Afin que tu te rendes bien compte de la solidité des enseignements que tu as entendus… (Lc 1,4)

18 octobre 2017 – Saint Luc (Fr. Jean)

Le mois passé nous avons fêté Saint Matthieu, le premier des quatre évangélistes. Aujourd’hui c’est vers Saint Luc que notre regard se tourne. Contrairement à Saint Matthieu, Saint Luc n’est pas un apôtre, ni un des 70 disciples. Les Ecritures nous rapportent que Saint Luc était un médecin (Col 4.14) d’origine païenne (Col 4.11). Comme nous venons de le dire, son prologue laisse clairement entendre qu’il n’a pas été un des disciples immédiats de Jésus, puisqu’il se propose de raconter les faits non tels qu’il les a vus, mais tels qu’il les a appris des témoins oculaires et des auditeurs du Sauveur. Il devint compagnon et collaborateur de Saint Paul, l’accompagnant dans la plus grande partie de ses voyages, comme en témoigne l’emploi du pronom « nous » à partir d’Ac 16.10. Il eut une part à la fondation de l’Eglise de Philippes (Ac 16.10-17), mais il ne fut pas emprisonné avec Paul et Silas et ne les suivit pas à leur départ (Ac 16.19-40). Il semble que ce ne fut qu’après cinq ou six ans, lorsque Paul, après ses deux missions en Grèce et en Asie Mineure, repassa à Philippes que St Luc l’accompagna de nouveau. A Rome, il resta quelques temps auprès de Paul ; en effet, dans les Epîtres aux Colossiens (4.14) et à Philémon (v. 24) -écrites pendant cette première captivité- l’Apôtre salue ses correspondants au nom de Luc. Mais de l’absence de salutation de sa part dans l’épître aux Philippiens écrite de Rome après les précédentes et de la solitude de Paul lors de sa première comparution devant César (2 Tm 4.16), on peut déduire que St Luc avait quitté l’Apôtre avant la fin de son séjour en cette ville. St Luc est à nouveau aux côtés de Paul lors de sa seconde captivité à Rome, et il est même le seul (2 Tm 4.11). Notons que cela laisse supposer un dévouement, un attachement exceptionnels, une profonde amitié réciproque, une fidélité à toute épreuve.

A partir du VIème siècle, la Tradition parle de ses talents de peintre et lui attribue une image du Christ et plusieurs portraits de la Sainte Vierge, dont certaines se trouvent à Rome (notamment la « Salus Populi Romani » de Sainte Marie Majeure et l' »Achéropyte du Sancta Sanctorum » au Latran), une à Constantinople et une à Czestochowa (N.D. de Jasna Gora).

Anne-Catherine Emmerich nous rapporte qu’il fut martyrisé à Thèbes de Grèce. Attaché à un olivier par le milieu du corps, il mourut percé de lances. Son corps fut porté à Constantinople. Son crâne fut porté par St Grégoire le Grand  de Constantinople à Rome, dans son monastère de Saint André.

De toutes parts – que ce soit des Eglises de Syrie, de Rome, des Gaules, d’Afrique ou d’Alexandrie – la Tradition affirme avec ensemble que le troisième Evangile a été écrit par St Luc, médecin, compagnon de Paul et auteur des Actes des Apôtres.

Nous disons souvent que l’Évangile selon saint Luc est l’Évangile de la miséricorde. C’est très vrai. Nous pouvons aussi dire qu’il est l’Évangile du combat spirituel. Avec Saint Matthieu il nous rapporte cette phrase de Jésus qui a stimulée Mère Marie-Augusta : « Jusqu’à Jean ce furent la Loi et les Prophètes ; depuis lors le Royaume de Dieu est annoncé, et tous s’efforcent d’y entrer par violence. » Saint Matthieu rapporte les paroles de Jésus en ces termes : « Depuis les jours de  Jean le Baptiste jusqu’à présent le Royaume des Cieux souffre  violence, et des violents s’en emparent. » Le Père disait de Mère Marie Augusta qu’elle « a su progressivement mettre sa violence au service de Dieu, en faisant violence à elle-même et dans l’effort de correction de ses filles, toujours sous l’impulsion de l’amour véritable. » Que nous soyons nous aussi déterminés pour mener le combat spirituel en désirant marcher, tous ensemble dans une même cordée, à la suite de Jésus vers la sainteté !

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