Aujourd’hui est pour le monde le commencement du salut !

8 septembre 2017 : Nativité de la Sainte Vierge (P. Bernard)

            La Liturgie de la Parole, en cette Fête de la Nativité de la Sainte Vierge, veut souligner la raison profonde pour laquelle l’Eglise se réjouit en ce jour : la petite Marie qui vient de naître deviendra la Mère de Jésus, la Mère de Dieu. La prophétie de Michée annonce la naissance du Messie, Roi de Paix à Bethléem. Le premier chapitre de l’évangile selon Saint Matthieu établit la généalogie de Jésus, fils d’Abraham, fils de David et engendré miraculeusement dans le sein de la Vierge Marie par l’action de l’Esprit Saint. Saint Matthieu rappelle la prophétie d’Isaïe : la Vierge concevra et elle mettra au monde un Fils, Emmanuel = Dieu avec nous !

            Cette Fête liturgique de la Nativité de la Sainte Vierge est beaucoup plus ancienne que celle de son immaculée conception. Saint Jean Damascène la célébrait avec enthousiasme : « Venez tous : avec allégresse fêtons la naissance de l’allégresse du monde entier ! Aujourd’hui, à partir de la nature terrestre, le ciel a été formé sur la terre. Aujourd’hui est pour le monde le commencement du salut. » Les Eglises d’Orient continuent la tradition des Pères : « Ce jour est le prélude de la joie universelle. En ce jour se sont mis à souffler les vents annonciateurs du salut ». Notre Eglise romaine utilise aujourd’hui des expressions qui révèlent sa grande joie : « Aujourd’hui Dieu a fait lever sur le monde l’espérance et l’aurore du salut. C’est pourquoi nous célébrons la naissance de la Vierge Marie dans la joie et nous attendons pour le monde un surcroît de paix ! » Les historiens disent : « Il faut assurément chercher l’origine de la fête de la Nativité de la sainte Vierge en Orient où le synaxaire de Constantinople la marquait déjà au 8 septembre, selon ce qu’avait décrété l’empereur Maurice (582).  Il est probable que l’Eglise de Jérusalem fut la première à honorer le souvenir de la Nativité de Notre-Dame qu’elle célébrait dans une basilique proche de la piscine probatique, sur l’emplacement de la maison où, suivant la tradition, serait née la sainte Vierge. La Nativité de la sainte Vierge est mentionnée dans les homélies d’André de Crète (660-740) : « Aujourd’hui comme pour des noces, l’Eglise se pare de la perle inviolée, de la vraie pureté. Aujourd’hui, dans tout l’éclat de sa noblesse immaculée, l’humanité retrouve, grâce aux mains divines, son premier état et son ancienne beauté. Les hontes du péché avaient obscurci la splendeur et les charmes de la nature humaine ; mais, lorsque naît la Mère de celui qui est la Beauté par excellence, cette nature recouvre en elle ses anciens privilèges, elle est façonnée suivant un modèle parfait et entièrement digne de Dieu. Et cette formation est une parfaite restauration et cette restauration est une divinisation et cette divinisation, une assimilation à l’état primitif. Aujourd’hui, contre toute espérance, la femme stérile devient mère… Pour tout dire en un mot, aujourd’hui commence la régénération de notre nature, et le monde vieilli, soumis à une transformation divine, reçoit les prémices de la seconde création ». A Rome, il faudra attendre le pontificat du pape Serge Ier (687-701) pour trouver une trace incontestable de la célébration de la Nativité de la sainte Vierge où le Pape, en sandales, faisait procession de la basilique Saint-Adrien à celle de Sainte-Marie-Majeure. En France, la fête de la Nativité de la sainte Vierge porta longtemps le titre de Notre-Dame Angevine, rappelant que la Vierge Marie, apparut, en 430, près de Saint-Florent, au saint évêque Maurille d’Angers pour lui demander l’institution de la fête de sa Nativité.

            Demandons à l’Esprit Saint de nous aider à vivre cette Fête dans une grande joie et dans une profonde communion avec la petite Marie qui, par ses messages à Don Gobbi, nous invite à nous pencher autour de son berceau avec l’Eglise du Ciel et de la terre. Autour du berceau de la Vierge Marie, en effet, tout le Paradis se rassemble en exultation en ce jour, parce que la Très Sainte Trinité reçoit sa plus grande gloire. Le Père céleste contemple avec complaisance le chef d’œuvre de son amour. Le Verbe se réjouit de voir cette Créature qu’Il s’est Lui-même préparée comme Mère. L’Esprit Saint exulte, parce que cette petite Marie est possédée par Lui, comme son Temple sacré et inviolé. Autour du berceau de Marie, petite enfant, tous les Esprits célestes se rassemblent en ce jour pour contempler celle qui deviendra leur Reine. Autour du berceau de la petite Marie, nous sommes tous appelés à nous réunir en ce jour et à renouveler notre consécration à son Cœur immaculé. La Vierge Marie veut, aujourd’hui, nous apprendre à être petits. Nous devons nous laisser former par elle pour devenir serviteurs. Si nous savons la contempler dans son berceau avec un cœur d’enfant, elle nous fera éprouver la beauté et la suavité de la petitesse et de l’humilité. La Vierge Marie, plus qu’en d’autres temps, nous invite à marcher sur le chemin de la petitesse parce que Satan est au sommet de son grand pouvoir et qu’il se sent désormais vainqueur assuré. Il ne peut être vaincu que par l’humilité et la petitesse des enfants consacrés au Cœur immaculé de Marie. C’est la raison pour laquelle Notre-Dame des Neiges veut nous conduire sur le chemin de l’humilité, de la petitesse, de la simplicité, de la candeur, de la confiance et d’un filial et plus grand abandon envers elle. Nous pouvons être assurés que si nous nous laissons conduire par la Vierge Marie sur ce chemin de sainteté, Jésus éprouvera la grande joie de se sentir écouté, aimé et suivi par nous. Il sait que seulement les petits et les purs de cœur savent écouter avec docilité et mettre en pratique ses Paroles. En ces temps difficiles pour l’Eglise et le monde, accourons autour du berceau de la Vierge Marie, et nous recevrons des grâces de confiance et d’espérance ainsi que son réconfort maternel pour ne pas nous laisser décourager par les souffrances et les épreuves. Laissons-nous envelopper par la lumière de la Vierge Marie, petite enfant, aurore du salut et laissons-nous guider pas à pas par notre Mère qui nous conduit sur la route du bien et de la sainteté. Puisse cette journée être une journée de grâces et de joie qui consolera et glorifiera la Vierge Marie. Que notre ecce et notre fiat soient accompagnés d’un très confiant et reconnaissant magnificat pour tout ce que Notre-Dame des Neiges nous a obtenus en ce 8 septembre.

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