Être proche de Jésus ne permet pas de poursuivre des activités désapprouvées par Dieu

21 septembre 2017 – Saint Matthieu (Fr. Jean)

L’Écriture nous dit que Saint Matthieu était fils d’Alphée (Mc 2.14) et exerçait à Capharnaüm la profession de publicain, c’est-à-dire qu’il était péager au service d’Hérode. C’est là que Jésus l’appela à sa suite (Mt 9.9-13, Mc 2.13-17, Lc 5.27-32). Il jouissait sans doute d’une certaine aisance puisque, après sa vocation, il offrit au Maître, dans sa maison, un grand festin auquel prirent part d’autres publicains, à la grande indignation des pharisiens. Plusieurs Pères de l’Église affirment qu’après la Pentecôte, Saint Matthieu évangélisa d’abord la Palestine. Après quoi, les uns situent son œuvre missionnaire en Ethiopie, d’autres en Macédoine, d’autres encore en Perse. Tous les écrivains anciens[1] affirment qu’il couronna sa vie par le martyre, poignardé après sa messe.

La bienheureuse Anne-Catherine Emmerich nous précise que sa mère étant morte quand il était encore petit, son père Alphée épousa en secondes noces Marie de Cléophas, nièce de la Sainte Vierge. Elle eut parmi ses enfants trois des apôtres : Jacques le Mineur, Jude-Thaddée et Simon le Zélote. Par le fait même, Lévi fut très vite en relation avec Jésus. Il avait une bonne culture juive, il connaissait l’hébreu, l’araméen, le grec et le latin. Il avait à peu près le même âge que Pierre, était marié et père de quatre enfants. Quoique croyant en Yahvé et espérant la venue du Messie, il devint publicain. Sa mère et ses demi-frères, qui l’aimaient beaucoup, regrettaient profondément ce métier de collaborateur de l’occupant païen. Entraîné par des amis et encouragé par ses demi-frères, il reçut le baptême de Jean, après quoi il décida de mener une vie vraiment fidèle à Dieu et à sa Loi ; en rentrant chez lui, il parla à Jésus de Jean, de ce qu’il disait sur l’approche du Messie. C’est vers la fin de la première année de sa vie publique que Jésus l’appela à le suivre, et Lévi le fit avec reconnaissance et joie. C’est alors que Jésus lui donna le nom de Matthieu. Elle nous rapporte aussi que Saint Matthieu prenait des notes pendant les prédications de Jésus, notes qu’il a résumées pour écrire son Evangile.

En présentant les apôtres lors de ses audiences générales, Benoît XVI s’arrêta sur son appel : « Matthieu répond immédiatement à l’appel de Jésus : « il se leva et le suivit ». La concision de la phrase met clairement en évidence la rapidité de Matthieu à répondre à l’appel. Cela signifiait pour lui l’abandon de toute chose, en particulier de ce qui lui garantissait une source de revenus sûrs, même si souvent injuste et peu honorable. De toute évidence, Matthieu comprit qu’être proche de Jésus ne lui permettait pas de poursuivre des activités désapprouvées par Dieu. On peut facilement appliquer cela au présent : aujourd’hui aussi, il n’est pas admissible de rester attachés à des choses incompatibles avec la « sequela » de Jésus, comme c’est le cas des richesses malhonnêtes. A un moment, Il dit sans détour : « Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux. Puis viens, suis-moi » (Mt 19, 21). C’est précisément ce que fit Matthieu : il se leva et le suivit ! Dans cette action de « se lever », il est légitime de lire le détachement d’une situation de péché et, en même temps, l’adhésion consciente à une nouvelle existence, honnête, dans la communion avec Jésus. »[2]

Depuis la fin du premier siècle, la Tradition est très ferme, concordante et incontestée dans les Eglises les plus anciennes pour attribuer le premier Évangile à l’apôtre Saint Matthieu. Le plus ancien témoignage est celui de Papias (vers 100-110) : « Matthieu, lui, a composé les logia [de Jésus] en langue hébraïque…. » Saint Matthieu fait vraiment parti des témoins oculaires et des serviteurs de la Parole. Il nous a transmis avec rigueur et fidélité les paroles de Jésus. Ainsi nous pouvons dire avec certitude que nous connaissons, grâce aux Évangiles, les enseignements de notre Seigneur et que nous devons les suivre dans leur ensemble. Les paroles de Jésus dans l’Apocalypse sont claires : « Qui oserait y faire des surcharges, Dieu le chargera de tous les fléaux décrits dans ce livre ! Et qui oserait retrancher aux paroles de ce livre prophétique, Dieu retranchera son lot de l’arbre de Vie et de la Cité sainte, décrits dans ce livre ! » (22, 18-19) Nous ne pouvons admettre les théories qui disent que nous ne savons pas ce qu’a dit Jésus, qu’il n’y avait pas d’enregistrement à son époque. Ou ceux qui prétendent que Jésus n’aurait pas parlé ainsi aujourd’hui. Jésus est le Verbe éternel, sa Parole a valu au temps des apôtres, elle vaut encore au XXIème siècle ! C’est pourquoi demandons à ce grand apôtre de nous obtenir la force de demeurer fidèles à Jésus et à son enseignement malgré les pressions du temps que nous pouvons retrouver aussi bien hors de l’Église que dans l’Église.

[1]excepté le gnostique Héracléon

[2] Audience général du 30 août 2006

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