Signons du sang de notre âme l’Alliance que l’Époux divin veut sceller avec nous

19 septembre 2017 : Saint Janvier [1] (Fr. Thomas)

Saint Janvier est un saint très populaire : nous connaissons tous l’histoire du sang de Saint Janvier, annonciateur de catastrophes, épidémies, tremblement de terre… Aujourd’hui, ne nous limitons pas au seul phénomène,  mais cherchons à faire une rencontre personnelle avec ce saint qui nous rejoint et nous manifeste ainsi  sa proximité. Les saints sont des amis, amis qui sont vivants, et même plus vivants que nous dont le sang habituellement se contente simplement de circuler et non de bouillir.

Saint Janvier est né vers 270 à Naples, Il aurait été ordonné prêtre puis élu évêque de Bénévent à 32 ans. Vers 303-304, au début de la grande persécution de Dioclétien, deux de ses diacres furent arrêtés avec deux gentilshommes, jetés en prison, puis relâchés. Apprenant cette libération, saint Janvier, qui avait partagé la douleur des prisonniers, quitta sa résidence pour venir partager leur joie. Ils se rejoignirent dans une église aux environs de Pouzzoles et l’évêque, assisté de Sosius et Proculus y célébrait la messe quand il se fit au-dehors un grand bruit, suivi d’un long silence : une voix lisait le décret de persécution de Dioclétien que le proconsul Timothée avait remis en vigueur.

À la sortie de l’église, Janvier guérit une de ses parentes paralytique et lui confia les deux burettes qui lui servaient à célébrer la messe ; alors, avec ses compagnons et la foule, il se rendit à Nola lors d’une marche qui parut un triomphe. Mais Timothée l’attendait sur la place de Nola et l’interrogea. Condamné à mort à l’issue de cet interrogatoire, saint Janvier sortit indemne du bûcher où on l’avait précipité ; il fut alors fouetté au sang et jeté en prison avec ses diacres et 4 autres chrétiens. Puis les sept condamnés furent menés à l’amphithéâtre de Pouzzoles pour être donnés en pâture aux fauves mais les lions, les tigres et les hyènes, bien qu’affamés, se couchèrent à leurs pieds…

Timothée, pris d’un coup de sang, en perdit la vue mais Janvier la lui rendit… Devant ce miracle, cinq mille des trente mille spectateurs présents demandèrent à être baptisés par le saint ; Timothée, quelque peu agacé, ordonna alors qu’on coupe la tête de Janvier, Proculus et Sosius et rentra dans son palais à Nola.

Les deux diacres furent ainsi décapités le 19 septembre 305, puis il en fut de même pour Janvier après que le saint eut demandé, ordonné et prié le bourreau, car ce dernier ne trouvait plus de forces pour faire sa funeste besogne ; ainsi revigoré, le bourreau coupa non seulement la tête du saint mais également un de ses doigts.

Le bourreau et les hommes de troupe, partis faire leur rapport à Timothée, l’auraient trouvé dans son palais pillé et déserté : le proconsul n’était plus qu’un cadavre informe et pourri… et le bourreau et ses comparses auraient péri asphyxiés par les émanations pestilentielles qu’exhalait le corps de Timothée.

La nuit qui suivit le martyre, la parente paralytique que Janvier avait soignée (la tradition cite sa nourrice Eusébia) recueillit du sang de l’évêque martyr avec une éponge, comme il était d’usage à l’époque, et en remplit les deux burettes qui avaient servi à Janvier à célébrer sa dernière messe puis elle emmena les ampoules chez elle, à Antignano (à Naples).

Un aveugle de Pouzzoles à qui saint Janvier avait rendu la vue à l’issue de son martyre récupéra la tête, le corps et le doigt du martyr et les plaça dans un coffre qu’il emporta. Le corps fut ensuite ultérieurement transféré dans la catacombe dite de saint Janvier, toujours à Naples.

Selon la tradition, cela se serait passé le samedi précédant un premier jour de mai au début du ive siècle. Ce jour-là, sur le chemin de Capodimonte, lorsque la relique passa à Antignano, la femme plaça les ampoules près du corps et le sang desséché du saint se liquéfia. Ce n’est qu’en 1497 que le cardinal napolitain Oliviero Carafa obtint du nouveau pape, Alexandre VI, la permission de procéder à la translation  des reliques dans la cathédrale.

Saint Janvier s’est si bien uni au Saint Sacrifice de l’autel, qu’il a versé son propre sang dans la burette qui sert dans la célébration des Saints Mystères. Qu’à sa suite, « tendu vers cette éternité de bonheur où nous vivrons avec lui plein de joie » (Collecte), nous signions du sang de notre âme, l’Alliance que l’Époux divin veut sceller et vivre quotidiennement avec nous.

[1] Source principale : Wikipédia

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