Une synthèse équilibrée entre les exigences de la loi de Dieu et les dynamismes de la conscience et de la liberté

1 Août 2017 : Saint Alphonse-Marie de Liguori [1] (Fr. Jean)

Appartenant à une noble et riche famille napolitaine, Alphonse-Marie de Liguori naquit en 1696. Doté de nombreuses qualités intellectuelles, il obtint à seulement 16 ans une maîtrise de droit civil et canonique. Il était l’avocat le plus brillant du barreau de Naples : pendant huit ans il gagna toutes les causes qu’il défendit. Toutefois, dans son âme assoiffée de Dieu et désireuse de perfection, le Seigneur le conduisait à comprendre que la vocation à laquelle il l’appelait était autre. En effet, indigné par la corruption et l’injustice qui viciaient le milieu juridique, il abandonna sa profession et il décida de devenir prêtre, malgré l’opposition de son père. St Alphonse commença une action d’évangélisation et de catéchèse dans les couches les plus humbles de la société napolitaine. Quand, suivant le désir de l’archevêque de Naples, ces réunions furent tenues dans les chapelles de la ville, elles prirent le nom de «chapelles du soir». Elles furent de véritables sources d’éducation morale, d’assainissement social, d’aide réciproque entre les pauvres.

Après avoir pensé partir pour évangéliser les peuples païens, il fonda finalement la Congrégation religieuse du Très Saint Rédempteur. Ces religieux furent d’authentiques missionnaires itinérants, qui atteignaient aussi les villages les plus reculés en exhortant à la conversion et à la persévérance dans la vie chrétienne, en particulier au moyen de la prière.

Estimé pour sa bonté et pour son zèle il fut nommé évêque de Sant’Agata dei Goti, un ministère qu’il quitta 12 ans avant sa mort avec l’autorisation du Pape Pie VI, à la suite des maladies dont il était atteint. Ce même Pape en apprenant la nouvelle de sa mort en 1787 déclara : « C’était un saint ! ». Alphonse fut en effet canonisé et déclaré Docteur de l’Eglise. Ce titre lui convient pour de nombreuses raisons. Tout d’abord parce qu’il a proposé un riche enseignement de théologie morale, qui exprime de manière adaptée la doctrine catholique, au point qu’il fut proclamé par le Pape Pie XII « Patron de tous les confesseurs et moralistes ». Saint Alphonse propose une synthèse équilibrée et convaincante entre les exigences de la loi de Dieu, gravée dans nos cœurs, pleinement révélée par le Christ et interprétée de manière faisant autorité par l’Eglise, et les dynamismes de la conscience et de la liberté de l’homme, qui précisément dans l’adhésion à la vérité et au bien permettent la maturation et la réalisation de la personne. Alphonse recommandait aux pasteurs d’âmes et aux confesseurs d’être fidèles à la doctrine morale catholique, en assumant, dans le même temps, une attitude charitable, compréhensive, douce, pour que les pénitents puissent se sentir accompagnés, soutenus, encouragés dans leur chemin de foi et de vie chrétienne. Saint Alphonse ne se lassait jamais de répéter que les prêtres sont un signe visible de la miséricorde infinie de Dieu, qui pardonne et illumine l’esprit et le cœur du pécheur afin qu’il se convertisse et change de vie. A notre époque, où on voit de clairs signes d’égarement de la conscience morale et — il faut le reconnaître — un certain manque d’estime envers le sacrement de la confession, l’enseignement de saint Alphonse est encore de grande actualité.

Parmi les formes de prière conseillées avec ferveur par Saint Alphonse se détache la visite au Très Saint Sacrement ou, comme nous l’appellerions aujourd’hui, l’adoration Eucharistique. « Assurément — écrit Saint Alphonse — parmi toutes les dévotions celle d’adorer Jésus Sacrement est la première après les sacrements, la plus chère à Dieu, et celle qui nous est la plus utile… Oh, quel délice d’être devant un autel plein de foi… et lui présenter nos nécessités, comme fait un ami avec un autre ami intime! »

D’une grande dévotion pour Marie, il en illustre le rôle dans l’histoire du Salut : associée à la Rédemption et Médiatrice de grâce, Mère, Avocate et Reine. Saint Alphonse affirme que la dévotion à Marie nous sera d’un grand réconfort au moment de notre mort. Il était convaincu que la méditation sur notre destin éternel, sur notre appel à participer pour toujours à la béatitude de Dieu, tout comme sur la tragique possibilité de la damnation, contribue à vivre avec sérénité et engagement, et à affronter la réalité de la mort en conservant toujours toute sa confiance dans la bonté de Dieu.

Saint Alphonse est pour nous aujourd’hui un exemple particulièrement important. Une profonde unité entre doctrine et pastoral, le recours à l’adoration du Saint Sacrement et à la Vierge Marie. Qu’il nous aide donc à marcher à sa suite dans la fidélité à l’Évangile et l’amour de tous !

[1] Audience générale de benoît XVI le 30 mars 2011.

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