La connaissance doit se traduire en vie !

13 septembre 2017 : St Jean Chrysostome (Fr. Jean)

 

Jean Chrysostome est né vers 349, à Antioche. Après un temps de solitude il est finalement ordonné prêtre à 37 ans. St Jean prêche inlassablement. Jamais il ne pactise avec le vice, jamais il n’acceptera de compromission avec aucun scandale. Mais sa parole se nuance souvent de tendresse, et, s’il ne parvient pas à détacher la population d’Antioche des jeux et des spectacles du cirque, ni de ses autres désordres, son auditoire l’écoute en général volontiers et lui est profondément attaché. En 397 il est sacré évêque de Constantinople. Jean entreprit aussitôt de s’attaquer à tous les désordres qu’il constatait, dans le clergé, à la cour, dans toutes les classes de la société. Malgré ses invectives, une grande partie du peuple s’attacha à lui, et lui demeura toujours fidèle. « Comme un véritable pasteur, il traitait chacun de manière cordiale et paternelle. En particulier, il avait toujours des accents tendres pour la femme et des attentions spéciales pour le mariage et la famille. »[1] Mais il s’attira, chez certains évêques, dans le clergé, et finalement à la cour, de terribles inimitiés. Voici comment Benoît XVI présente cette dernière période de sa vie : « Malgré son bon cœur, il ne connut pas une vie tranquille. Pasteur de la capitale de l’Empire, il se trouva souvent concerné par des questions et des intrigues politiques. De même, sur le plan ecclésiastique, ayant déposé en Asie en 401 six Evêques illégitimement élus, il fut accusé d’avoir franchi les limites de sa juridiction, et devint ainsi la cible d’accusations faciles. Un autre prétexte contre lui fut la présence de plusieurs moines égyptiens, excommuniés par le patriarche Théophile d’Alexandrie et qui s’étaient réfugiés à Constantinople. Une vive polémique naquit ensuite en raison des critiques faites par Jean Chrysostome à l’égard de l’impératrice Eudoxie et de ses courtisanes, qui réagirent en jetant sur lui le discrédit et des insultes. On arriva ainsi à sa déposition, lors du synode organisé par le Patriarche Théophile lui-même en 403, avec pour conséquence une condamnation à un premier bref exil. Après son retour, l’hostilité suscitée contre lui par la protestation contre les fêtes en l’honneur de l’impératrice – que l’Evêque considérait païennes, luxueuses -, et l’expulsion des prêtres chargés des Baptêmes lors de la Veillée pascale de 404 marquèrent le début de la persécution des fidèles de Chrysostome.

St Jean dénonça alors les faits, par écrit, à l’Evêque de Rome, Innocent I. Mais il était désormais trop tard. En l’an 406, il dut à nouveau partir en exil, cette fois à Cucuse, en Arménie. Le Pape était convaincu de son innocence, mais n’avait pas le pouvoir de l’aider. Un Concile, voulu par Rome pour parvenir à une pacification entre les deux parties de l’Empire et entre leurs Eglises, ne put avoir lieu. Le voyage épuisant de Cucuse vers Pytius devait empêcher les visites des fidèles et briser la résistance de l’exilé qui était épuisé : sa condamnation à l’exil fut une véritable condamnation à mort ! Les nombreuses lettres de son exil, dans lesquelles Jean manifeste ses préoccupations pastorales avec des accents de participation et de douleur pour les persécutions contre les siens, sont émouvantes. La marche vers la mort s’arrêta à Comana dans le Pont. C’est là que Jean, moribond, fut conduit dans la chapelle du martyre saint Basilisque, où il rendit son esprit à Dieu et fut enseveli, martyr à côté d’un martyr (Pallade, Vie 119). C’était le 14 septembre 407, fête de l’Exaltation de la sainte Croix. La réhabilitation eut lieu en 438 avec Théodose II. »

Benoît XVI fait remarquer que « Chrysostome s’inscrit parmi les Pères les plus prolifiques. Ce ne fut  pas  un  théologien spéculatif. Il transmit cependant la doctrine traditionnelle et sûre de l’Eglise, à une époque de controverses théologiques suscitées en particulier par l’arianisme, c’est-à-dire par la négation de la divinité du Christ. Il est donc un témoin digne de foi du développement dogmatique atteint par l’Eglise aux IV-V siècles. Sa théologie est typiquement pastorale, avec la constante préoccupation de la cohérence entre la pensée exprimée par la parole et le vécu existentiel. Tel est, en particulier, le fil conducteur des splendides catéchèses, avec lesquelles il préparait les catéchumènes à recevoir le Baptême. Proche de la mort, il écrivit que la valeur de l’homme se trouve dans la « connaissance exacte de la véritable doctrine et dans la rectitude de vie » (Lettre de l’exil). Les deux choses, connaissance de la vérité et rectitude de vie, vont de pair : la connaissance doit se traduire en vie. Chacune de ses interventions visa à développer chez les fidèles l’exercice de l’intelligence, pour comprendre et traduire en pratique les exigences morales et spirituelles de la foi. »

Son importance pour l’Église est telle qu’il fait partie des quatre docteurs de l’Église qui porte la chaire de St Pierre sous la gloire du Bernin. En cette retraite qu’il nous aide à avoir cet amour passionné de Jésus et ce désir de lui être fidèle envers et contre tout, et qu’il intercède pour tous les évêques, qu’ils soient courageux pour rappeler aux fidèles l’exercice de l’intelligence, pour comprendre et traduire en pratique les exigences morales et spirituelles de la foi.

[1] Audience générale de Benoît XVI le 26 septembre 2007

Laissez un commentaire