L’ignorance de l’Ecriture, c’est l’ignorance du Christ !

Samedi 30 septembre 2017 : Saint Jérôme (Fr. Joseph)

Vie de saint Jérôme
Jérôme nait vers 347 en Dalmatie. Dès sa jeunesse, il ressent l’attrait de la vie dans le monde, mais l’intérêt pour la religion chrétienne l’emporte. Baptisé vers l’âge de 20 ans, il s’insère dans un groupe de fervents chrétiens, qu’il définit comme un chœur de bienheureux. Il part ensuite pour l’Orient et vit en ermite au sud d’Alep, se consacrant sérieusement aux études, surtout de la Parole de Dieu. Il finit par sentir de manière plus aiguë le poids de ses expériences de jeunesse et l’opposition entre la mentalité païenne et la vie chrétienne : il rapporte une vision où il lui sembla être flagellé devant Dieu, car il était cicéronien et non chrétien. Cette vision corrigeait un attrait trop fort pour la littérature païenne.
En 382, il vient à Rome. Le pape Damase, connaissant sa réputation d’ascète et sa compétence d’érudit, l’engage comme secrétaire et conseiller. Il l’encourage à entreprendre une nouvelle traduction latine de la Bible. Il s’appuie sur les textes originaux en grec et en hébreu, confronte les différentes versions latines déjà existantes et, assisté par quelques collaborateurs, il rédige une meilleure traduction de la Bible, que l’on appelle la « Vulgate ». C’est le texte « officiel » de l’Eglise latine, qui a été reconnu comme tel par le Concile de Trente et qui, après une révision faite au siècle dernier, demeure le texte « officiel » de l’Eglise latine. Saint Jérôme a voulu respecter jusqu’à l’ordre des mots, car dans les Ecritures, dit-il, « l’ordre des mots est aussi un mystère », c’est-à-dire une révélation.

Saint Jérôme est aussi un maître spirituel : quelques personnes de l’aristocratie romaine, en particulier des nobles dames comme Paola, le choisissent comme guide spirituel.
Après la mort du pape Damase, Jérôme entreprend un pèlerinage, en Terre Sainte, puis en Egypte. Finalement, il s’établit à Bethléem, où, grâce à la générosité d’une de ses dirigées, la noble dame Paola, sont construits un monastère masculin, un monastère féminin et un hospice pour les pèlerins qui se rendaient en Terre Sainte. Il reste à Bethléem jusqu’à sa mort, en continuant à exercer une intense activité : il commente la Parole de Dieu ; il défend la foi et s’oppose avec vigueur à différentes hérésies ; il exhorte les moines à la perfection ; il accueille avec une âme pastorale les pèlerins qui visitent la Terre Sainte. Après une vie toute donnée, il s’éteint dans sa cellule, près de la grotte de la Nativité, le 30 septembre 419/420.

Vivre en dialogue avec les Ecritures
Pour saint Jérôme, « l’ignorance des Écritures, c’est l’ignorance du Christ ». C’est pourquoi, il estime essentiel que chaque chrétien vive en contact et en dialogue personnel avec la Parole de Dieu. Il écrit à une noble jeune fille de Rome : « Si tu pries, tu parles avec l’Epoux ; si tu lis, c’est Lui qui te parle »
L’amour pour le Christ, nourri par l’étude et la méditation, permet de surmonter chaque difficulté : « Aimons Jésus Christ, recherchons toujours l’union avec lui : alors, même ce qui est difficile nous semblera facile ».
Jérôme rappelle souvent le devoir d’accorder la vie avec la Parole divine, car ce n’est qu’en la vivant que nous pouvons la comprendre. En particulier, il faut vivre la charité : il faut « vêtir le Christ chez les pauvres, lui rendre visite chez les personnes qui souffrent, le nourrir chez les affamés, le loger chez les sans abri »
2 éléments importants pour une juste interprétation de la Parole de Dieu :
1- L’accord avec la foi catholique : pour Saint Jérôme, une interprétation authentique de la Bible doit toujours être en harmonie avec la foi de l’Eglise. Ce n’est pas là une exigence imposée de l’extérieur ; car la Bible est dialogue de Dieu avec son Peuple, qui est l’Eglise ; ce n’est donc que dans la foi de ce Peuple que nous pouvons comprendre l’Ecriture Sainte.
2- La liberté par rapport aux opinions humaines du temps : les opinions humaines vont et viennent, tandis que la Parole de Dieu transcende les temps. Saint Jérôme dit : « Cherchons à apprendre sur la terre les vérités dont la consistance persistera également au Ciel ».

Un mot pour la vie religieuse
Saint Jérôme rappelle qu’un courageux engagement vers la perfection demande une vigilance constante, de fréquentes mortifications, toutefois avec modération et prudence, un travail intellectuel ou manuel assidu pour éviter l’oisiveté, et surtout l’obéissance : « Rien –dit-il– ne plaît autant à Dieu que l’obéissance…, qui est la plus excellente et l‘unique vertu ».

Un mot pour les parents
Saint Jérôme rappelle que les parents sont les principaux éducateurs des enfants. S’adressant à la mère d’une jeune fille, il mentionne aussi le père et écrit : « Qu’elle [la jeune fille] trouve en toi sa maîtresse, et que sa jeunesse inexpérimentée regarde vers toi avec émerveillement. Que ni en toi, ni en son père elle ne voie jamais d’attitudes qui la conduisent au péché. Rappelez-vous que… vous pouvez davantage l’éduquer par l’exemple que par la parole ».

 

 

Laissez un commentaire