Nous sommes vos soldats, mais nous sommes aussi chrétiens…

22 septembre 2017 : Saint Maurice et ses compagnons (Martyrs, + 286) (Frère Xavier)

Le 22 septembre 286 vit un spectacle à la fois sublime et épouvantable : une légion romaine entière, ayant à sa tête Maurice un officier valeureux, fut immolée sur ordre de l’empereur Maximien pour n’avoir pas voulu renoncer à Jésus-Christ. La Légion Thébéenne portait ce nom parce qu’elle avait été recrutée en Egypte dans la région de la ville de Thèbes située au bord du Nil. Cette illustre légion fut du nombre de celles que l’empereur emmena combattre la Gaule en révolte. Après le passage des Alpes, un sacrifice solennel fut ordonné. La légion chrétienne, ne voulant pas y prendre part, et apprenant qu’elle allait être employée pour persécuter des frères chrétiens, se retira près du lieu appelé aujourd’hui Saint-Maurice-d’Agaune (Suisse). L’empereur les enjoignit de se réunir à l’armée pour la fête. Mais Saint Maurice et ses compagnons, se rappelant qu’il vaut mieux obéir à Dieu qu’aux hommes, se virent dans la triste nécessité de désobéir.

Cette désobéissance n’était pas, pour ces braves soldats, vainqueurs sur vingt champs de bataille, un acte d’insubordination, mais un acte d’héroïque loyauté. Aussitôt l’empereur donna l’ordre de décimer la légion. A voir ce bataillon de six mille hommes rangés en ordre de combat, ayant à sa tête Maurice, à cheval, avec ses brillants officiers, Exupère et Candide, il semble qu’on eût pu craindre une résistance par la force. Non, les disciples de Jésus-Christ ne cherchaient et n’attendaient qu’une victoire pacifique, la victoire sur le monde, et la conquête du Ciel par le martyre. Par tirage au sort, les noms des soldats devant être mis à mort sont jetés dans les casques des centurions ; six cents sur six mille vont périr ; les victimes désignées embrassent leurs camarades, qui les encouragent ; bientôt le sacrifice est consommé, et la plaine ruisselle du sang des martyrs.

Les survivants persistent à se déclarer chrétiens, et la boucherie recommence ; six cents nouveaux élus rougissent de leur sang les rives du Rhône. Les autres sauront mourir jusqu’au dernier ; mais ils envoient au tyran un message avec une lettre admirable : « Empereur, nous sommes vos soldats ; nous sommes prêts à combattre les ennemis de l’empire ; mais nous sommes aussi chrétiens, et nous devons fidélité au vrai Dieu. Nous ne sommes pas des révoltés, nous aimons mieux être des victimes que des bourreaux : mieux vaut pour nous mourir innocents que de vivre coupables. » Maximien, désespérant d’ébranler leur constance, les fit massacrer tous en masse.

Une basilique fut élevée par Saint Théodore dès le IVème siècle, puis une abbaye y fut créée. Son culte se répandit en Suisse, en Savoie et dans les régions voisines.

Patronage

Dès l’origine de leur dynastie, les comtes et les ducs de Savoie ont déclaré Saint Maurice protecteur de leurs Etats. A la fin du IVème siècle, les reliques furent déplacées à Angers, il devint ainsi titulaire de la cathédrale et patron du diocèse.

Saint Maurice est aussi le saint patron du Saint Empire Romain Germanique, des chasseurs alpins, des gardes suisses, des teinturiers et des malades de la goutte, ainsi que de nombreuses unités de l’armée française : il est ainsi le saint patron de l’Infanterie.

Source principale : catholique.org

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