Que je devienne un instrument de votre amour !

14 août 2017 : Saint Maximilien (Fr. Joseph)

Raymond Kolbe (canonisé par Jean-Paul II en 1982), est né le 7 janvier 1894 de modestes tisserands polonais. Son père est très doux, un peu taciturne. Sa mère est énergique et travailleuse. Raymond est violent, indépendant, entreprenant et têtu. D’un naturel vif et primesautier, il éprouve souvent la patience de sa mère qui s’écrie un jour: «Mon pauvre enfant, que deviendras-tu?» La réprimande provoque chez le petit une véritable conversion. Il devient sage et obéissant. La maman s’aperçoit qu’il disparaît souvent derrière l’armoire où se trouve un petit autel de Notre-Dame de Czestochowa. Là, il prie et pleure. Sa mère lui demande pourquoi il pleure. Il répond : « Lorsque vous m’avez dit: « Raymond, que deviendras-tu? » j’ai eu beaucoup de peine et je suis allé demander à la Sainte Vierge ce que je deviendrai… La Sainte Vierge m’est apparue, en tenant deux couronnes, l’une blanche et l’autre rouge. Elle m’a regardé avec amour et m’a demandé laquelle je choisissais; la blanche signifie que je serai toujours pur et la rouge que je mourrai martyr. J’ai répondu: « Je choisis les deux!« »

L’âme de l’enfant conserve depuis cette rencontre un amour indéfectible pour la Sainte Vierge. La lecture des écrits de saint Louis-Marie Grignion de Montfort le touche et il se consacre à la Sainte Vierge. Il écrira : «De même que l’Immaculée est à Jésus, à Dieu, de même chaque âme va être par Elle et en Elle à Jésus, à Dieu, et cela beaucoup mieux que sans Elle».

Raymond Kolbe devient franciscain et prend pour nom « frère Maximilien-Marie« . Ses supérieurs l’envoient étudier à Rome.

La couronne blanche

Frère Maximilien, convaincu que la Ste Vierge écrasera la tête du serpent, fonde la « Mission de l’Immaculée » dont le but est «la conversion des pécheurs, hérétiques, schismatiques, etc., et particulièrement des francs-maçons; et la sanctification de tous les hommes sous la direction et par l’intermédiaire de la Bse Vierge Marie Immaculée».

En 1927, il fonde la cité mariale franciscaine de Niepokalanow (littéralement: la cité de l’Immaculée). Tout y est consacré à Marie. Beaucoup demandent leur admission au noviciat, au point que le couvent comptera jusqu’à 1000 religieux. La presse, dont l’influence ne cesse de grandir, lui apparaît comme un terrain privilégié d’apostolat. Il lance la revue « Le Chevalier de l’Immaculée« , qui devient bientôt la plus importante publication de Pologne. En 1939, son tirage atteindra un million d’exemplaires.

Trois ans à peine après la fondation de Niepokalanow, il rencontre, dans un train, des étudiants japonais. La conversation s’engage et le Père offre des médailles miraculeuses. En échange, les étudiants lui donnent de petits éléphants en bois qui leur servent de fétiches. Depuis il ne cesse de penser à la grande pitié de ces âmes sans Dieu. Aussi se présente-t-il, un beau jour, chez son provincial et lui demande-t-il la permission d’aller au Japon pour y fonder un Niepokalanow japonais. «Avez-vous de l’argent? demande le provincial – Non. – Savez-vous le japonais? – Non. – Avez-vous, du moins, des amis là-bas, quelque appui? – Pas encore, mais j’en trouverai, avec la grâce de Dieu». Toutes les autorisations étant obtenues, il part en 1930 avec quatre frères pour le Japon. À force de travail, d’audace, de prières et de confiance en l’Immaculée, ils parviennent à créer la « Mugenzai no Sono« , textuellement: le jardin de l’Immaculée. Deux ans après la fondation au Japon, le Père Maximilien s’embarque pour fonder aux Indes. Mais, exténué et miné par la fièvre, il doit rentrer en Pologne, en 1936.

La couronne rouge

Septembre 1939: la guerre s’abat sur le pays. Saint Maximilien s’adonne, avec plus d’ardeur que jamais à l’apostolat. Le 17 février 1941, il est arrêté par la Gestapo. Il est conduit à Varsovie où il est violemment frappé. Puis il est transféré au camp d’Auschwitz.

Bientôt hospitalisé, à la suite des sévices endurés, il confesse à longueur de nuits, malgré l’interdiction et la menace de représailles.

Fin juillet 1941, un prisonnier du bloc 14, celui du Père Maximilien, s’est évadé. Le chef de camp avait prévenu que, pour chaque évadé, dix hommes seraient condamnés à mourir de faim et de soif. Un des malheureux désignés pour la mort s’écrie: «Oh! ma pauvre femme et mes enfants!» Alors le Père Maximilien sort des rangs et demande de mourir à sa place. «Qui es-tu?» demande le chef. «Prêtre catholique», répond-il. L’officier, stupéfait, garde un moment le silence puis accepte.

Dans le bloc de la mort, il se passe quelque chose de nouveau. Au lieu des cris de détresse, ce sont des chants. Le désespoir a fait place à une aspiration pleine d’espérance, d’acceptation et d’amour. À la veille de l’Assomption, seul le Père Maximilien est pleinement conscient. Au moment où les gardes entrent pour l’achever, il est en prière. Voyant la seringue, il tend lui-même son bras décharné à la piqûre mortelle.

Acte de consécration à l’immaculée du P. Kolbe

Disposez de moi comme vous le désirez. Que je devienne un instrument de votre amour, capable de ranimer et d’épanouir pleinement tant d’âmes tièdes ou égarées. Ainsi s’étendra sans fin le règne du Cœur divin de Jésus.

Laissez un commentaire