Si j’avais mille vies, je les donnerais toutes pour le Christ

3 août 2017 : Bienheureux Sauveur, Alphonse, François et Michel (Fr. Clément-Marie)

 

Ce 3 août, nous fêtons quatre bienheureux martyrs de la guerre civile espagnole : Sauveur Fernandis Segui, prêtre à Lucenz, François Bandres Sanchez, prêtre salésien à Barcelone, ainsi qu’Alphonse Lopez et Michel Remon Salvador, franciscains conventuels à Samalus, près de Barcelone. Ils font partie des 233 martyrs espagnols qui ont été béatifiés ensemble par Jean-Paul II le 11 mars 2001, et qui sont, pour la plupart, fêtés le 22 septembre – à l’exception notamment de nos quatre martyrs de ce jour. En béatifiant ces 233 martyrs de la guerre civile espagnole, morts entre 1936 et 1939, Jean Paul II a procédé à la béatification la plus nombreuse de l’histoire de l’Église. Il est important de souligner que chaque cause a été étudiée individuellement. Et il est attesté que chacun de ces martyrs avait déjà mené une vie sainte digne de béatification avant que le martyre ne vienne couronner leur carrière.

Ce qui va s’avérer être une véritable persécution religieuse va faire, en ces quelques années de nombreux martyrs. On compte parmi eux 13 évêques, 4184 prêtres, 2365 religieux, 283 religieuses, des milliers de laïcs. Ceux que l’Église béatifie sont vraiment martyrs. Ils n’étaient pas engagés en politique, mais ont été tués « en haine de la foi ». Le Pape Jean-Paul II l’a souligné lors de la béatification : « Les bienheureux qui sont élevés à l’honneur des autels n’étaient pas impliqués dans des luttes politiques ou idéologiques, et ne voulaient pas y entrer. (…) Ils ont vécu en aimant et sont morts en pardonnant. » Conscients de mourir pour leur foi, beaucoup criaient comme les Cristeros du Mexique (1926-1929) : « Vive le Christ Roi ! »

Parmi ces 233 martyrs, se trouvent les quatre que nous fêtons aujourd’hui, dont on sait assez peu de choses sur les deux premiers. Miguel Remon Salvador était né en 1907. Attiré par la vie religieuse, en 1927, entra chez les frères mineurs, où il fit le noviciat sous la direction du maître des novices, le père Alfonso López. Il émit ses vœux perpétuels en 1933, prenant le nom de Miguel. Il était toujours affable et pacifique : il s’occupait de ses propres tâches avec un grand esprit de service. En 1933 il fut envoyé en Italie pour effectuer des tâches dans la célèbre basilique de Lorette (Loreto en italien). Après deux ans, en 1935, il revint en Espagne. À cause de la révolution antichrétienne il se réfugia dans la maison de quelques amis avec le père Alfonso López ; c’est ici qu’ils furent arrêtés le 3 août 1936. Le soir du même jour ils furent fusillés ensemble après avoir dit : « Nous ne renierons jamais notre foi et tout ce que nous avons fait. »

Parmi les autres martyrs, se trouve une femme âgée, Maria Teresa Ferragud, 83 ans, qui est arrêtée avec ses quatre filles religieuses contemplatives. Le 25 octobre 1936, jour de la fête du Christ Roi, elle demande à accompagner ses filles au martyre. Et pour les encourager jusqu’au bout, elle veut mourir la dernière. Elle encourage ses filles : « Mes filles, restez fidèles à votre Époux Jésus-Christ et ne cédez pas aux flatteries de ces hommes. » Sa mort a tant impressionné les bourreaux, qu’ils s’exclament : « C’est une vraie sainte ! »

On peut encore citer le jeune Francisco Castello i Aleu, âgé de 22 ans, chimiste de profession, fiancé et membre de l’Action Catholique. Conscient de la gravité du moment, il ne veut pas se cacher mais offre sa jeunesse en sacrifice. Il est un exemple de force, de générosité, de sérénité et de joie. Devant le tribunal il déclare : « Je ne suis pas fasciste. Je n’ai jamais milité dans un parti politique. » On lui demande alors : « Enfin, terminons-en. Es-tu catholique ? » Il répond sans hésiter : « Oui, cela, oui. Je suis catholique ! » Devant l’assistance saisie par son courage, Francisco écoute avec un sourire paisible sa condamnation à mort. « As-tu quelque chose à déclarer ? » Il répond : « Non. Je veux seulement vous remercier. Si j’avais mille vies, je les donnerais toutes pour le Christ, sans hésiter un instant. »

Enfin, le jeune prêtre German Gozalbo, âgé de 23 ans, est fusillé seulement deux mois après avoir célébré sa première messe. Après avoir subi nombre d’humiliations et de mauvais traitements.

Ces martyrs nous sont presque contemporains : des veuves de martyrs, des enfants de ces martyrs assistèrent à la béatification, et même d’anciens bourreaux repentis ayant témoigné. Y fut aussi présent un prêtre de 90 ans, Eugenio Laguanda, ayant survécu par miracle au peloton d’exécution après avoir reçu une balle dans la tête. Que ces martyrs nous donnent le courage de la foi dans l’amour.

Laissez un commentaire