Qui cherche la vérité cherche Dieu !

9 août 2017 : Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix (Fr. Jean-Régis)

Quand, le 12 octobre 1891, Édith Stein naquit à Wroclaw (à l’époque Breslau), la dernière de 11 enfants, sa famille fêtait le Yom Kippour, la plus grande fête juive, le jour de l’expiation. « Plus que toute autre chose cela a contribué à rendre particulièrement chère à la mère sa plus jeune fille« . Cette date de naissance fut pour la carmélite presque une prédiction. Et cependant…

À partir de l’adolescence, Édith devint athée. Elle dira avoir «consciemment et intentionnellement perdu l’habitude de prier» à quatorze ans, ne voulant compter que sur elle-même, soucieuse d’affirmer sa propre liberté dans les choix de la vie. Au terme d’une longue recherche, Édith Stein reconnaîtra que seul celui qui se lie à l’amour du Christ devient vraiment libre. C’est à travers des études de philosophie et un culte exigeant pour la vérité qu’Édith s’achemina peu à peu vers la pleine lumière. En quête de la vérité sur l’homme, Édith se lança alors dans l’étude de la psychologie. Déçue par le scepticisme régnant, elle se mit à l’école du philosophe Husserl. Elle devint son disciple et son assistante.

Il arriva qu’un jour elle put observer comment une femme du peuple, avec son panier à provisions, entra dans la cathédrale de Francfort et s’arrêta pour une brève prière. « Ce fut pour moi quelque chose de complètement nouveau. Dans les synagogues et les églises protestantes que j’ai fréquentées, les croyants se rendent à des offices. En cette circonstance cependant, une personne entre dans une église déserte, comme si elle se rendait à un colloque intime. Je n’ai jamais pu oublier ce qui est arrivé« . Elle est marquée déjà par la foi de certains amis et collègues. Elle lit le Nouveau Testament, Kierkegaard et le livre des exercices de saint Ignace de Loyola. Elle s’aperçoit qu’on ne peut seulement lire un tel écrit, il faut le mettre en pratique.

Lors de la première guerre mondiale, elle s’engagea auprès de la Croix Rouge avec une grande générosité à tel point qu’elle sera renvoyée chez elle en raison de son épuisement. Un de ses compagnons d’études, Adolph Reinach, meurt au front. Elle se rend chez sa veuve pour la réconforter et l’aide à mettre en ordre les travaux du défunt. La sérénité de celle-ci l’impressionne. « Ce fut là ma première rencontre avec la croix et avec la force divine qu’elle communique à ceux qui la portent. » Un soir de l’été 1921, Édith trouva dans la bibliothèque d’une amie l’autobiographie de Thérèse d’Avila. Elle la lut toute la nuit. « Quand je refermai le livre, écrira-t-elle plus tard, je me dis : ceci est la vérité« . Considérant rétrospectivement sa propre vie, elle pourra affirmer : « Ma quête de vérité était mon unique prière« .

Le 1er janvier 1922, Édith Stein se fait baptiser, et désire devenir carmélite. On lui conseille alors d’attendre un peu, et de continuer un peu de temps son activité de recherche et d’enseignement.

De 1922 à 1932, elle enseigne chez les Dominicaines à Spire, traduisant également Newman et le De Veritate de Saint Thomas d’Aquin. Quand le nonce Pacelli (le futur Pie XII) vient visiter le collège, c’est elle qui lui fait le discours d’accueil. La loi nazie sur la descendance arienne rendit impossible la continuation de son activité d’enseignante.

En 1933 elle se présenta à la Mère Prieure du monastère des Carmélites de Cologne. Elle se rendit à Wroclaw pour prendre congé de sa mère et de sa famille. Le dernier jour qu’elle passa chez elle fut le 12 octobre, le jour de son anniversaire et en même temps celui de la fête juive des Tabernacles. Édith accompagna sa mère à la Synagogue.

Le 14 octobre, Édith Stein entre au monastère des Carmélites de Cologne. En 1934, le 14 avril, ce sera la cérémonie de sa prise d’habit. À partir de ce moment Édith Stein portera le nom de soeur Thérèse-Bénédicte de la Croix.

Le 9 novembre 1938, la haine des nazis envers les juifs fut révélée au monde entier. Les synagogues furent incendiées. La terreur se répandit parmi les juifs. La Mère Prieure des Carmélites de Cologne fit tout son possible pour conduire soeur Thérèse-Bénédicte de la Croix à l’étranger. Dans la nuit du 1er janvier 1938, elle traversa la frontière des Pays-Bas et fut emmenée dans le monastère des Carmélites d’Echt, en Hollande.

En juillet 1942, quand les évêques hollandais élevèrent une courageuse protestation contre les mauvais traitements infligés aux Juifs, les Nazis, par représailles, décidèrent de déporter aussi tous les catholiques d’origine juive, car, disent-ils, ce sont ‘nos pires ennemis’. On chercha à faire partir Édith en Espagne, puis en Suisse, mais les autorisations n’arrivèrent pas assez tôt.

Le 2 août 1942, la Gestapo arriva. Édith Stein se trouvait dans la chapelle, avec les autres soeurs. En moins de 5 minutes elle dut se présenter, avec sa soeur Rose qui avait été baptisée dans l’Église catholique et qui travaillait chez les Carmélites d’Echt. Les dernières paroles d’Édith Stein que l’on entendit à Echt s’adressèrent à sa sœur : « Viens, nous partons pour notre peuple« . Le 7 août, le convoi se forma pour Auschwitz. En chemin elle fut un ange de consolation pour ceux qui étaient avec elle. Elle meurt dans la chambre à gaz le 9 août 1942.

En se référant à sa propre expérience, elle a pu écrire: « Qui cherche la vérité, consciemment ou inconsciemment, cherche Dieu. » Mais elle y associe l’amour : « N’acceptez rien comme vérité qui soit privé d’amour. Et n’acceptez rien comme amour qui soit privé de vérité. »

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