Mon Dieu, faites-moi mourir mille fois plutôt que de faire une seule action pour être vue

20 octobre 2017 : Sainte Marie Bertille (Frère Xavier)

Maria-Bertilla (au baptême : Anna Francesca) Boscardin naît le 6 octobre 1888 à Brendola, en Vénétie, de Angelo et Maria-Teresa Benetti, dans un milieu modeste et chrétien. L’enfant est considérée par son entourage comme peu douée intellectuellement, toutefois, elle a une grande ferveur religieuse, et apprend à lire dans le petit livre de catéchisme que lui a donné le curé du village ; elle le relit sans cesse et l’enseigne aux enfants. C’est là qu’elle puisera jusqu’à la mort toutes les lumières nécessaires pour suivre avec une grande simplicité le chemin de la sainteté et pour témoigner devant quiconque lui demande raison de sa foi. Jugée peu intelligente, on lui fait des difficultés pour son entrée au couvent, chez les Sœurs de Sainte-Dorothée, et quand elle y est enfin, Sœur Maria-Bertilla est affectée à l’hôpital de Trévise où les supérieures locales la relèguent sans ménagement dans les emplois les plus fatigants (buanderie et cuisine), estimant qu’elle est incapable de devenir infirmière, malgré les volontés de la supérieure générale.

Sœur Marie-Bertille, contre toute attente, réussit à passer brillamment les examens demandés pour devenir infirmière. Là elle fait merveille, sachant se concilier l’affection et la vénération de ses malades; les gens hostiles eux-mêmes sont obligés de reconnaître qu’une « présence l’habite et dirige ses actes ». Malgré un mal secret qui ronge sa forte santé, elle donne toute sa mesure au moment de la Grande Guerre et c’est le 20 octobre 1922 qu’elle rend son âme simple et pure à Dieu ; elle a 34 ans. Sur elle on retrouvera, tout usé, le catéchisme qui n’avait pas cessé de l’accompagner depuis son enfance.

C’est après sa mort que Dieu enlève le voile qui cachait ses vertus. Une foule défile devant sa dépouille mortelle. L’humilité est certainement la vertu qui caractérise le plus sa vie et sa sainteté. Elle a vécu cette vertu pendant toute sa vie. On peut relever quelques traits de son humilité. Son père dit d’elle qu’elle était toujours satisfaite des vêtements qu’on pouvait lui donner et qu’on ne l’a jamais vu se plaindre. Dans les disputes avec son frère, elle s’arrêtait de parler et la dispute s’arrêtait. Elle puisait son humilité surtout dans son contact avec Dieu. Elle a été la grande consolation de sa mère dans ses grandes souffrances venant de son mari qui avait un caractère rugueux. Elle continua pourtant à aimer son père et ne le critiqua jamais.

Au bout d’un an de noviciat, la Mère Générale pense la mettre au service des malades et elle l’envoie faire sa deuxième année de noviciat à l’hôpital de Trévise. Mais la supérieure l’envoie à des travaux lourds et humbles. Elle les accomplira à la perfection sous le regard de Jésus. De cette vie, on peut retenir des pensées vécues : « Mon Dieu, faites-moi mourir mille fois plutôt que de faire une seule action pour être vue ». « Je veux à tout prix être unie à Jésus, être toujours égale à moi-même, quoi que je doive souffrir… ». Ce « je veux » revient plusieurs fois dans ses notes. « Oh ! Si on savait quelle gloire on peut donner à Dieu en un seul instant ».

Maria-Bertilla Boscardin a été proclamée bienheureuse le 8 Juin 1952, par le Vénérable Pie XII (Eugenio Pacelli, 1939-1958), et canonisée le 11 mai 1961, par Saint Jean XXIII (Angelo Giuseppe Roncalli, 1958-1963).

 

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