Tu es donc toujours chrétien ?

11 septembre 2017 : Saint Jean-Gabriel Perboyre (Fr. Thomas)

« Je trouve ma joie dans les souffrances que je supporte pour vous (…) C’est pour cela que je m’épuise à combattre, avec toute la force du Christ dont la puissance agit en moi. » affirmait saint Paul dans la première lecture, et Saint Jean-Gabriel Perboyre : «Notre religion doit être enseignée à toutes les nations et propagée même parmi les Chinois, afin qu’ils connaissent le vrai Dieu et possèdent le bonheur au ciel».

Le mandarin reprit: « Que pourrez-vous gagner en adorant votre Dieu ?

Le salut de mon âme, le ciel où j’espère monter après ma mort ».

En 1817, Jean-Gabriel, âgé de 15 ans, entre avec son frère aîné Louis au petit séminaire de Montauban. Il y éprouve le désir de se consacrer aux Missions en pays païen. Après avoir fait son noviciat à Montauban, il est envoyé à Paris pour ses études de théologie, puis ordonné prêtre. En 1832, son frère Louis, embarqué comme prêtre lazariste pour la Mission de la Chine, meurt de la fièvre au cours de la traversée. Aussitôt, Jean-Gabriel annonce à sa famille son désir de partir prendre le poste laissé libre par la mort de son frère. Mais ses supérieurs n’en jugent pas ainsi, à cause de sa santé défaillante. Ils le nomment sous-directeur du séminaire parisien des Lazaristes. Il communique aux novices son amour pour Jésus.

Il écrit à l’un de ses frères: «N’oublie pas que l’affaire du salut est l’affaire dont on doit s’occuper avant tout, par-dessus tout et toujours».

 Cependant, il garde au cœur le désir ardent de partir en mission ; aussi demande-t-il: «Priez donc bien pour que ma santé se fortifie et que je puisse aller en Chine, afin d’y prêcher Jésus-Christ et de mourir pour Lui ».

 Enfin, il obtient de ses supérieurs la faveur du départ pour la Chine, où il arrive le 10 mars 1836. Son zèle pour le salut des âmes lui fait supporter la faim et la soif pour la plus grande gloire de Dieu. Il ne compte pour rien les fatigues ni les veilles. De plus, de violentes tentations de désespoir viennent l’assaillir. Mais Notre-Seigneur lui apparaît, le console, et la joie revient dans l’âme de l’apôtre.

Trois ans plus tard, une persécution contre les chrétiens se déclenche. Le 15 septembre, le Père Perboyre et son confrère, le Père Baldus, se trouvent dans leur résidence. Tout à coup, on leur annonce l’arrivée d’une troupe armée. Les missionnaires s’enfuient chacun de son côté. Jean-Gabriel se cache dans une épaisse forêt. Mais dans la journée du lendemain, il est trahi, pour trente taëls par un malheureux catéchumène. Commence alors un long chemin d’imitation du Christ souffrant sa passion. Les soldats lui arrachent ses vêtements, le revêtent de haillons, le garrottent et s’en vont à l’auberge fêter leur prise.

Interrogé par le mandarin de la sous-préfecture, Jean-Gabriel répond avec fermeté qu’il est européen et prédicateur de la religion de Jésus. Alors on commence à le torturer, mais de peur qu’il ne succombe, on le fait asseoir sur une banquette à laquelle ses jambes sont fortement attachées. Transféré à la préfecture, au terme d’un très pénible voyage à pied, les fers au cou, aux mains et aux pieds, il subira en tout 24 interrogatoires très musclés : on le met à genoux de longues heures sur des chaînes de fer, on le suspend par les pouces et on lui administre sur le visage quarante coups de semelle de cuir, on le frappe à coups de lanières de cuir et de bâton de bambou jusqu’à épuisement pour lui faire renier sa foi. Mais, soutenu par la grâce de Dieu, il souffre tout sans se plaindre.

 «Tu es donc toujours chrétien ?Oh oui ! Et j’en suis heureux ! » Finalement, le vice-roi le condamne à être étranglé ; mais comme la sentence ne peut être exécutée qu’après la ratification de l’empereur, Jean-Gabriel Perboyre reste encore quelques mois dans sa prison.

Un des premiers qui peut pénétrer dans la prison est un religieux lazariste chinois, nommé Yang. Il demeure muet, répand d’abondantes larmes devant le corps mutilé du saint et parvient avec peine à adresser quelques paroles au martyr. Le missionnaire peut faire sa confession.

Enfin, après un an dans les fers et les tortures, le 11 septembre 1840, il est conduit sur les lieux de l’exécution. On lui attache les bras et les mains à la barre transversale d’un gibet en forme de croix et on lui lie les pieds ensemble, au bas du poteau, sans qu’ils touchent le sol. Une troisième strangulation plus prolongée interrompt la prière continuelle du martyr, et le fait entrer dans la joie immense et éternelle de la Cour céleste. Il a 38 ans. Une croix lumineuse apparaît dans le ciel, visible jusqu’à Pékin. Au grand étonnement de tous, contrairement aux visages des condamnés par strangulation, celui de Jean-Gabriel est resté serein et a conservé son teint naturel.

En ce jour, prions pour notre frère Jean-Gabriel, et demandons par l’intercession de Saint Jean-Gabriel d’aimer Jésus et sa croix, chaque jour de plus en plus, et jusqu’au bout. Offrons les mérites du martyr, en y joignant ceux de son frère qui lui a pu connaître le martyr du cœur, pour  les chrétiens de Chine et le progrès de l’évangélisation dans ce vaste pays.

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