Où sont les œuvres qui démontrent votre foi ?

Samedi 9 septembre 2017 : Bx Frédéric Ozanam (Fr. Joseph)

Dans le regard d’une mère 

Bien que de parents français, Frédéric Ozanam naît à Milan, en 1813. 3 ans plus tard, sa famille revient en France à Lyon. L’éducation reçue de parents, inlassablement dévoués à Dieu et aux pauvres, le marque profondément. Le garçon est d’une pureté angélique, d’une sincérité sans artifice, rempli d’une tendre compassion pour toute souffrance. Il n’a cependant pas un caractère facile. Dans une lettre à un camarade, il se décrit ainsi: « J’étais entêté, coléreux. On me punissait, je me raidissais contre la punition. J’étais paresseux au suprême degré ». À 9 ans, son père l’inscrit au collège royal de Lyon. Son caractère s’assouplit, grâce à la bonté des professeurs.

Le vrai ne contredit pas le vrai

À quinze ans, Frédéric traverse une période de doutes contre la foi. Les découvertes de la science ne contredisent-elles pas la foi? La raison peut-elle connaître avec certitude l’existence de Dieu?  Ces questions le hantent. Au plus fort de l’épreuve, il promet au Seigneur, s’il daigne lui montrer la vérité, de consacrer sa vie à la défendre. Dieu l’entend et le conduit à un prêtre, professeur de philosophie, qui va prendre Frédéric pour compagnon de ses promenades. Peu à peu, les doutes de Frédéric cèdent la place à la certitude.

Les assauts de la fausse science

A 17 ans, Frédéric part à Paris étudier le Droit. Là, il réunit un groupe de jeunes catholiques qui veulent fortifier leur foi au milieu des assauts de la « fausse science ». Ils instaurent des « Conférences d’Histoire », c’est-à-dire des réunions «d’amis travaillant ensemble à l’édification de la Science sous l’étendard de la pensée catholique».

«Le catholicisme est mort!»

Mais la formation intellectuelle ne suffit pas. Au cours des « Conférences d’Histoire », des auditeurs objectent: « Le Catholicisme a fait autrefois des prodiges; mais aujourd’hui, il est mort. Où sont les œuvres qui démontrent votre foi ? ». Touché par ce reproche providentiel, Ozanam passe tout de suite aux actes. Avec un ami qui partage sa chambre d’étudiant, il porte chez un pauvre homme le peu de bois de chauffage qui lui reste pour l’hiver.

«Vous êtes nos maîtres»

Ozanam sert le Christ dans les pauvres : « Les pauvres, nous pouvons mettre le doigt et la main dans leurs plaies. Nous devrions tomber à leurs pieds et leur dire avec l’Apôtre: « Vous êtes mon Seigneur et mon Dieu! Vous êtes nos maîtres et nous serons vos serviteurs… » ». Le 23 avril 1833, Frédéric et six de ses amis inaugurent une «Conférence de charité», sous le patronage de saint Vincent de Paul. Ainsi naissait les Conférences de Saint Vincent de Paul qui vont s’étendre dans le monde entier. «Je veux, avait dit Ozanam, enserrer le monde entier dans un réseau de charité». Et à l’aumône matérielle, ils adjoignaient la miséricorde spirituelle.

«L’aimable sœur, l’heureux frère!»

Mais l’état de vie de Frédéric n’est pas fixé ; il hésite entre la vocation religieuse et le mariage. La consécration totale à Dieu, par le vœu de chasteté, attire Frédéric. D’un autre côté, il réfléchit sur l’union conjugale pour laquelle il a d’abord de fortes réticences. Mai peu à peu, ses idées évoluent.Un jour, il aperçoit une jeune fille qui donne tendrement ses soins à son frère paralysé. «L’aimable sœur et l’heureux frère ! pense-t-il, comme elle l’aime !» Cette jeune fille réalise l’idéal qu’il s’est fait de la femme chrétienne. Le mariage a lieu le 23 juin 1841.

En janvier 1841 Frédéric Ozanam est nommé professeur d’histoire des littératures étrangères à la Sorbonne. Cela lui fournit le moyen de répondre à sa vocation d’apologiste. Il va s’appliquer à mettre en valeur la religion Catholique à partir de l’histoire. L’influence civilisatrice de l’Église est pour lui une preuve apologétique de poids, constatable par tout historien impartial.

«Je viens»

Frédéric a trente-neuf ans. Il n’a jamais eu beaucoup de santé. Tout ce qu’il a fait, il l’a fait en souffrant. Une pleurésie va l’emporter en 18 mois. Le jour de ses quarante ans, il rédige son testament: «Je sais que j’ai une femme jeune et bien-aimée, une charmante enfant, beaucoup d’amis, une carrière honorable, des travaux conduits précisément au point où ils pourraient servir de fondement à un ouvrage longtemps rêvé. Voilà cependant que je suis pris d’un mal grave, opiniâtre… Faut-il, mon Dieu, quitter tous ces biens que vous-même m’avez donnés? Ne voulez-vous point, Seigneur, d’une partie du sacrifice? Laquelle faut-il que je vous immole ? N’accepteriez-vous point l’holocauste de mon amour-propre littéraire, de mes projets même d’étude, où se mêle peut-être plus d’orgueil que de zèle pour la vérité? Si je vendais la moitié de mes livres pour en donner le prix aux pauvres; et si, me bornant à remplir les devoirs de mon emploi, je consacrais tout le reste de ma vie, à visiter les indigents…, Seigneur, me laisseriez-vous la douceur de vieillir auprès de ma femme et d’achever l’éducation de mon enfant? Peut-être, mon Dieu, ne le voulez-vous point. Vous n’acceptez point ces offrandes intéressées… C’est moi que vous demandez… Je viens». Le 8 septembre 1853, en la fête de la Nativité de la Très Sainte Vierge, Frédéric Ozanam meurt doucement.

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