez vivre de lui, afin de vivre pour lui ». Cette éducation des fidèles à la présence eucharistique et à la communion revêtait une efficacité toute particulière, quand les fidèles le voyaient célébrer le saint sacrifice de la Messe. Ceux qui y assistaient disaient « qu’il n’était pas possible de voir un visage qui exprime à ce point l’adoration… Il contemplait l’Hostie avec tant d’amour ».

Confession : son identification personnelle au sacrifice de la Croix le conduisait – d’un seul mouvement intérieur – de l’autel au confessionnal. Au temps du Saint Curé, en France, la confession n’était pas plus facile ni plus fréquente que de nos jours, compte tenu du fait que la tourmente de la Révolution avait étouffé pendant longtemps la pratique religieuse. Mais il s’est efforcé de faire redécouvrir la beauté de la Pénitence sacramentelle. Il a été le bon pasteur miséricordieux et éducateur en s’adaptant à chaque âme.

– Si quelqu’un s’affligeait de sa faiblesse et de son inconstance, craignant les rechutes à venir, le Curé lui révélait le secret de Dieu par une expression d’une touchante beauté : « Le bon Dieu sait toutes choses. D’avance, il sait qu’après vous être confessé, vous pécherez de nouveau et cependant il vous pardonne. Quel amour que celui de notre Dieu qui va jusqu’à oublier volontairement l’avenir pour nous pardonner ! ».

– A celui qui s’accusait de manière presque indifférente, il offrait, par ses larmes, la preuve de la souffrance et de la gravité que causait cette attitude « abominable » : « Je pleure de ce que vous ne pleurez pas », disait-il.

– Si quelqu’un se présentait avec un désir déjà éveillé d’une vie spirituelle plus profonde, il l’introduisait dans les profondeurs de l’amour, en exhortant à vivre uni à Dieu : « Tout sous les yeux de Dieu, tout avec Dieu, tout pour plaire à Dieu… Oh ! que c’est beau ! ».

Et il n’hésitait pas à s’infliger des mortifications pour le bien des âmes pour contribuer à l’expiation des péchés entendus en confession. A un confrère prêtre, il expliquait : « Je vais vous dire ma recette. Je leur donne une petite pénitence et je fais le reste à leur place ».

A la rencontre des brebis : le Saint Curé sut aussi « habiter » activement tout le territoire de sa paroisse : il rendait visite de manière systématique à tous ; il organisait des missions populaires et des fêtes patronales ; il recueillait et administrait des dons en argent pour ses œuvres charitables et missionnaires ; il s’occupait des orphelines de la « Providence » (Institut qu’il avait fondé) ; il s’intéressait à l’éducation des enfants ; il créait des confréries.

Il conquit les âmes, même les plus réfractaires, en leur communiquant ce qu’il vivait intimement, c’est-à-dire son amitié avec le Christ. « Il était amoureux » du Christ, et le vrai secret de sa fécondité pastorale a été l’amour pour le Mystère eucharistique annoncé, célébré et vécu.

Il était 2 heures du matin le 4 août 1859, lorsque saint Jean Marie Vianney acheva le cours de son existence toute donnée à Jésus et aux âmes.

Conseils évangéliques : Jean XXIII, pour le centenaire de sa mort, présentait sa physionomie sous le signe des « trois conseils évangéliques » : Sa pauvreté : il expliquait : « Mon secret est bien simple, c’est de tout donner et de ne rien garder ». Sa chasteté : on disait que « la chasteté brillait dans son regard », et les fidèles s’en rendaient compte quand il se tournait vers le tabernacle avec le regard d’un amoureux. L’obéissance : il était tourmenté par la pensée de son incapacité pour le ministère paroissial et par son désir de fuir « pour pleurer dans la solitude sur sa pauvre vie ». L’obéissance seule, et sa passion pour les âmes, réussissaient à le convaincre de rester à son poste.

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