Serein au milieu de l’inconfort, de la fièvre, de l’opposition

7 septembre 2017 : Bienheureux Jean-Baptiste Mazzucconi (Fr. Jean)

Jean-Baptiste Mazzucconi naquit le 1er mars 1826 dans le diocèse de Milan, neuvième d’une famille de 12 enfants. Sa famille est un véritable exemple de famille chrétienne. Parmi les enfants, trois meurent en bas âge et les neuf autres se consacreront à Dieu. Enfant, en rentrant de l’école, il s’arrête pour visiter le Saint Sacrement. Très tôt il se met à servir le messe, messe qu’il sert tous les jours. Les soirs, avec sa famille, il va à l’église pour la récitation du rosaire.

Il rentre au séminaire dès ses 18 ans. Là, il y montre son esprit de sacrifice et d’obéissance ainsi que son profond respect de l’Eucharistie. Au cours de sa formation il y découvre les récits des martyrs de Chine et du Tonkin. Il sent naître en lui une profonde vocation de missionnaire. Il précise que cette vocation : «correspond au désir le plus profond de son cœur».

Ordonné prêtre à 24 ans, il se rend auprès de son évêque avec les autres jeunes désirant partir pour la mission. Comme il souhaite effectuer sa retraite d’ordination à l’Institut missionnaire que vient de fonder le pape Pie IX à Milan, il se trouve être l’un des premiers cofondateurs de l’Institut pontifical pour les missions étrangères dont il contribue à élaborer les statuts, et compose de nombreuses prières encore en usage actuellement.

Toujours désireux de rejoindre les missionnaires sur le terrain, il disait : « Bienheureux le jour où il me sera donné de souffrir beaucoup pour une cause aussi sainte et aussi pieuse que celle de l’évangélisation, mais bien plus heureux encore le jour où je serai jugé digne de répandre mon sang pour cette cause et de rencontrer la mort au milieu des tourments ».

Il part le 16 mars 1852 avec six autres prêtres, pour les îles de l’Océanie, qu’ils atteignent après sept longs mois de voyage. D’emblée, les conditions de vie sont particulièrement pénibles. L’hostilité des indigènes, et la difficulté à prêcher l’Évangile à des populations peu réceptives (elles n’ont pas accepté la condamnation de leur infanticide) auxquelles s’ajoutent les fièvres qui l’épuisent, l’obligent, au bout de deux ans, à partir se reposer à Sydney.

Entre temps, ses compagnons se regroupent dans une île nommée Woodlark et le Père Mazzucconi revient vers eux pour leur porter secours. Mais avant qu’il ait pu les rejoindre, ceux-ci, chassés par les indigènes qui veulent tous les tuer, sont repartis pour Sydney. Quand ils y arrivent le père Mazzucconi est déjà parti.

Le bienheureux Jean-Baptiste arrive à Woodlark dans les premiers jours de septembre 1855. Son voilier s’échoue sur un banc de sable, des indigènes arrivent alors, et malgré la résistance du capitaine, s’attaquent au Père et le tuent à coup de hache, avant d’assassiner le reste de l’équipage pour tenter de masquer leur forfait.

Jean-Paul II, lors de la messe de béatification du Père Mazzucconi, résumait sa vie ainsi : « Le message chrétien, que Mazzucconi a proclamé chez les indigènes de Woodlark, a été une condamnation pure et simple de leur conduite qui a frappé les horreurs de l’infanticide. Et malgré l’immense charité et la dévotion indescriptible envers les bienheureux, sa prédication a provoqué une irritation et une haine. Mais il était soigneusement serein, au milieu de l’inconfort, de la fièvre, de l’opposition, parce qu’il vivait intimement uni avec Dieu. Paraphrasant les paroles de saint Paul, il pouvait écrire: «Je sais que Dieu est bon et m’aime énormément. Tout le reste: le calme et l’orage, le danger et la sécurité, la vie et la mort ne sont que les expressions changeantes et momentanées de l’amour immédiat immuable et éternel. » »

 

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