Ô Crux ave, spes unica !

14 septembre : La Croix Glorieuse (Frère Xavier)

Six mois environ après le Vendredi Saint, la liturgie nous rappelle que nous ne devons jamais oublier la Croix car elle est le centre de notre histoire et l’objet de notre glorification ; elle est notre trésor.

St André de Crête (660-740) nous rappelait à l’office des Lectures qu’ « en effet, s’il n’y avait pas eu la Croix, le Christ n’aurait pas été crucifié, la vie n’aurait pas été clouée au gibet et les sources de l’immortalité, le sang et l’eau qui purifient le monde, n’auraient pas jailli de son côté, le document reconnaissant le péché n’aurait pas été déchiré, nous n’aurions pas reçu la liberté, nous n’aurions pas profité de l’arbre de vie, le Paradis ne se serait pas ouvert ! S’il n’y avait pas eu la Croix, la mort n’aurait pas été terrassée, l’Enfer n’aurait pas été dépouillé de ses armes ». Objet de mépris, la Croix est devenue notre fierté. Si l’arbre planté au paradis originel a produit pour Adam un fruit de mort, l’arbre de la croix a porté pour nous un fruit de vie. C’est pourquoi Mère Marie-Augusta avait compris que Jésus voulait que les apôtres de l’Amour soient des apôtres de la  Croix : « Devenez des apôtres de l’amour […] de l’amour qui vous rendra fous de Jésus et de sa Croix ». « Que partout nous disions que la Croix est précieuse ; que ceux que nous approchions n’en ait plus peur. Nous la leur ferons porter pour l’amour de Notre Seigneur ». La Croix est tellement précieuse que Notre Seigneur permet que nous ayons part à sa Croix, il donne parfois en partage des morceaux de l’arbre de la croix et chaque fois que nous les acceptons avec le cœur alors il se change en morceaux d’arbre de vie pour nous mais aussi pour les âmes. C’est pourquoi écoutons encore Mère Marie-Augusta nous dire : « Jésus aime de cet amour qui rend les époux forts, humbles et vigilants. Laissons-nous faire, baisons sa croix ». « Soyons fort et marchons vers la bienheureuse croix ».

Aujourd’hui, on veut construire un christianisme sans la Croix. Satan ne supporte pas la croix, c’est pourquoi il s’ingénie à la faire disparaître de nos paysages, de nos instituions, même catholiques. Il a même réussi à mettre en doute le fait de la fécondité de l’offrande de nos croix. Et pourtant, nous dit St Paul au début de sa première épître aux Corinthiens, « le langage de la Croix est folie pour ceux qui vont à leur perte, mais pour ceux qui vont vers leur salut, pour nous, il est puissance de Dieu… Nous proclamons un Messie crucifié, scandale pour les juifs, folie pour les païens. Mais pour ceux que Dieu appelle, ce messie est puissance de Dieu et sagesse de Dieu » (cf. 1Co 1, 18. 23).

Oui, aujourd’hui tournons-nous résolument vers la Croix et lançons-lui ce cri d’amour, comme aimait à le répéter le Père : « Ô Crux ave spes unica ! ». Aidons les hommes à découvrir le trésor de Croix qui est puissance de Dieu. Selon les paroles mêmes de l’évangile de cette fête, aidons-les à se tourner vers le Fils de l’homme élevé comme le serpent de bronze dans le désert pour que l’homme qui croit obtienne par lui la vie éternelle. C’est l’expérience qu’a faite le bon larron mais aussi le centurion et après lui une foule immense d’hommes et de femmes. Nous pouvons penser à la fille de Jean Jaurès qui  avait été soigneusement éloignée de toute influence chrétienne. Elle recevra la grâce de la foi un jour alors qu’elle se promenait avec son institutrice dans la campagne. Elle trouva un calvaire brisé, en reconstitua les morceaux lorsque l’institutrice donna un coup de pied dedans. Elle en eut de la peine et depuis ce jour, elle sentit grandir en son âme un amour pour Jésus. Elle devint par la suite religieuse.

La Croix est donc une chose grande et précieuse. La Croix est appelée la gloire du Christ, et Son Exaltation. Benoît XVI disait aux jeunes réunis devant Notre Dame de Paris en septembre 2008 que la Croix « est le symbole précieux de notre foi, le signe visible et matériel du ralliement au Christ ».

Ô Crux, ave spes unica !

 

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