Le nom seul de Marie met en fuite tous les démons !

12 septembre 2017 : Saint Nom de Marie (Fr. Jean-Régis)

Dans l’octave de la nativité de la Vierge Marie, nous sommes heureux de faire mémoire du saint nom de Marie, ce qui nous permet d’entretenir et de faire grandir notre amour filial envers notre sainte mère du Ciel. Sa naissance fut pour nous source de joie profonde, source d’espérance et de consolation car elle est l’aurore du salut, la porte du ciel de qui nous vient notre sauveur et rédempteur : Jésus Christ.

Bien des Pères de l’Église ont écrit et parlé des grâces et de la force que communique le saint nom de Marie. « Que Votre nom est glorieux, ô sainte Mère de Dieu! s’écrie saint Bonaventure; qu’il est glorieux, ce nom qui a été la source de tant de merveilles! » – « Ô nom plein de suavité! s’écrie le bienheureux Henri Suzo. Ô Marie! Qui êtes-Vous donc Vous-même, si Votre nom seul est déjà si aimable et si rempli de charmes? » – « Votre nom, ô Marie, dit saint Ambroise, est un baume délicieux qui répand l’odeur de la grâce! » – Mais surtout le nom de Marie est un nom de salut. Saint Éphrem l’appelle la Clef du Ciel. « Le nom seul de Marie, dit saint Bernard, met en fuite tous les démons... » Ce n’est là qu’un faible écho de l’apologie du nom de Marie faite par les Saints.

Si cette mémoire du saint Nom de Marie est avant tout pour manifester notre amour et notre reconnaissance à la Mère de Dieu, cette mémoire est aussi liée à un évènement historique important pour l’Europe et toute la chrétienté.

Un siècle après la défaite de Lépante (1571), les turcs tentaient de passer en Europe occidentale par voie de terre. Mahomet IV avait remis l’étendard de Mahomet à Kara Mustapha au début de 1683, en lui faisant jurer de le défendre au prix de sa vie si nécessaire. Le grand vizir était fort de 150 à 300.000 hommes et se promettait de prendre Belgrade, Buda, Vienne, de déboucher en Italie et d’arriver à Rome, à l’autel de saint Pierre. Kara Mustapha Pacha était aidé dans cette entreprise par le comte hongrois et protestant Tököly qui se révoltait contre les Habsbourgs. Aussi, ils assiégèrent la ville de Vienne. L’empereur Léopold Ier et son beau-frère, Charles de Lorraine, désertèrent la ville où treize mille hommes attendaient sous le commandement du comte de Sarhenberg. Le pape Innocent XI, qui eût voulu former une ligue catholique contre les Turcs, ne trouvait aucun souverain qui eut voulu l’aider dans cette œuvre. La ville était assiégée depuis le 14 juillet et sa reddition était une question d’heures. C’est le capucin italien et grand mystique, Marco d’Aviano, que Jean-Paul II a béatifié, nommé grand aumônier de toutes les armées chrétiennes, qui redonna courage à Vienne et réussit à convaincre Jean III Sobieski, roi de Pologne, que l’on joignit lors d’un pèlerinage à Chestokowa dont il partit le 15 août pour venir secourir la ville avec ses 40.000 hommes. Le dimanche 12 septembre 1683, Jean Sobieski servit la messe, communia, arma son fils chevalier et prit le commandement de l’armée catholique où, en plus de ses troupes polonaises, il y avait celles du duc de Lorraine et du prince de Waldeck. « Aujourd’hui, s’écria-t-il, il y va tout ensemble de la délivrance de Vienne, de la conservation de la Pologne et du salut de la chrétienté entière ! » Puis, il se mit à la tête des coalisés et chargea en criant : « Non nobis, Domine, non nobis, sed nomini tuo da gloriam ! » (cf. Ps 113B,1 : « Non pas à nous, Seigneur, non pas à nous, mais à ton nom, donne la gloire, pour ton amour et ta vérité. ») Les Ottomans furent battus à Kahlenberg et, dans Vienne délivrée, Jean Sobieski vint se prosterner avec ses généraux devant la statue de Notre-Dame de Lorette vénérée dans l’église des Augustins où l’on chanta un Te Deum.

Avec la réforme liturgique qui suivit le concile Vatican II, cette fête disparut du calendrier romain. C’est grâce à saint Jean-Paul II, fils de la nation polonaise et fils tout aimant de la Vierge Marie, que cette fête fut remise à l’honneur dans la réforme du calendrier liturgique de 2002.

En ce jour, faisons monter une immense action de grâce pour l’aide si précieuse que nous apporte la Vierge Marie. Elle vient à notre secours, prend soin de chacun de ses enfants que le dit si bien nos constitutions : «  la Sainte Vierge, comme première de Cordée, nous aide à progresser sans cesse dans la montée spirituelle : « Marie est un exemple sublime de consécration parfaite (…). C’est pourquoi le rapport filial avec Marie constitue la voie privilégiée de la fidélité à l’appel reçu et une aide très efficace pour progresser dans sa réponse et vivre en plénitude sa vocation » (VC 28). » Si la Vierge Marie vient en aide envers chacun de ses enfants elle aide aussi les nations à se relever comme le dit si bien l’antienne Alma Redemptoris Mater : « Secours le peuple qui tombe, mais qui cherche à se relever».

Comme nous y invite saint Bernard dans la lecture patristique de ce jour : « En la suivant, tu ne t’égares pas ; en la priant tu ne désespères pas ; elle te tient, tu ne t’écroules pas ; elle te protège, tu ne crains pas ; elle te guide, tu ne te lasses pas ; elle te favorise, tu aboutis.« 

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