Imiter Jésus, voilà donc mon but unique !

3 octobre 2017 : Bienheureux Antoine Chevrier (Fr. Jean)

Bienheureux Antoine Chevrier[1] est né à Lyon en 1826. Il sera ordonné prêtre pour le diocèse de Lyon en 1850. Envoyé alors comme vicaire à la paroisse St André de la Guillotière, dans un quartier pauvre et ouvrier de Lyon, il y découvrit la misère, sous toutes ses formes.

Le soir de Noël 1856, alors qu’il méditait devant la crèche, il connaît au plus profond de lui-même ce qu’il a appelé une « conversion », en étant saisi par ces mots de l’Évangile de saint Jean : « Le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous. » Ces mots, il les commentait en disant : « Le Verbe fait chair est le principe de toutes choses, il est le fondement sur lequel tout doit reposer, la racine d’où nous devons tirer la sève qui doit nous donner la vie, le centre vers lequel tout doit converger, la fin vers laquelle tout doit aboutir. Il est la résurrection et la vie. Voilà Jésus Christ ! »

Cette expérience lui fit également comprendre l’urgence de s’occuper d’évangéliser toutes ces personnes vivant dans la misère. Il alla voir à Ars Jean-Marie Vianney qui l’encouragea fortement et gardera toujours un fort souvenir de lui : « Dieu veut votre œuvre, lui dit le Saint Curé, mais avant, beaucoup de difficultés ».

Un an après le Père Chevrier fait une retraite au terme de laquelle il prend une résolution qui exprime le sens de son sacerdoce : « Etudier Jésus dans sa vie mortelle, dans sa vie eucharistique sera toute mon étude. Imiter Jésus, voilà donc mon but unique, la fin de toutes mes pensées et actions, l’objet de tous mes vœux et désirs. Sans cela, je ne ferai jamais un bon prêtre et ne travaillerai jamais efficacement au salut des âmes. Etudier Jésus, voilà toute mon étude ». Ainsi, Il veut suivre Jésus de la crèche au Calvaire et le rencontrer particulièrement dans le sacrement de son Eucharistie. « Connaître Jésus Christ c’est tout. Le reste n’est rien. Celui qui a trouvé Jésus Christ a trouvé le plus grand trésor. Il a trouvé la sagesse, la lumière, la vie, la paix, la joie, le bonheur sur la terre et dans le ciel, le fondement solide sur lequel il peut édifier ». A partir de cette connaissance unique, St Antoine est l’initiateur d’une pédagogie spirituelle et pastorale qui met « l’intérieur d’abord » : « Ne sommes-nous pas là pour cela et pour cela seul : connaître Jésus et son Père et le faire connaître aux autres ? J’y travaille avec joie et bonheur. Savoir parler de Dieu et le faire connaître aux pauvres et aux ignorants, c’est là notre vie et notre amour  ».

Il rejoint le frère Camille Rambaud qui venait de fonder une cité ouvrière pour accueillir les victimes des inondations catastrophiques de 1856. Le Père Chevrier se consacre alors à l’éducation religieuse des enfants et des jeunes dans cette cité.

En 1860, il acheta une immense salle de danse, appelée “le Prado” à la Guillotière, dans laquelle il construisit une chapelle. Il y accueillit des adolescents pauvres du quartier pour leur faire l’école et surtout pour les catéchiser ; ainsi naquit l’œuvre du Prado. Ce furent principalement des gens pauvres qui l’aidèrent à faire fonctionner cette institution ; des ouvrières de la Croix Rousse à Lyon, mettaient ainsi chaque semaine un peu d’argent de côté pour les enfants du P. Chevrier.

Puis il fonda une “école cléricale” pour former des prêtres afin qu’ils “comprennent et connaissent les pauvres”. Ceci donnera l’Association des prêtres du Prado qui connaîtra, après sa mort, un large essor. Il leur disait : « Le Fils de Dieu est descendu sur la terre pour sauver les hommes et convertir les pécheurs. Et cependant que voyons-nous ? Que de pécheurs il y a dans le monde ! Les hommes continuent à se damner. Alors je me suis décidé à suivre Notre Seigneur Jésus Christ de plus près pour me rendre plus capable de travailler efficacement au salut des âmes […]  Et mon désir est que vous-mêmes vous suiviez aussi Notre Seigneur de près  ». Il écrira pour eux, peu avant de mourir : « Le prêtre est un homme dépouillé, le prêtre est un homme crucifié, le prêtre est un homme mangé » Il meurt d’épuisement et de maladie le 2 octobre 1879.

Jean-Paul II s’adressait à lui en ces termes : « Tu as couru vers le but pour remporter le prix que Dieu nous appelle à recevoir là-haut, dans le Christ Jésus. C’est le prix de l’amour. C’est l’Amour ! » Enfin, écoutons sa belle prière : « O Verbe! O Christ! Que vous êtes beau! Que vous êtes grand! . . . Faites que je vous connaisse et que je vous aime. Vous êtes mon Seigneur, et mon seul et unique Maître »

[1] Cf. Annales d’Ars n° 328

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